Défaits par ceux de Montpellier, les joueurs de l’Amiens SC ont tout donné pour revenir à hauteur des Héraultais. Leur entraîneur Alain Pochat a souligné leur attitude et a aussi regretté les incidents survenus en fin de rencontre.
C’est sûrement une « première » dont on se serait bien passé. Ce vendredi, alors qu’il restait six minutes à jouer et que les Amiénois faisaient le forcing pour tenter d’égaliser, de la tribune Nord sont partis, un peu comme devant Pau il y a quinze jours, des pétards bruyants et dangereux devant les buts du gardien de Montpellier. Ce fut soudain car personne ne s’attendait vraiment à ce scénario.
Certes les supporters de cette tribune s’en prenaient depuis l’avant-match à Bernard Joannin, le président du club. Il avait voulu accompagner Madame l’Ambassadrice d’Australie et le préfet pour le coup d’envoi fictif de cette rencontre et il s’était fait siffler. Par la suite, la rencontre débutait de la plus mauvaise façon pour Thomas Monconduit et ses équipiers avec ce but du jeune Axel Gueguin, qui était pour ce jeune joueur formé au club le premier but. Par la suite nous avions assisté à une rencontre ardemment disputée, avec de l’engagement de part et d’autre car, comme l’a rappelé l’entraîneur héraultais Zoumana Camara, d’un côté il y avait une équipe qui jouait sa survie et de l’autre une formation postulant à une place dans le top 5. Les occasions de part et d’autre furent multiples, mais c’est peut-être l’aspect défensif qui a fait la différence. Montpellier et c’est sa force actuellement, était mieux armé avec un Laporte se conduisant comme le vrai patron de l’équipe.
Une fin de match dans un contexte tendu
Et puis alors qu’on s’acheminait vers la fin, que les supporters encourageaient leurs joueurs, arrivait cette fatidique (84e) minute avec subitement le jet de pétards et fumigènes qui vinrent atterrir devant le but héraultais. Le match ne pouvait plus se poursuivre et l’arbitre arrêtait le match. La question qui se pose alors : pourquoi a-t-il repris alors que dans d’autres circonstances le match aurait été stoppé de façon définitive ? Il y eut une réunion de crise à laquelle participa le préfet et nous avons appris par exemple que Laurent Nicollin, le président de Montpellier, le seul qui à notre connaissance en L1 et L2 se trouve sur le banc, ne souhaitait pas reprendre. Mais finalement, après une demi-heure d’arrêt, les 22 joueurs se retrouvaient sur le terrain. Montpellier en profita pour inscrire un deuxième but.

Longtemps après la fin du match, après son homologue Zoumana Camara, Alain Pochat est venu en salle de presse. Il a évoqué le comportement du public et surtout a défendu ses joueurs qui n’ont jamais rien lâché. L’entraîneur amiénois était calme mais on percevait une colère intérieure car il n’avait pas aimé l’attitude des supporters qui auront fait plus de mal que de bien puisqu’il faut s’attendre à ce que samedi prochain, le match contre le Red Star soit disputé à huis clos. « C’est quelque chose que nous n’aimons pas vivre dans le foot et surtout dans le timing qui a été choisi. Quand on veut signifier son mécontentement, il y a d’autres moyens de le faire, au début ou lors de l’échauffement. Quand on aime son club, on le soutient. Au final ça va donner quoi ? Des matches à huis clos, des retraits de points. Au lieu d’aider l’équipe, on a fait tout l’inverse. C’est stupide. C’est vrai aussi qu’à un certain moment on se demandait si on allait vraiment reprendre. »
Alain Pochat a aussi défendu ses joueurs qui n’ont jamais rien lâché et assumé ses choix : « Franchement je suis surtout déçu pour les joueurs. Ils ne sont pas venus en chaussettes-claquettes. C’est sûr qu’il nous manquait des choses et que la réussite nous fuyait. Je n’ai pas vu de joueurs qui n’ont pas renoncé. Je suis fier et déçu pour eux. Sur ce match, ils méritaient mieux. Ils n’ont rien lâché. Le constat est là mais il y a plein de facteurs à ce constat. Ma mission, qui était de retrouver la dynamique, n’a pas marché. J’ai échoué et c’est clair, j’assume. La roue ne veut pas tourner et il faudra se dire les choses, pourquoi cela n’a pas marché. »
Reste que mathématiquement, l’ASC n’est pas relégué mais il est évident qu’Alain Pochat et ses joueurs se trouvent au pied d’une montagne. Samedi, le Red Star sera le dernier adversaire en L2 cette saison et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons quelle décision va prendre la commission compétente après les incidents survenus ce vendredi.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler, Léandre Leber – Gazettesports.fr

