Défaites d’un but sur les deux rencontres qui les opposaient à Cherbourg, ce week-end, les joueuses de l’entente Amiens-Lille exprimaient leur frustration en après-match, avec l’impression que la roue n’a jamais voulu tourner pour cette première saison dans l’élite.
La double confrontation face aux Vikings de Cherbourg était probablement l’ultime chance d’accrocher un succès cette saison. Mais comme un symbole d’une saison où le vent souffle définitivement contraire, l’entente Amiens-Lille s’est finalement inclinée à deux reprises, à chaque fois par un but d’écart (2-3 et 1-2). « Encore une fois, c’est serré. Encore une fois, on ne démérite pas, on force, on force, mais ça ne paye pas », regrette, désabusée, Claudia Tison, joueuse et assistante-coach de l’équipe. La différence s’est faite en faveur des Normandes sur les powerplays. Les pensionnaires de la Veillère ont eu 6 supériorités sur les deux rencontres pour aucun but. La faute, en partie, à une très bonne gardienne adverse : « Elle a fait les arrêts qu’il fallait faire. Nous, des fois, on lui tire un peu plein buffet aussi. On aurait peut-être pu lui donner plus de tirs durs, mais on ne le fait pas. » À l’inverse, les Cherbourgeoises ont eu 5 avantages et 2 d’entre eux ont été convertis en but.
Et alors que se profilent Grenoble et Boutigny-Collégien pour achever l’année, les chances de succès sont désormais quasi nulles pour les pensionnaires de la Veillère, désormais officiellement condamnées à la dernière place et donc à une rencontre de barrage face au futur finaliste de Nationale 2. Car, devant, avec ses succès, Cherbourg a fait le trou, lequel avait déjà été un peu creusé avec deux premières victoires face aux Rouges et Blanches mais aussi contre Montpellier, qui n’avait pas ramené ses meilleurs éléments en Normandie, faussant quelque peu le championnat : « Le terrain de Cherbourg est très compliqué, ce qui fait que les cadres de Montpellier ne sont pas venus alors qu’ils sont venus chez nous. Quand Montpellier arrive à Cherbourg avec la deuxième gardienne et sans les cadres, forcément, c’est beaucoup plus simple de gagner contre cette équipe et de prendre des points », lance amèrement la numéro 21 de l’entente.
Malgré tout, l’opportunité de vaincre les Vikings, des joueuses qui étaient pour la plupart en N2 tout comme Amiens-Lille la saison passée, restait possible. Mais l’issue de ces deux rencontres serrées et physiques, plutôt dans le mauvais sens du terme avec quelques coups vicieux échangés, est à l’image d’un exercice 2025-2026 compliqué pour la formation des Hauts-de-France qui n’aura jamais aperçu sa bonne étoile. « Ce qui est dommage, c’est qu’il y a de la chance toujours d’un côté. Cette année, la chance n’est jamais du notre. Ce sont toujours des poteaux, des petits trucs qui font que ça ne passe pas », estime Céline Damelincourt, la capitaine. Alors, si les entraînements ne fonctionnent pas, les deux joueuses d’Amiens-Lille vont peut-être tenter autre chose pour faire pencher la balance : « On va aller à Truffaut acheter des parterres de trèfles à quatre feuilles », s’amuse Claudia Tison, embrayée par sa capitaine. « Tu ne veux pas qu’on aille à la cathédrale pour brûler un cierge plutôt ? » Elles n’ont en tout cas plus qu’à prier (et à s’entraîner quand même), pour tomber sur un adversaire abordable en barrage, histoire de conclure avec le sourire cette saison difficile.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

