TENNIS FAUTEUIL : Timothée Da Costa Santos conclut sa saison par un troisième titre en double

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Fin de saison (presque) en apothéose pour Timothée Da Costa Santos. S’il aurait aimé remporter un tournoi en simple cette saison, le pensionnaire de l’AAC Tennis Padel s’est consolé avec un troisième trophée glané en double aux côtés d’Olivier Langlois, qui l’a longtemps contrarié en simple en 2026.

À l’issue de sa tournée au Portugal, qui lui avait permis de remporter un deuxième titre international en double, Timothée Da Costa Santos avait décidé de conclure sa saison 2026 en France puis en Grande-Bretagne avec quatre tournois. Il se rendait d’abord à Montfermeil en tant que tête de série n°4 du tournoi. Il était défait en quart de finale par la n°5, Olivier Langlois, celui qui l’avait éliminé prématurément au tournoi d’Amiens, sur le score de 7/6, 6/2. Il avait auparavant été exempté de premier tour puis avait éliminé Romain Boittiaux, un autre joueur français (6/1, 7/5), au deuxième. Malgré la déception sportive, le Samarien avait le plaisir de retrouver son entraîneur fédéral qu’il n’avait pas vu depuis un moment : « J’avais enchaîné pas mal de tournois au Portugal, je sentais que j’avais progressé mais je n’avais pas l’œil d’un coach pour me confirmer ça et me dire sur quoi je devais progresser pour performer davantage. » À Feucherolles, cette fois sans son statut de tête de série, il tirait d’entrée Alwande Sikhosana, 25e joueur mondial. Il s’inclinait logiquement en ayant tout de même réussi à prendre un set au futur finaliste du tournoi (0/6, 6/3, 1/6).

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Le Picard s’alignait ensuite sur un tournoi de moindre envergure, organisé au niveau national, à Reims. Il se qualifiait sans trembler pour la finale où il retrouvait Olivier Langlois. Il s’inclinait à nouveau sur des sets inversés (6/2, 7/6). « Au premier set, je passe totalement à côté globalement. Au second, je mets plus d’intensité, je trouve de meilleures zones, mais ce qui m’a manqué tout au long du match, c’était de l’analyse de trajectoire et de la longueur de balle en revers, ce qui m’a coûté assez cher dans le money-time », analyse Timothée. Au-delà du sportif, il s’est réjoui de la mise en lumière de sa discipline lors d’un événement qui accueillait aussi l’open valide et qui eut un certain succès, notamment le jour de la finale puisque Pierre-Hugues Herbert, vainqueur de Roland-Garros en double et ancien top 50 mondial en simple, faisait partie des finalistes. « Forcément, tu avais du monde, donc c’est sympa qu’on ait pu proposer un spectacle comme ça juste avant pour les spectateurs, mais aussi pour les joueurs valides aussi au final, qu’ils se rendent compte qu’il y a aussi du paratennis de très haut niveau et qui se professionnalise. » Le joueur amiénois a apprécié le geste des organisateurs qui ont mis le paratennis au même niveau que le tennis valide : « Ils ont mis le paquet pour une première édition, c’était génial. On espère qu’ils réitéreront l’année prochaine. »

Un dernier bon victorieux en Angleterre

Pour son dernier tournoi de la saison, à Abingdon, Timothée Da Costa Santos s’alignait à la fois en simple, avec l’objectif affiché de remporter le trophée, et en double. Bien que tête de série n° 1, il s’inclinait cependant dès les demi-finales face au local Ruben Harris, futur vainqueur, sur un score qu’il affectionne décidément (7/6, 6/2). « Le niveau de jeu était très élevé des deux côtés. Je ne trouve pas vraiment de points négatifs dans le premier set, ni dans le deuxième d’ailleurs, même si le score est un peu différent. Toutes les problématiques que j’ai pu rencontrer sur les tournois auparavant ne se sont pas ressenties. C’était un match à très haute intensité« , assure le 6e joueur français. Il nourrit néanmoins quelques regrets dans le premier set. Longtemps mené, il était parvenu à passer devant pour mener 5/4. Mais son adversaire réalisait un jeu de retour exceptionnel, « un jeu de retour de mutant, je prends quatre retours gagnants », avant d’enchaîner un nouveau jeu blanc sur son service. Dans le tie-break, l’Amiénois s’est procuré une balle de set à 6 points à 5 mais l’a mal négociée : « Je rate ma chance, je retourne très moyennement alors que j’étais parti pour mettre un winner sur le retour. J’analyse très mal la trajectoire de la balle, ce qui fait que je suis mal placé, je fais un vieux retour dégueulasse (sic). » Ensuite, le Britannique s’est relâché et a haussé son niveau de jeu face à un Timothée parvenant moins à maintenir l’intensité du premier set : « Il a été meilleur que moi. »

En double, le destin lui souriait davantage. Comme un symbole, il s’alignait aux côtés d’Olivier Langlois, celui qui l’avait bien embêté les jours précédents et même cette saison. Mais cette rivalité sur les courts a bâti une solide relation en dehors : « On a davantage appris à se découvrir avec Olivier. Tu passes plus de temps ensemble, donc tu discutes avec la personne et, au final, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi bon délire. Ça me fait vraiment plaisir aussi d’avoir gagné ce tournoi-là avec lui, ça vient conclure un petit peu notre petite découverte l’un de l’autre. » Car oui, cette alchimie entre les deux hommes leur a permis de soulever le trophée en s’imposant en finale face à la paire Miranda-Harris sur le score de 6/4, 6/3. « Il y a eu des points de mutants de par et d’autre, c’était vraiment spectaculaire à regarder », jure le pensionnaire de l’AAC Tennis Padel. Un troisième titre en double qui lui a fait changer son regard sur la spécialité : « Ça commence à me donner envie de prendre les doubles très au sérieux, parce que je commence à comprendre l’importance de bien jouer en double, mais aussi parce qu’il y a du spectacle. »

Un bilan de saison « mitigé« 

De retour d’Angleterre, il était l’heure pour Timothée Da Costa Santos de prendre du recul sur sa saison. À première vue, elle n’est pas vraiment réussie, avec aucun succès en simple sur le circuit international, ce qui était l’objectif numéro 1 du Samarien. Il n’a pas non plus atteint le top 35 : « Je ne m’attendais pas à être aussi loin sur certains aspects. J’ai réussi à battre mon premier top 35, je suis capable de faire des très gros matchs contre des joueurs de ce calibre-là. Mais je ne pensais pas que j’avais autant de manques à combler avant de pouvoir maintenir ce niveau-là », concède-t-il. Malgré tout, il relativise certaines de ses performances. Sur ses 18 défaites, une douzaine ont eu lieu contre des membres du top 40. Son bourreau a été 7 fois le vainqueur du tournoi, 6 fois le finaliste et 4 fois le demi-finaliste. « En termes de résultat pur, c’est forcément décevant, mais il y a du progrès tout au long de l’année, que ça soit sur le plan tactique, sur le plan technique, sur le plan physique et sur l’attitude. Même si c’est rageant et frustrant de perdre, je n’ai pas perdu sur le premier manchot venu, c’était souvent un gars qui allait faire un très bon tournoi derrière. » Cette intégration du top 50, cette première victoire sur un top 35 et ces 3 titres en double restent tout de même prometteurs pour la saison 2027, elle qui sera le sprint final pour l’objectif des Jeux paralympiques.

Simon Vasseur
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archive)