FOOTBALL – Ligue 2 : Dans le chaos, Amiens s’incline contre Montpellier

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Au terme d’un match marqué par une interruption du jeu pendant plus d’une demi-heure, à moins de dix minutes de la fin en raison de pétards et de fumigènes jetés sur la pelouse, l’Amiens SC s’incline contre Montpellier (0-2).

Lamentable. La rencontre a été arrêtée par l’arbitre suite au jet de pétards sur le terrain. Il restait exactement six minutes à jouer dans ce match de la dernière chance pour l’Amiens SC face à Montpellier. On s’acheminait vers un succès de Montpellier qui menait depuis le début et on a vu et surtout entendu les pétards et fumigènes exploser devant le but du gardien de Montpellier. L’arbitre arrêtait alors la rencontre et renvoyait les deux équipes au vestiaire alors que des stadiers se postaient devant la tribune Nord. Cet incident aura surement des conséquences, y compris pour la saison prochaine, car les sanctions pourraient être très lourdes. Dans notre carrière, c’est la première fois que nous assistons à un tel spectacle le jour même où on célébrait le courage des soldats australiens durant la Première Guerre mondiale. 

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Pour cette avant-dernière rencontre à la Licorne, les Amiénois étaient dans l’obligation de s’imposer face à Montpellier qui, de son côté, conserve une infime chance de terminer dans le top 5. Match placé sous le signe du souvenir lié à la guerre 14-18 et qui avait vu de nombreux soldats australiens mourir face à l’armée allemande. Souvenir que l’ASC voulait honorer, mais le présent était bien là : avant le coup d’envoi, les équipiers de Thomas Monconduit étaient derniers au classement. Alain Pochat avait incorporé dans son groupe Lutin après deux semaines de pénitence, mais la surprise, car c’en était une, était de voir Bakayoko sur le banc des remplaçants, ce qui ne lui était jamais arrivé ; Lo, par contre, tenait bien sa place. À Montpellier, Novaes Macedo, le préparateur des gardiens, retrouvait le stade dans lequel il avait évolué avec l’ASC voici une quinzaine d’années.

Le coup d’envoi fictif était donné par Madame l’Ambassadrice d’Australie en France et les joueurs de l’ASC portaient un maillot spécial souvenir de l’Anzac Day. Elle était accompagnée du préfet de la Somme et de Bernard Joannin. Le public encourageait les équipiers de Monconduit qui apportaient le danger sur les côtés avec Averlant et Leautey, les deux pistons de l’équipe. Le jeu était agréable et la première occasion était pour Mendy qui ne surprenait toutefois pas Sauvage (12e). La réplique ne tardait pas et Ntamack voyait sa frappe détournée en corner (14e). Mais Montpellier trouvait l’ouverture grâce à un but du jeune Gueguin qui, au point de penalty, se montrait plus prompt que les défenseurs de l’ASC sur un centre venu de la droite (1-0, 18e). Coup dur peu après pour Amiens qui était inquiet pour Lo suite à un contact avec un adversaire. Il reprenait le jeu et les Amiénois se montraient menaçants à deux reprises par Kaïboue avec un tir détourné en corner et un autre stoppé par le gardien (37e, 38e). 

Au cours de cette première période, les Amiénois n’avaient pas ménagé leurs efforts mais il leur manquait le dernier geste. Malgré les cinq minutes de temps additionnel, les Amiénois ne pouvaient égaliser et au repos, lorsqu’ils regagnaient les vestiaires, le public s’en prenait surtout à la direction du club. Juste avant la reprise, Thomas Monconduit regroupait son équipe et lançait à ses équipiers un message tandis que les spectateurs de la Licorne encourageaient leurs joueurs. Mendy ratait le ko car, seul devant le but, il frappait à côté après que Sauvage ait repoussé un tir adverse (47e). Quatre minutes plus tard, c’était au tour de Ntamack de se montrer aussi maladroit dans la finition. Puis c’était au tour de Hamache de tirer sur le poteau (53e). On avait alors le sentiment que le match pouvait basculer d’un côté ou de l’autre. Par exemple lorsque Leautey filait sur la droite et alertait Averlant qui reprenait largement au-dessus (60e). Le même Averlant était aussi malheureux lorsqu’il reprenait trop faiblement un centre venu de la droite (62e).

Puis Averlant au four et au moulin tentait encore sa chance mais le gardien était à la réception (65e). Peu après, Louis et Lutin faisaient leur entrée en jeu après que Sauvage ait fait peur par une sortie hasardeuse. Plus les minutes s’écoulaient et plus le stade de la Licorne s’échauffait car le public encourageait ses joueurs qui se battaient sur tous les ballons. Mais en contre, Montpellier restait dangereux et Sauvage sauvait son équipe en fin de match. À la 84e minute, des pétards explosaient dans la surface de Simon Ngapandouetnbu. C’était pire que face à Pau et l’arbitre arrêtait le match, renvoyait les joueurs aux vestiaires alors que les supporters de la tribune Nord chantaient « Allez les Amiénois » et « On est chez nous ». Et surtout ils réclamaient la démission de Bernard Joannin, président de plus en plus fragilisé. Après plus d’une demi-heure d’interruption, les vingt-deux acteurs revenaient sur la pelouse et finalement, Nathanael Mbuku, d’une frappe croisée, sonnait le glas dans une ambiance tendue. La menace de la descente planait plus que jamais dans le ciel amiénois.

Ligue 2, 32e journée
Amiens SC – Montpellier : 0-2 (0-1)

Arbitre M. Rémi Landry
9600 spectateurs

Buts : Gueguin 18e, Mbuku 88e pour Montpellier

Amiens SC : Sauvage – Lo, puis Bakayoko  79e Chabane, Monconduit, Kaïboue puis Alvero 79e, Fofana, Hamache, Averlant puis Louis 68e, Leautey, N’Tamack. Kandil puis Louis 68e

Entraîneur : Alain Pochat

Montpellier Hérault : Ngapandouentnbu – Laporte, Sainte Luce, Mouanga, Tchato – Gueguin puis Jullien 76e, Chennahi, Pereira Da Silva, Molebe puis Issoufou 62e, Pays puis MBuku 76e, Mendy

Entraîneur : Zoumana Camara

Lionel Herbet
Crédit photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.