Samedi soir, à l’issue d’un derby local intense, le FC Porto Portugais d’Amiens a arraché la victoire face à l’ESC Longueau. Un match marqué par la tension, et une bataille acharnée jusqu’aux tirs au but.
Le match a tenu toutes ses promesses, mais pas forcément dans le sens espéré par le FC Porto Portugais d’Amiens. Malgré la victoire finale, ce samedi soir, l’entraîneur Sébastien Dailly ne cache pas une certaine déception quant au contenu de la rencontre. « On a vraiment fait le minimum du minimum. Je pense que c’est l’un des plus mauvais depuis que je suis arrivé ici « , confie-t-il avec franchise. Selon lui, l’adversaire a dominé le jeu, imposant un rythme et une qualité supérieure, notamment grâce à des joueurs plus aguerris et puissants. Pourtant, la qualification est là, obtenue grâce à une résistance acharnée, notamment après avoir été réduits à dix. » On a eu une bonne part de réussite, mais on va aussi la chercher parce qu’on a des garçons qui vont au bout du bout « , souligne Dailly, mettant en avant l’engagement total de ses joueurs jusqu’au bout.
Un carton rouge qui a changé la physionomie du match
Le tournant de la rencontre est survenu avec l’expulsion du joueur du FC Porto Portugais, Romane Hamdane, après un double carton jaune comme l’indique la FFF, réduisant donc l’équipe à dix. Cette situation a compliqué la tâche des Amiénois, qui ont dû s’adapter tactiquement et puiser dans leurs ressources mentales et physiques pour tenir face à une équipe de Longueau plus offensive. Sébastien Dailly explique : « On finit à dix avec deux garçons qui ont des crampes. Tout le monde a donné le maximum ce soir« . Cette solidarité a permis de contenir l’adversaire jusqu’à la fin du temps réglementaire.

« La magie de la Coupe de France a été un peu contre nous«
Du côté de l’ESC Longueau, le sentiment est amer. Michaël Debève, l’entraîneur, revient sur un scénario cruel, marqué par une décision arbitrale contestée : un penalty accordé puis retiré à cause d’une erreur administrative. » Je pense que l’arbitre fait une grosse erreur. C’est dommage par rapport à l’avancée. Je pense qu’on a été sur-estimés« , déplore-t-il. Cette injustice a pesé lourd sur la balance, alors que son équipe avait fait un match solide, notamment en première mi-temps, avec plusieurs occasions franches. Malgré la déception, Debève tient à saluer l’investissement de ses joueurs : « Je n’ai rien à reprocher aux joueurs. C’est le match que j’attendais d’eux. Que ce soit ceux qui ont commencé, ceux qui sont rentrés. C’est un vrai match de Coupe de France « . Il insiste aussi sur la nécessité de tirer des enseignements pour l’avenir, notamment sur l’efficacité offensive et la gestion des coups de pied arrêtés.

Le tir au but retiré : un coup dur psychologique
Le moment clé qui a sans doute pesé sur le dénouement est ce penalty retiré, conséquence directe de l’erreur arbitrale. Michaël Debève souligne : « On sait très bien que c’est très difficile pour un joueur de retirer derrière. C’est vraiment une injustice« . Cette situation a perturbé la dynamique de Longueau, qui aurait pu sceller le match avant la séance de tirs au but. Le coach de Longueau ajoute : « Après, les penalties, ça arrive à tout le monde d’en manquer un. C’est comme ça, c’est la loi du sport« , montrant une certaine résilience malgré la frustration.
« On va essayer d’aller le plus loin possible »
Le FC Porto Portugais d’Amiens, malgré la victoire, sait que le chemin sera encore long. Sébastien Dailly évoque la fragilité psychologique après avoir concédé un but et la difficulté à imposer son plan de jeu : « On était partis sur un autre plan de jeu, mais ça ne s’est pas groupé comme on le pensait. Parce qu’on a donné un but, on s’est fragilisé« . Toutefois, il reste confiant dans la dynamique de son équipe, qui reste invaincue depuis plus d’un an : « On a une invincibilité quand même qui est importante, ça fait 12 ou 13 mois qu’on n’a pas perdu un match« . Il conclut avec philosophie : « Le football, c’est ça. Demain, on pleurera peut-être« .
Ce derby a offert un spectacle à l’image de la Coupe de France : intense et imprévisible. Il illustre parfaitement la magie et la cruauté de cette dernière, où chaque détail peut faire basculer le destin d’une équipe.
Robin Accart
Crédit photo : Reynald Valleron et Théo Bégler – Gazettesports.fr

