HIPPISME : Ambre Molins, souviens toi de l’hiver passé…

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Etincelante lauréate du Challenge Yves-Saint-Martin en fin d’année passée, Ambre Molins n’a pu résister à l’envie de briller à nouveau au Petit Saint-Jean.

« Aucune opportunité ne m’avait autorisé à prétendre revenir en cité amiénoise… » Presque embarrassée, Ambre Molins paraissait même vouloir s’en justifier au moment même où elle (re)prenait plaisir à scintiller sous les feux (nourris) du flash de Jacques Grossemy. Sympathique photographe pour lequel la demoiselle de vingt printemps avait pris soin de poser quelques mois plus tôt. Au cours d’une période hivernale où elle s’était appliquée à taper dans l’œil, en succédant à Coralie Pacaut au palmarès du Challenge Yves-Saint-Martin. S’octroyant alors un trophée encouragé « depuis plusieurs saisons déjà » par la Société des Courses locale « et dont la prétention est de récompenser l’apprenti le plus efficace durant les cinq réunions de galop inscrites annuellement à notre programme » confiait, en aparté, le président amiénois Philippe Levasseur.

Et sur une piste du Petit Saint-Jean qu’elle avait donc pris soin de marquer de son empreinte, ce retour victorieux – avec la complicité d’Absolute Summer – avait le don de raviver « d’agréables souvenirs ». Et notamment cette distinction à laquelle ne s’attendait la demoiselle. « J’admets avoir été surprise » évoque, d’un ton amusé, celle qui depuis a su confirmer son talent. Collectionnant les satisfactions avant qu’elle ne soit stoppée dans son élan.

Psychologiquement, ce fut difficile. Cette inactivité devenant pesante, les interrogations n’ont cessé de me traverser l’esprit

Ambre Molins

Une « fracture de la clavicule, de la main également, sans oublier un déplacement des côtes » la contraignaient, lui imposaient alors à mettre « pied à terre » Et surtout de devoir le lever durant un laps de temps déterminé. « Beaucoup trop long » pour cette femme-jockey qui, sur son petit nuage, ne pouvait éviter que le ciel ne lui tombe sur la tête. Brusquement. « Psychologiquement, ce fut difficile. Cette inactivité devenant pesante, les interrogations n’ont cessé de me traverser l’esprit ». Jusqu’à envisager raccrocher les bottes ? « Je ne pense pas, la passion se révélant trop forte » rétorque spontanément Ambre Molins.

Dont la phrase d’un certain… Jacques Ricou, « un ami sur lequel je compte », lui permettait de surmonter la situation. « Tous les meilleurs sont passés par là m’avait-il assuré au hasard d’une conversation » chuchote alors l’intéressé. Convaincue que ces mots ont eu raison de ceux qui la rongeaient… Comme le soutien de « Davy Bonilla et des nombreuses personnes » qui n’ont cessé de lui adresser des marques de sympathie.

Privilégiant une atmosphère familiale, en Bretagne, cette demoiselle à l’accent méridional prenait ainsi son mal en patience. Un « véritable défi » pour celle qui ne paraît tenir en place. Et cette cure de thalasso – « l’eau de mer a des bienfaits » – apaisait un sentiment de privation. Celle de cette adrénaline dont elle avoue ne plus (vraiment) pouvoir se passer.

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« J’ai eu plaisir à remettre le pied dans l’étrier après un mois » confesse-t-elle. En dépit d’une épaule toujours douloureuse. « Parfois à la limite du supportable » lâche la demoiselle, murmurant avoir serré les dents. Avant de pouvoir prétendre au rayonnant sourire qui accompagne le retour victorieux aux balances. Une joie dont elle s’enivrait le 22 août en s’imposant en selle sur Dia des Muertos à Saint-Malo.

« Toutes les victoires sont belles, effectivement, mais deux d’entres elles détenaient une saveur particulière ». Du bout des lèvres, Ambre Molins, accorde une importance à celle du 21 septembre à Marseille-Borély. « Ce jour-là, je triomphais avec Monargent, un cheval dont j’ai la responsabilité, que j’adore tout simplement ». Cité phocéenne qui honorait ainsi l’une de ces charmantes ambassadrices… de la plus belle des manières. Environnement qui s’attachait aussi à lui dérouler le tapis rouge afin qu’elle puisse – à nouveau – décrocher le Graal « et surtout un premier quinté » dans la foulée.

Je vis une fin de saison exaltante mais j’apprécierais que cela puisse se prolonger

« Je vis une fin de saison exaltante mais j’apprécierais que cela puisse se prolonger » prévient celle qui aimerait bien présenter un bilan riche de cinquante succès au 31 décembre. Objectif réalisable selon cette « perfectionniste » bien décidée à mettre les bouchées doubles. Afin de franchir encore à huit reprises le poteau en lauréate, ce qui lui offrirait alors l’opportunité de remporter ce pari. Une course contre la montre qui semble, plus que jamais, la motiver. D’autant qu’en réalisant récemment un (joli) doublé à Chantilly puis en s’imposant au Mans puis à Saint-Cloud, cette attachante demoiselle vient d’effectuer un pas supplémentaire vers la réussite de cet objectif personnel. Moindre mal pour celle qui briguait la Cravache d’Or au féminin, un rêve qu’elle cherchera à concrétiser (dès) l’an prochain.



Fabrice Biniek

Crédit photos : FB