L’APH peut-elle manquer le coche ?

Chaque mercredi, deux rédacteurs de GazetteSports confrontent leur opinion sur un sujet faisant l’actualité. Cette semaine, Camille Marsiglia et Adrien Rocher s’opposent sur l’accession aux play-offs de l’APH.

À mi-parcours dans cette première phase de championnat, l’Amiens Picardie Handball a déjà affronté toutes les équipes de sa poule. Sur sept matches donc, l’équipe comptabilise 14 points avec trois victoires pour autant de défaites et un nul. Un résultat plutôt neutre qui les classe à la quatrième place, deux points derrière Hazebrouck, qui occupe la dernière place qualificative en « poule haute ». Les rouges et noirs sont-ils capables de faire mieux en seconde partie de première phase et s’assurer au moins la deuxième place pour accéder aux play-offs ?

Une poule qui peut les projeter à tout instant

Après cette série de matches allers, le constat est saisissant : les play-offs restent accessibles, même aux derniers. Les sixièmes sont à quatre points des premiers. Quant à l’APH, elle reste troisième à égalité de points (14) avec Rouen et à une victoire des premiers, Rennes (17 points).

Dès le début, l’équipe amiénoise savait qu’elle faisait partie d’une poule équilibrée. Trop équilibrée. Seule poule ne comprenant aucune équipe possédant le statut VAP, aucune n’a possiblement l’objectif de monter en Proligue. Un compréhensible manque d’aspiration qui expliquerait cette absence de démarcation.

Les seconds sont, eux aussi, au nombre de deux : Hazebrouck et Gonfreville (16 points). Grâce à une simple victoire de plus, Amiens les dépasserait. Rien n’est donc perdu pour l’équipe de Pierre-Alain Lavillette qui s’apprête à recevoir les leaders. Ils sont d’ailleurs parvenus à les vaincre lors de leur premier match (21-24). Il ne faut donc pas dramatiser : c’est largement jouable pour l’APH ! En sept matches, tout reste possible pour figurer parmi les deux premiers. Si les derniers en ont encore la possibilité comptable : pourquoi pas l’APH ?

Une équipe remaniée qui fait ses preuves

L’APH compte douze nouvelles recrues, un nouvel entraîneur et un changement de staff : de quoi déstabiliser plus d’une équipe ! Le départ de joueurs emblématiques comme le gardien Grégory Thévenot a certes demandé un temps d’adaptation à l’équipe. Mais Romain Le Balc’h semble avoir bien repris le flambeau. Comme lors de sa prestation contre Hazebrouck avec plus de 25 arrêts ! De plus, même lorsque ce dernier est absent et laisse la place à son remplaçant : ça fonctionne. En effet, Ludovic Dominique est parvenu à faire 12 arrêts, à Compiègne (coupe de France).

En ce qui concerne les nouveaux arrivants, des joueurs se sont déjà distingués. Au début, c’était les « anciens » comme Simon Vannihuse, Thomas Zirn ou encore Marcel Tchinda qui inscrivaient la plupart des buts. Les nouveaux faisaient alors timidement leur arrivée dans le groupe. Mais maintenant, comme dirait Simon Vannihuse, « il n’y a plus de nouveaux ou d’anciens ». Tous forment une équipe où chacun s’investit, apporte sa pierre à l’édifice et ses points forts. Daniel Tongmen Tatto inscrit 9 buts sur 10 tirs face à Compiègne. Rabah Soudani marque 8 buts dont trois 7m sur 10 tirs dès le troisième match. Quant à Roman Scattolari, il semble lui aussi commencer à prendre ses marques.

Ces nouveaux joueurs complètent les compétences et l’expérience de joueurs, comme Yuriy Petrenko, que l’entraîneur définit comme des « métronomes ». Tout comme Julien Richard, ils sont capables de remotiver la troupe dans ses temps faibles et de marquer des buts pour redynamiser le jeu.

L’APH est consciente de sa situation de proximité avec les autres équipes. Elle sait qu’elle va devoir agir tout de suite dans les matches retours pour prendre la tête du championnat si elle ne veut pas subsister dans cette atmosphère indécise trop longtemps. Forte de sa victoire en coupe, elle affronte donc dès samedi Rennes et espère bien reproduire le même succès qu’au match aller.

Camille MARSIGLIA

Une inconstance qui pourrait coûter cher

Présent dans une poule plus qu’équilibrée, l’Amiens PH a toutes ses chances de parvenir à son objectif. Il faut cependant régler un problème majeur, le manque de constance dans les résultats. Capables de belles performances à l’extérieur, à l’image de la victoire chez le leader rennais dès la première journée, les Amiénois ont, paradoxalement, beaucoup de mal à confirmer à domicile. La défaite au Coliséum contre la lanterne rouge, Saint-Valéry-en-Caux, entache, par exemple, le début de saison prometteur d’un groupe en reconstruction.

Si la situation est encore bonne, les joueurs de Pierre-Alain Lavillette gardant encore toutes leurs chances d’accéder aux playoffs pour une deuxième année consécutive, elle aurait pu (dû ?) être meilleure à l’issue de ces sept première journées. La faute à des résultats mitigés contre les équipes du « bas » de tableau. Outre la défaite contre le Stade Valériquais (8è), les Samariens se sont imposés de justesse face à l’ACBB (7è), avant une défaite contre la réserve du PSG (6è).

La victoire à Compiègne en coupe de France a redonné de la confiance au groupe qui se doit de signer des bons résultats sur les deux prochaines rencontres contre Rennes (1er) et à Gonfreville (3è), sous peine de voir la poule haute s’éloigner, peut-être définitivement. En ce sens, les trois dernières sorties en championnat, deux défaites et un match nul – aux signaux certes positifs -, pourraient laisser beaucoup de regrets aux Picards. Si l’heure n’est pas au danger, elle est néanmoins à la méfiance pour un groupe qui a les capacités de se hisser parmi les huit meilleurs de National 1, mais qui ne l’a pas encore réellement démontré.

Adrien ROCHER

Crédit photo : Reynald Valleron – GazetteSports




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