SPORT- SANTÉ : Céline Csore, “Relever la tête et aller au combat”

Websportsante Leandre Leber Celine
Ⓒ Gazette Sports

“Le premier coup qu’on se prend, il faut l’absorber. On n’a pas le choix, il faut l’encaisser. Et puis après, relever la tête et aller au combat.” Dynamique, avant-garde et sportive. Céline, 42 ans a accepté de participer à cette campagne de sensibilisation. Elle, qui n’a jamais été réellement confrontée à cette maladie, n’a pas hésité une seconde à se lancer dans cette campagne qui donne la parole à ces personnes se sentant concernées et voulant agir. 

“S’investir pour les autres, s’investir pour ce qui compte !” Céline se nourrit de cette entraide. Détentrice d’une carte de donneur d’organes depuis ses 20 ans, se mobiliser pour les autres ne lui fait pas peur au contraire elle est toujours partante pour de “nouvelles aventures pour la cause”. “Dernièrement, différentes campagnes sensibilisaient au don d’organes et les gens se sont mis à en parler. Et moi, je me disais : « mais ça fait 25 ans que j’ai ma carte de donneur ». Je n’ai jamais eu à attendre une prise de conscience commune, pour moi ça a toujours été une évidence. Je donne mon sang, mon plasma s’il faut… J’ai besoin de donner de moi-même, d’avoir le sentiment que je donne de ma personne pour faire avancer les choses. Je pourrais me contenter de donner de l’argent et ça me prendrait sûrement moins de temps, mais je n’aurais pas la même satisfaction. (…) J’ai tricoté des écharpes pour le Sidaction, j’ai accompagné des personnes âgées, tricoté des petits soldats pour les commémorations de la Grande Guerre en hommage aux soldats disparus…” énumère-t-elle. 

En dehors de son envie simple d’agir pour les autres. Son engagement dans cette campagne est également le moyen d’avoir une pensée pour une connaissance qu’elle a perdue il y a quelques années d’un cancer du sein. “Pour moi, octobre Rose, c’est vraiment son mois (…) Le cancer du sein, je le rattache à elle parce que c’est la personne la plus proche de moi qui a dû être confronté à ça. Je n’ai pas d’amis, pas de maman, pas de grand-mère ou cousine qui ont vécu cette maladie-là. Donc ma référence à moi c’est cette personne-là. Donc, forcément, c’est aussi un peu pour elle, c’est aussi une forme de petit hommage” exprime t-elle avec émotion. 

Le cancer, c’est quoi ? 

Sommes-nous tous égaux face au cancer ? Entre l’exposition aux facteurs de risques, l’information de chacun sur la prévention de la maladie ou encore l’accès aux soins, la réponse à cette question serait plutôt non. Selon l’Observatoire Cancer* de l’Institut Curie – Viavoice 2019, sept Français sur dix (69 %) estiment ainsi qu’il existe aujourd’hui des inégalités face au cancer, notamment dans l’accès au dépistage ou dans la prise en charge médicale. Céline fait partie de ces personnes qui ne se considèrent pas assez informées. “Non, je ne crois pas être assez informée. Je suis attentive à l’actualité au quotidien. Mise à part au mois d’octobre, lors de la campagne d’octobre rose où l’on peut avoir différentes publicités et des reportages de 3-4 minutes. Je n’ai pas l’impression d’être assez informée tout au long de l’année. Par exemple, j’ai actuellement 42 ans et j’ai déjà vaguement entendue parler d’un âge de dépistage obligatoire, mais je n’en sais pas plus…” S’interroge t-elle. 

“Pour moi, le sport rime avec bien-être”

Les bénéfices du sport sont nombreux et les résultats démontrent la nécessité de pratiquer une activité sportive pendant ou après un cancer. Cela favoriserait une diminution de près de 50 % le risque de récidive pour les cancers de la prostate, du côlon et du sein. Le sport sert pour beaucoup à prévenir la maladie, Céline fait partie de ces adeptes qui confirment ses bienfaits à différents niveaux. “Le sport comme premier traitement, oui à 100 % ! Mais soyons clair, je ne fais pas de sport en pensant ne jamais tomber malade. Pour moi le sport c’est avant tout associé au bien-être. Depuis toujours je fais de la danse, du vélo, j’ai commencé la course à pied à mes 20 ans. J’ai dû penser au sport comme prévention, il y a environ 4 ans” explique Céline. 

Le bien-être passe pour elle, par ces petits moments qu’elle s’accorde dans le sport qui lui fait se sentir bien, qui lui permettent de s’évader un peu du quotidien. Mais le sport c’est également le partage, la cohésion et l’esprit d’équipe. Différentes émotions qu’il est important de ressentir également dans la maladie. “La maladie arrive sans prévenir et une fois qu’elle est là, il faut l’absorber, l’accepter. Et puis mener le combat, se relever, avancer et aller le plus long possible avec la maladie en espérant qu’on arrive à s’en dégager. Il faut faire face, se confronter à elle donc ne pas fuir la maladie, car une fois qu’elle est là, elle est là.” 

C’est plus facile de se convaincre qu’on a rien plutôt que d’accepter qu’on a quelque chose. Malheureusement, parfois, c’est du temps qui compte, mais au profit de la maladie. Alors n’hésitez pas à consulter dès les premiers symptômes suspects. On ne le fera jamais assez, car on nous le répète constamment “se dépister permet de diagnostiquer tôt les maladies”. Conclut Céline Csore…

Youssrah Mahadali

Crédits photos : Leandre Leber Gazettesports.fr


Cette série de photos et d’interviews seront exposés lors du colloque de la recherche de la ligue nationale contre le cancer le 30 et 31 janvier à Amiens, en partenariat avec la ligue contre le cancer de la Somme. Si vous souhaitez témoigner, participer à cette série, contactez nous à l’adresse suivante : leandre@gazettesports.fr

Retrouvez les portraits précédents :

# 1 : Mélanie Doutart : Il faut savoir s’écouter, que cela nous fasse du bien malgré la maladie.
# 2 : Valentine Roger: “un combat au corps-à-corps”
#3 : Tiffany : “ma mère, une guerrière.”
# 4 : Valentine.B : “On pense souvent que l’on a beaucoup de temps devant soi.”
# 5 : Margaux : “Qu’est ce qui fait la féminité ?”
# 6 : Justine : “Le cancer, c’est le « fléau de l’humanité »”
# 7 : Agnès Boulet “Pour moi, le mot cancer c’est un mot terrible”
# 9 : Marie et Camille – “C’est un combat que tu ne peux pas gagner.”
# 10 : Leslie P / Catherine B – “Il faut être optimiste, il faut continuer à se battre”
# 11 : Edwige et Lucie :  “Quand on est très bien entouré, qu’on se bat contre un cancer, c’est plus un match de rugby qu’un combat de boxe.”
# 12 : Bérénice et Mathilde “L’activité physique régulière, permet de prévenir les maladies”
# 13 : Justine : Quand on voit les dégâts qu’un cancer peut faire, on se dit qu’il ne vaut mieux pas attendre.