SPORT FEMININ : Entretien avec The Rolling Candies

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À l’occasion de l’opération « Sport Féminin Toujours » du 17 au 24 janvier, portée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), nous sommes allés à la rencontre de The Rolling Candies.

L’équipe amiénoise de roller derby, qui évolue cette année en National 2, n’a plus chaussé les patins depuis le mois de novembre. Camille et Élisa, toutes deux joueuses de roller derby à Amiens, nous parlent de ce sport historiquement féminin.

Cette semaine est consacrée au sport féminin, avez-vous déjà entendu parler de cette opération ? Qu’en pensez-vous ?

Camille : Pas du tout, je déplore leur communication [rire]. C’est une bonne initiative, nous en tant que sport féminin, on essaye de participer aux événements locaux sur Amiens. On a participé à Festiv’elles, qui mettait en avant les femmes. On participe également à l’AGORA, grand événement amiénois à chaque rentrée et « Les femmes dans le sport », organisé par le Festival International de Sport Extrême (FISE).

Le roller derby est-il toujours un sport peu ou pas médiatisé en France ?

C : Il l’est de plus en plus. C’est vrai qu’il y a peu de clubs, comparé à des sports très connus comme le hand, le basket ou le foot, on est une toute petite ligue qui fait partie du patinage artistique. En Picardie, il n’y a que trois clubs : Creil, Amiens et Compiègne.

En revanche, récemment il y a eu une série française « Derby Girl » sur le roller rerby, est-ce que vous l’avez vu ?

C : Oui, on a regardé, le Derby n’est pas le sujet principal. C’est un peu comme le film Bliss, ça fait de la pub au sport mais ce n’est pas vraiment une représentation de la réalité. À titre personnel j’ai trouvé ça assez affreux. Après, on en a parlé dans l’équipe, il y en a qui ont pris ça au troisième degré qui étaient contentes d’avoir de la médiatisation là-dessus, mais ce n’est pas un chef-d’œuvre.

Comment les gens entendent parler de vous ?

C : On fait des événements où l’on va tracter dans la ville, des curieux viennent quand ils ont eu un flyer par rapport à nos journées de recrutement. On essaye de présenter le sport, de mettre du matériel à disposition. On a une page Facebook qui marche plutôt bien, dès qu’il y a des partages on atteint un plus grand public. Après, il y a des gens qui des fois se disent, « je vais me mettre au sport » et qui en ont entendu parler par quelqu’un qui pratique ou quelqu’un de l’entourage. On a eu une rentrée avec vraiment beaucoup de nouvelles joueuses, je pense que le COVID ça a donné envie de contact aux gens [rire], du coup c’est triste parce qu’elles étaient vraiment sur une bonne lancée ça s’est un peu coupé net…

C’est un sport historiquement féminin, est-ce toujours le cas ?

C : Le roller derby est un sport inclusif, c’est-à-dire que des personnes qui s’identifient à un genre spécifique peuvent aller dans l’équipe qu’ils ou elles veulent, ça fait qu’on est plus ouvert sur l’idée de faire du mixte déjà de base. Mais, on a peu de joueurs qui se présentent à Amiens, donc on n’a pas de création d’équipe masculine. En France, il y a quelques équipes masculines, mais elles sont beaucoup moins nombreuses que les féminines et le roller derby masculin c’est un autre fonctionnement au niveau du championnat et de la fédération. Sinon, on a deux coachs qui sont aussi arbitres, l’un est joueur à la Panam Squad et l’autre a raccroché les patins et roulotte pour arbitrer. Historiquement, c’est un peu la place qu’on leur a laissée et lorsqu’on est joueuse, sur certains déplacements c’est compliqué d’être à la fois arbitre et joueuse pour des questions de logistique, il faut prévoir des temps d’échauffement et de consultation quand on est arbitre.

Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes arbitres ?

Elisa : Il y a des femmes qui sont arbitres, ça se fait beaucoup dans le roller derby, par contre nous on a pas vraiment de personnes qui forment. Les deux arbitres qu’on a chez nous ont été formés il y a longtemps ou ailleurs, leur formation n’est pas amiénoise. Ils n’ont pas le temps de s’occuper de la formation, donc si des filles chez nous veulent devenir arbitre, elles devront aller sur Lille ou Paris. Actuellement, c’est totalement impossible donc ça ne va pas bouger. Si un jour on a quelqu’un qui a envie de faire de la formation sur Amiens, on sait que dans l’équipe il y a beaucoup de filles qui seraient intéressées.


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Julien Benesteau

Crédit photo Kevin Devigne Gazette Sports