SPORT – SANTÉ : Justine, “Le cancer, c’est le « fléau de l’humanité »”

Okjustinesite
Ⓒ Gazette Sports

Kinésithérapeute dans un CHU, Justine, 24 ans, a accompagné beaucoup de patients atteints de cancer. Elle a été de loin ou de près confrontée à cette maladie. Pas insensible au bien-être de son prochain, elle a participé à notre campagne de sensibilisation, pas une première pour la jeune femme qui a déjà participé à une campagne similaire avec son ancienne équipe de Cheerleaders il y a 4 ans. 

Justine, qui évolue dans le monde médical, la maladie, elle connaît. Mais la jeune femme n’a aucun mode d’emploi en ce qui concerne la manière d’accompagner un patient. “On ne sait pas comment réagir et je pense que ça, c’est un gros point noir. C’est qu’on n’est pas capable d’accompagner les gens. (…) On est balancé là-dedans – “Tiens tu connais quelqu’un qui a un cancer ? Débrouille toi. ”- Qu’est-ce que tu fais ? L’accompagner vraiment en étant papa-maman, très serré, ou est-ce que je le laisse respirer, je le laisse faire son traitement…”, s’interroge t-elle

Pour la jeune femme, le cancer, c’est “le fléau de l’humanité”. Personne n’a envie de tomber malade, que ce soit nos proches ou nous-mêmes, et chacun a un rapport différent à la maladie. Justine, elle, est pour tout ce qui est bon pour aider, tout ce qui est bon pour soulager les patients.“Pour moi, le cancer est pire que la mort parce qu’il y a toute la phase de traitement”. Même si elle ne considère pas le cancer comme une fin en soi au vu de l’avancée des recherches. Là où pour elle, c’est un combat perdu, c’est sur le fait de réussir à trouver un jour un traitement qui soit “gentil et sympathique”. “J’ai l’espoir que tous les cancers qui ne sont pas encore à des stades avancés puissent être guéris.” confie-t-elle.

Sport Santé

Les avantages du «sport santé» ou du «sport sur ordonnance» sont multiples et vont tous dans le même sens : «Se lâcher, se faire plaisir.» “On prévient la maladie en évitant le stress, en évitant l’alcool, en évitant le tabac, en évitant la sédentarité. (…) Donc pour moi dans tous les cas bouger, c’est la santé, être en mouvement, c’est la santé.”

L’efficacité du sport n’est plus à prouver pour prévenir les maladies. En effet, une personne sédentaire s’expose davantage à des maladies cardio-vasculaires, la dépression ou l’obésité. Un passé de sportif permet d’avoir un bagage supplémentaire, qui permet de mieux appréhender le traitement par le sport. “Ces patients qui ont été sportifs, ils auront un meilleur souffle, ils auront un capital musculaire qui est quand même plus important que les autres. Ils auront l’habitude de bouger et connaîtront leur corps c’est à dire que s’il y a guérison derrière ce sera plus rapide même s’il y a des soins palliatifs derrière. Si tu étais sportive, tu vas pouvoir marcher. Alors que les personnes qui n’ont jamais fait de sport et qui vont se retrouver alité pendant deux mois vont se poser des questions sur leur possibilité de pouvoir remarcher pleinement etc.. Pour moi, le sport, c’est un atout sur l’hospitalisation et sur les traitements. Tu as plus de moelle pour encaisser tout ce qui va arriver.” Ajoute Justine.

On abandonne trop de choses derrière nous.

Quand la maladie survient, elle s’accompagne presque toujours d’un climat de peur, laissant planer le spectre d’une fin de vie proche… Nombreux privilégient l’ignorance afin de ne pas être plongé dans cette spirale médicale. “Le déni, c’est la pire des choses. Que tu sois patient ou famille dans le déni. Le déni, c’est l’enfer. Il ne faut pas en avoir peur. Faut se dire dès le début, je vais le combattre.” conseille t-elle. Identifier plus tôt une maladie pour intervenir vite et améliorer son pronostic. 

Le dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé en France en 2004. Il a pour double objectif de réduire la mortalité liée au cancer du sein et d’améliorer l’information et la qualité des soins des personnes concernées. “Je trouve qu’on est dans une phase où on arrive de plus en plus à montrer aux gens que c’est important de se dépister. On oblige à partir de 50 ans de dépister le cancer du col de l’utérus, de dépister le cancer du sein, de savoir-faire l’auto palpation pour les cancers aussi ano-rectaux intestinale. On demande aussi de faire des prélèvements à partir de 50 ans. Il y a toujours plein de petites choses où on a des dépistages qui commencent à faire partie entre guillemets du quotidien des gens. Et ça c’est une chose bien. (…) Cependant je pense qu’on ne parle pas assez de la lourdeur des traitements. Je trouve que c’est une face cachée qu’il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas forcément. Et il y a aussi beaucoup de gens qui pensent que ça ne se guérit pas, qu’il y a des personnes qui n’arrivent pas à guérir. Il y en a beaucoup qui pense “cancer fin du monde”. Non ! Il y a encore de l’espoir encore des choses à faire. Je pense qu’il y a beaucoup de choses par rapport à la prise en charge qui ne sont pas assez connues. Il y a encore un long chemin à faire dans le dépistage avant que le dépistage soit automatique et efficace.” constate Justine.

Et son petit mot pour la fin :

“A toutes les personnes qui ont été en contact avec quelqu’un qui a été malade, j’aimerais leur dire : vous connaissez les conséquences, savez ce que c’est, alors dépistez-vous, dépistez les gens autour de vous. Sensibilisez les gens autour de vous. 

Et en tant que patient ayez la moelle, battez vous, dépistez-vous pour la famille.

Et pour la famille, prenez soin de vous autant que du malade. L’entourage leur est très important mais ça ne doit pas les bouffer.” 

Youssrah Mahadali

Crédits photos Leandre Leber Gazettesports.fr


Cette série de photos et d’interviews seront exposés lors du colloque de la recherche de la ligue nationale contre le cancer le 30 et 31 janvier à Amiens, en partenariat avec la ligue contre le cancer de la Somme. Si vous souhaitez témoigner, participer à cette série, contactez nous à l’adresse suivante : leandre@gazettesports.fr

Retrouvez les portraits précédents :

# 1 : Mélanie Doutart : Il faut savoir s’écouter, que cela nous fasse du bien malgré la maladie.
# 2 : Valentine Roger: “un combat au corps-à-corps”
#3 : Tiffany : “ma mère, une guerrière.”
# 4 : Valentine.B : “On pense souvent que l’on a beaucoup de temps devant soi.”
# 5 : Margaux : “Qu’est ce qui fait la féminité ?”
# 7 : Agnès Boulet “Pour moi, le mot cancer c’est un mot terrible”
# 8 : Céline Csore : “Relever la tête et aller au combat”
# 9 : Marie et Camille – “C’est un combat que tu ne peux pas gagner.”
# 10 : Leslie P / Catherine B – “Il faut être optimiste, il faut continuer à se battre”
# 11 : Edwige et Lucie :  “Quand on est très bien entouré, qu’on se bat contre un cancer, c’est plus un match de rugby qu’un combat de boxe.”
# 12 : Bérénice et Mathilde “L’activité physique régulière, permet de prévenir les maladies”
# 13 : Justine : Quand on voit les dégâts qu’un cancer peut faire, on se dit qu’il ne vaut mieux pas attendre.