Samedi soir, l’Amiens Handball ressortait frustré mais pas abattu après sa rencontre perdue face à Saint-Brice, même si l’adversaire était à portée. On demande de la patience pour souder ce collectif jeune et inexpérimenté, auquel se sont ajoutés de nouveaux joueurs.
La frustration était immense, samedi soir, à tel point que Léo Renaud-David, entraîneur de l’Amiens HC, quittait précipitamment le Coliseum. Thomas Zirn, l’un des cadres de l’équipe, analysait cette rencontre perdue d’un but : « Quand on est un peu derrière, le ballon pèse un peu lourd. Et quand on manque un petit peu d’expérience, ça pèse lourd, vraiment. Et ça part un peu plus à côté, un peu plus dans la tête du gardien. Quand il faut passer devant, c’est dur. On a eu des moments où il fallait passer devant, mais on a donné tellement d’énergie pour récupérer les ballons que derrière, il faut encore fournir de l’énergie supplémentaire pour passer devant ou les marquer. Ça prend du temps à réussir ces choses-là. » Du temps, c’est ce que réclame l’AHC dont l’effectif a été relativement renouvelé et qui reste très jeune mais avec beaucoup de potentiel selon le numéro 91 samarien : « De ce que je vois à l’entraînement, il y a vraiment des joueurs de qualité. On va travailler sur la confiance en soi, on va travailler sur le ballon. Ça va venir. Il faut être indulgent avec cette équipe qui est en construction. »

Même son de cloche du côté de Séverine Barbezat, la présidente du club, qui estime que trouver ses marques et son équilibre ne se fait pas en un mois d’entraînement et en trois matchs. Son serial buteur (16 réalisations contre Saint-Brice) assure même qu’il y a du progrès par rapport à la semaine passée et à la défaite à Palaiseau : « C’est une équipe qui va vraiment progresser, selon moi. Il faut nous laisser un petit peu de temps car on monte en puissance. Je pense qu’on a produit quand même du handball de très bonne qualité. On a fait avec nos armes, on a été jusqu’au bout. Je suis très fier de cette équipe qui a tout donné. C’est frustrant, évidemment, tu meurs à un but, mais c’est comme ça. Ce n’est que le début de saison. » Cette progression notable tient aussi, peut-être aux quelques retours en force de certains éléments, même si l’un d’entre eux, Armand Lenglet, était disqualifié pour trois « deux minutes » concédées. Une sortie de terrain à laquelle s’est ajoutée celle d’Adrien Maniak, auteur d’un mauvais geste sur une contre-attaque adverse.
On regarde là-haut, on ne peut pas regarder le maintien.
Séverine Barbezat, présidente de l’AHC
Un retard de deux à trois buts jamais comblé, une certaine indiscipline, mais ce que note surtout Séverine Barbezat, c’est un manque de lucidité en phase offensive : « Il y a encore eu trop d’actions individuelles qui ont amené à de l’échec au tir. Or, il y avait la passe de plus qui aurait permis d’avoir l’intervalle correctement et qui aurait permis de trouver une solution. Donc il faut se donner cette confiance-là, s’autoriser cette passe-là, pour se rendre les buts à 6 mètres faciles. » Car, ce samedi, la lueur d’espoir ne s’est jamais éteinte grâce, en très grande partie, à Thomas Zirn, auteur de plus de la moitié des buts de son équipe. C’est un gros avantage d’avoir un tel serial buteur dans son effectif, mais une « Thomas Zirn dépendance » est vite arrivée. Le principal intéressé considère cependant que cette statistique signifie que le niveau de jeu global des siens augmente : « Je suis ailier. C’est-à-dire que je suis dépendant de mon équipe. Donc si l’équipe joue bien, le ballon arrive à mon poste et après, j’ai la capacité à marquer des buts. Mais il faut que le travail soit fait en amont. Je suis juste un finisseur. Et c’est ce qui s’est passé ce soir. »
La présidente du club picard ne revoit pas ses ambitions de top 5 à la baisse malgré cette entame de saison difficile : « Il y a vraiment un mot qui est « on ne lâche rien ». On regarde là-haut, on ne peut pas regarder le maintien. C’est manquer d’ambition que de regarder le maintien, c’est manquer d’envie, ce ne serait pas honnête vis-à-vis des joueurs. Les joueurs ont envie de performer. Ils ne peuvent pas être satisfaits de ce soir. On sait bien qu’ils ont beaucoup de déceptions, qu’ils ont l’impression d’un rendez-vous manqué sur ce premier match à domicile. Mais il faut continuer à être ambitieux et à voir l’avenir avec la tête haute. » Elle espère néanmoins qu’en fin de saison, ces points perdus en route contre des promus ne coûteront pas trop cher. Mais après tout, seuls deux matchs de championnat ont été disputés et il est encore bien trop tôt pour tirer la sonnette d’alarme.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

