Après avoir surfé sur leur montée la saison passée, les Green Falcons s’apprêtent à entamer leur deuxième saison dans l’élite du roller-hockey français, celle de la confirmation ou non au plus haut niveau. Bilan du dernier mercato et objectifs par le président du club, Benoît Oudar.
La saison passée, les Green Falcons avaient agréablement surpris en se maintenant en Élite sans trop trembler, alors que beaucoup les voyaient faire l’ascenseur en Nationale 1. Le défi de ce nouvel exercice sera d’en faire de même, bien que l’on considère souvent la deuxième année à un échelon comme la plus difficile à assumer. Car si l’on attendait peu de la formation messipontine, petit poucet de la division en 2025-2026, ils ne surprendront cette fois plus personne. « L’objectif, c’est le maintien, un peu comme l’année dernière. L’année dernière, c’était la totale découverte. On ne savait pas trop où on allait. Cette année, on a une meilleure vision. On connaît le niveau. On sait aussi que les autres vont nous attendre« , concède Benoît Oudar, président du club. L’ambition est malgré tout la même : se mettre à l’abri le plus vite possible à la 8e place afin d’éviter la relégation et le barrage. Pour autant, Benoît Oudar considère qu’il est toujours exceptionnel de voir sa structure au plus haut niveau national. Donc, si d’aventure, elle devait redescendre, « ce ne serait pas dramatique […] Si on est en Élite, c’est très bien. Mais si on est en N1, c’est très bien aussi. »
Outre le simple prisme du sportif, le président de Pont-de-Metz souhaite retrouver un esprit d’équipe, celui qui avait permis à l’équipe fanion de monter à la surprise générale. « Cette saison-là, quand on est partis jusqu’à la finale N1, il y avait une cohésion de coéquipiers énorme. La saison dernière, ça a débuté comme ça. À un moment donné, il y avait des individualités qui voulaient être un peu plus présentes. Une individualité dans un sport co’, ça ne marche pas toujours. Dans un sport co’ comme le nôtre, il n’y a pas de sauveur. Personne ne peut monter sur le terrain et dire « je rentre, je marque ». Ça marche quand tu es en jeunesse, mais pas en Élite. Là, on veut retrouver cette cohésion, cet état d’esprit d’équipe. » Dans le cas contraire, les Samariens pourraient davantage subir que la saison dernière, l’adversité étant encore plus importante. En plus des traditionnels cadors que sont Rethel, Villeneuve, Épernay, Vierzon et Grenoble, Valence, pourtant promu, risque bien d’être un concurrent redoutable. « Sur le papier, avec ce qu’ils ont recruté, ce ne sera pas une équipe de bas de tableau. Autant, Bourges ne nous faisait pas plus peur que ça, même s’il y avait eu un peu de mercato de leur côté. À Valence, il y a du lourd quand même », estime Benoît Oudar. C’est donc une lutte à quatre qui se profile avec Anglet, Angers et Caen.
Un groupe similaire mais une perte importante
Pour réussir cette opération maintien, les Green Falcons misent sur la continuité avec un effectif peu remanié : deux départs pour deux arrivées. Mais s’il est de coutume de se réjouir d’un tel mercato, ce n’est pas vraiment le cas du côté de Pont-de-Metz, qui a tout simplement perdu deux éléments clés. D’abord, Pierre-Antoine Picard, dont le départ avait été anticipé puisqu’il n’avait pas participé à la fin de saison. Mais si son impact a été moindre en Élite (4 points en 9 matchs), il avait été l’un des principaux contributeurs de la montée lors de l’exercice précédent, cumulant 25 points en 21 rencontres. Autre départ de taille, celui qui était l’homme dit « providentiel », à savoir Mathéo Candellier. Arrivé d’Angers l’été dernier, après déjà trois saisons en Élite, il a apporté toute son expérience et son talent, ayant terminé meilleur pointeur picard (26 points en 20 matchs). Mais ses performances ont attisé la curiosité des meilleurs clubs français et il a finalement décidé de signer à Vierzon. « Le départ de Mahtéo Candellier est relativement important. C’était un élément clé à plusieurs niveaux, tant sur le côté sportif puisqu’il nous permettait de répondre aux attaques adverses, que sur l’apprentissage de l’Élite. C’est un bon coéquipier, un bon mec de banc, de vestiaire et d’après-match », se souvient Benoît Oudar. « S’il était resté, on aurait été très heureux. Mais il part trouver quelque chose de plus près de ses ambitions et de son talent d’aujourd’hui. »

Pour tenter de compenser ces départs, la structure messipontine a recruté deux joueurs qui connaissent déjà la Roller Arena. En attaque, Anthony Josse effectue son retour au club après quelques saisons chez le voisin amiénois. « Il était parti il y a 3-4 ans, au moment où c’était Covid, post-Covid. À l’époque, il était U20, il jouait déjà en Nationale 1 avec les Green Falcons. C’était l’année où on a posé un petit genou à terre. On a failli être relégués à ce moment-là. Anthony avait une proposition pour jouer en Nationale 1 à Amiens, qui avait gardé son effectif N1 donc il était parti », se remémore le président messipontin, qui a au moins la certitude qu’il s’intégrera bien dans le moule puisqu’il connaît déjà la plupart de ses « nouveaux » coéquipiers. Pour pallier l’absence de Candellier en défense, les Faucons ont fait confiance à Hugo Allais. Il constitue un petit pari car, même s’il connaît aussi le club, il n’a pas d’expérience récente en roller hockey, lui qui a réalisé une carrière universitaire sur glace au Canada ces dernières années.
Une longue préparation pour une courte reprise
S’ils n’ont pas encore effectué de matchs amicaux, la préparation bat son plein chez les Green Falcons avec deux entraînements de roller par semaine et un accès facilité dans une salle de sport grâce à un partenariat pour travailler la dimension physique. « Le physique, on a bien vu que c’était hyper important. C’est la chose la plus compliquée à travailler quand on est un petit club comme nous. Il ne suffit pas de monter sur les rollers et de jouer au palet« , insiste le père de Soren Oudar. Lequel va être le principal Green impacté par le gros événement qui se profile à l’horizon : les championnats du monde qui se dérouleront début octobre. Car si aucun joueur du club ne devrait être sélectionné avec l’équipe senior, ce qui sera peut-être le cas du côté des Écureuils avec Clément Fouquerel, Soren Oudar devrait être de la partie avec les U19. Et si le championnat Élite se mettra en pause pour la compétition senior, ce ne sera pas le cas pour celle U19. Le jeune Messipontin sera absent lors des premières journées, tout comme de nombreux autres jeunes de la division : « Ça fera des joueurs en moins dans plein d’équipes. Valence en a deux, plus Ondrej Fiedler, sélectionneur adjoint des U19, Anglet en a un, Villeneuve doit en avoir un », énumère Benoît Oudar. Voilà donc un début de championnat étrange qui se profile, mais dont les Green Falcons comptent bien tirer profit afin de faire oublier les départs et de balayer les incertitudes.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

