Tout n’a pas été parfait, mais l’équipe de France a assuré l’essentiel en remportant son premier match de la compétition face à la Slovénie (5-3). Un succès acquis avant tout par l’abnégation et la solidité mentale de tout un collectif.
Vingt-quatre heures après leur courte défaite face à une redoutable formation norvégienne, les joueurs de l’équipe de France partaient plutôt confiants et favoris pour ce match face à la Slovénie, tombeuse de la Hongrie lors de son premier match. Les Bleus ont assumé ce statut et ont fait la différence dans le troisième tiers pour s’adjuger la victoire (5-3) : « En troisième période, on a réussi à reprendre le dessus, on était quand même assez confiants tout le long. On a réussi à respecter les consignes du coach, à respecter notre identité de jeu surtout. C’est ça qui est important et ça a marché à la fin du match », estime Charles Schmitt, également joueur des Gothiques d’Amiens. Hugo Gallet voyait une progression par rapport au match de la veille : « Je pense qu’on est récompensé par le travail qu’on a mis en place. Après hier, on avait des choses à améliorer et je pense qu’on l’a vu aujourd’hui. » Yorick Treille, le sélectionneur tricolore, saluait également ces 20 dernières minutes bien négociées qui ont permis à son équipe de débloquer son compteur de victoires : « C’est bien pour le groupe. C’est bien pour le public à la maison. Ça nous tenait à cœur aujourd’hui d’avoir le résultat. On a trouvé les ressources et les solutions dans ce troisième tiers pour aller chercher la victoire. Je pense qu’on a fait un petit pas en avant aujourd’hui.«
Une satisfaction mentale mais pas technique
Très vite, dans ce match, les Bleus ont fait la course en tête, menant 1 puis 2-0. Mais les Lynx sont revenus une première fois à 2-2 avant d’égaliser à nouveau à 3-3, alors que les locaux avaient clairement la possession du palet et le nombre de tirs en leur faveur. Le réalisme devant la cage était plutôt à mettre au crédit des visiteurs : « Sur la manière, ce n’était pas parfait du tout dans notre gestion du palet, dans notre gestion de ce match, il y a encore beaucoup de progrès à faire. En termes d’occasion en 5 contre 5, on a plus du double, mais on a manqué un petit peu de précision sur la finition. On aurait pu peut-être se mettre à l’abri et gérer ce match. On doit apprendre à mieux gérer les temps faibles et nos possessions de palet où il y a souvent des mauvaises passes qui font qu’on n’arrive pas à prendre ce momentum total et à dominer l’adversaire de manière plus claire », analyse de façon lucide le sélectionneur français, qui sait que ce genre de défauts coûte très cher face à des équipes d’un calibre supérieur.

Néanmoins, il se satisfaisait de l’implication de chacun de ses hommes et de leur capacité à ne pas douter ni paniquer lorsque l’adversaire, pourtant dominé, s’accrochait : « Aujourd’hui, ce n’est pas la Slovénie d’un Mondial. Ils avaient beaucoup d’absents, donc ça ressemblait à peu près au niveau qu’on va avoir sur certaines de ces équipes dans ce groupe B. Il faut apprendre à gérer ses émotions, contrôler ce qu’on peut contrôler. Il y a plein de choses qui auraient pu nous déstabiliser aujourd’hui, mais on a pu rester concentrés jusqu’à la fin pour aller chercher cette victoire. » Hugo Gallet s’est, de son côté, réjoui d’avoir vu tous ses coéquipiers s’exprimer à leur manière en donnant le maximum, que ce soit par des sauvetages devant leur cage ou des gestes techniques décisifs devant celle des Slovènes : « Tout le monde a pu apporter sa pierre à l’édifice et être soi-même. Donc c’est très intéressant. »
Gallet et Schmitt, deux Amiénois qui ont brillé
Il ne sait plus exactement, mais il estime à 12 ans le temps écoulé depuis son dernier but au Coliseum. Ce vendredi, Hugo Gallet a inscrit le 4e des Bleus devant le public amiénois, ce qui lui a procuré une émotion particulière : « C’est un peu la cerise sur le gâteau pour finir ce match-là. J’ai pensé à toute ma famille qui était là. Et puis, c’est un peu une récompense pour tout le monde, pour tous ceux qui m’ont aidé quand j’étais ici et depuis que je suis parti, qui ont vu un peu l’envers du décor, les choses un peu moins belles qui se passent dans une carrière. C’est un petit cadeau pour eux et je suis content qu’il y ait beaucoup de monde qui ait pu assister à ça. » Pour Charles Schmitt, Amiénois d’adoption depuis le mois d’août, la soirée a été ponctuée d’une assistance sur l’ouverture du score d’Addamo. Porter le maillot de l’équipe de France est toujours spécial pour lui, mais il a avoué ne pas avoir trop pensé au fait de jouer à domicile en tant que joueur des Gothiques : « C’est juste plus pratique. Comme je suis ici, je n’ai pas besoin de rebouger après et je n’ai plus besoin de faire le voyage », s’amuse-t-il. Il reconnaît tout de même qu’en match, il peut utiliser des repères à son avantage comme le public, le bruit de la patinoire ou encore les bandes particulières avec « des bords plexiglas souvent à l’air libre ».

Ce samedi marquera déjà la fin de cette première phase de poule et donc le dernier match de la France au Coliseum. Les Bleus défieront la Hongrie qui a perdu ses deux premières rencontres, mais qui aura sûrement à cœur de ne pas repartir « fanny« . La méfiance est donc de mise pour Charles Schmitt et ses coéquipiers, soucieux de ne pas gâcher deux premiers jours intéressants : « On va essayer de faire la même chose, imposer le même rythme, notre même identité de jeu et garder ces valeurs qu’on a montrées.« Un facteur pourrait avoir son importance après deux matchs disputés en deux jours : la fatigue. « Je me sens bien personnellement, je ne me sens pas particulièrement fatigué », rassure le défenseur des Gothiques. « On a les kinés, on a Kevin, notre préparateur. On a beaucoup de staff quand même qui s’occupe de nous. Tous les outils sont dans nos mains pour qu’on récupère bien. » Pour Yorick Treille, ce n’est pas non plus un sujet : « Ils sont jeunes, ils sont en forme, donc ça va le faire ! On a un effectif avec quelques gars en plus, donc on va pouvoir encore faire tourner un petit peu. » Pour cette dernière échéance, le sélectionneur sera cependant privé à coup sûr d’Addamo, sorti sur blessure durant le match et boitant sérieusement à la sortie de la douche. Mathieu Mony, pas retenu ce vendredi, devrait être dans le groupe ce samedi.
Coupe des Nations, 3e journée :
Samedi 7 novembre à 19 h, au Coliseum d’Amiens : France – Hongrie
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

