Répartis sur trois distances, près de 700 coureurs se sont élancés, ce dimanche, sur la cyclosportive La Chevron – Tour du Grand Amiens. Sous le soleil, organisateurs comme coureurs ont été ravis et se donnent déjà rendez-vous pour la troisième édition.
« La Somme est loin d’être plate ! », racontait Maxime Andrieux à l’arrivée, surpris par l’exigence du parcours. Habitué à la course à pied, il a fait ses premiers tours de roues sur le 70 km. Comme tous les autres participants, Maxime a franchi, ce dimanche en fin de matinée, la ligne d’arrivée de la seconde édition de la Chevron avec le sourire, non sans quelques rictus de douleur. « Il fallait avoir des jambes, tout simplement », concluait le coureur en attendant derrière les barrières l’arrivée des autres courses.
« Je faisais un peu le malin, mais les jambes m’ont vite rappelé«
Celui qui a eu des jambes sur le 115 km est, sans surprise, Pierre Barbier. Avant de repartir en compétition sur le Tour de Langkawi en Malaisie, à la fin du mois, le coureur professionnel s’est offert une belle partie de manivelle en compagnie de son frère Rudy, lui aussi ancien professionnel : « Quand il y a des organisations comme ça pour le cyclisme en Picardie, c’est toujours bien, se réjouissait Pierre. Vu que mon programme me permettait d’être là aujourd’hui, c’était presque une obligation. » Alors que la fratrie avait terminé ensemble l’an dernier, les Barbier n’ont pu souffler qu’une fois la ligne franchie : « Rudy roule beaucoup moins qu’avant, il fallait essayer au maximum de rester avec lui, mais on a eu un petit peu de mal à lâcher les autres. J’ai réattaqué en rentrant à Amiens pour sortir à trois (dont Rudy). Finalement, je me suis dit que j’allais faire le sprint pour gagner. »

Mathis Pichon 
Laure Milon
Jeune retraité de la division Élite, Mathis Pichon s’est imposé en solitaire sur la course reine de 170 km après avoir décroché Théo Ramirez, son dernier concurrent. « Je n’ai pas fait 175 bornes depuis un mois et demi. Dans la bosse d’Outrebois, j’ai attaqué comme avant. J’ai crampé parce que je ne roule plus autant. Je faisais un peu le malin, mais les jambes m’ont vite rappelé qu’on perd rapidement quand on ne s’entraîne plus », commentait-il après la remise des titres. À noter la quatrième place de l’Amiénois Clément Chevrier, ancien coureur professionnel, devancé de seulement deux secondes par Tom Lhermurier. Laure Milon était, elle, préparée pour une si grande distance : « J’ai fait une préparation avec des sorties longues jusqu’à 150 km sur le mois d’août pour passer les côtes dans de bonnes conditions. » Son travail a payé avec un écart conséquent sur ses adversaires du jour. Elle n’a pas oublié de remercier son coéquipier Patrick Rodriguez (Team Flixecourt) : « C’était un soutien inestimable. Il m’a aidé quand il y avait du vent, […] ça m’a permis de gagner. »
Du monde sur le bord de la route et des organisateurs tournés vers la prochaine édition
Autre soutien de poids, cette fois-ci sur le bord des routes, les spectateurs sont venus en nombre dans les villages tout le long du parcours, mais aussi à l’arrivée située sur le parking du Decathlon d’Amiens. « Je suis passé dans certains villages comme à Saint-Sauveur, la route était bondée de monde. Dans plein de villages, c’était le cas, c’est sympa à voir, souligne Clément Bocquillon, membre du comité d’organisation, présent sur une des motos suiveuses. […] On a prévenu toutes les communes en amont, elles ont pu communiquer aux riverains, et du coup les gens sont sortis. Ils étaient émerveillés de voir autant de cyclistes passer devant chez eux. » À l’arrivée des courses, la famille Bocquillon, organisatrice de la cyclosportive, a tiré un bilan plus que positif de cette journée ensoleillée. Avec un parcours plus exigeant contenant près de 2 000 mètres de dénivelé positif, le spectacle a été au rendez-vous sur les différentes courses avec des scénarios variés, allant du sprint en petit comité sur le 115 km hommes à l’arrivée en solitaire sur le 175 km hommes.

L’organisation a tenu à remercier l’ensemble des partenaires, des bénévoles et tous les acteurs qui font vivre l’épreuve, dont les collectivités locales. « Sans eux, financièrement, on arriverait à rien faire. Le coût d’une épreuve comme celle-ci est colossal, et sans les partenaires, on ne serait même pas à l’équilibre, on serait en déficit », indique Clément Bocquillon. L’événement a nécessité l’aide de 150 à 200 personnes pour la gestion, dont près de 80 bénévoles, 30 secouristes ou encore 50 motards. Si les parcours de la troisième édition sont déjà « presque tracés » avec la volonté de rester “accessibles” tout en restant “exigeant” et “intéressant”, l’organisation laisse entendre la présence de l’ancien coureur Alexis Gougeard, né à Rouen et passé entre autres par Cofidis et AG2R la Mondiale. L’ancien sprinteur Arnaud Démare pourrait s’aligner également. Et en ce qui concerne les frères Barbier, le rendez-vous est déjà pris si leur calendrier le leur permet.
Les podiums :
170km HOMMES :
1 Mathis PICHON (CC NOGENT-SUR-OISE) en 04:31:44
2 Théo RAMIREZ (CYCLISTE CLUB CAMON) en 04:33:07
3 Tom LHERMURIER (ÉTOILE CYCLISTE ABBEVILLOISE) en 04:38:26
170km FEMMES :
1 Laure MILON (TEAM FLIXECOURT 80) en 05:37:31
2 Amélie DESROZIERS (RMA TRIATHLON) en 05:59:21
3 Pascaline VASSEUR (CLUB CYCLISTE DE BAPAUME) en 06:13:01
115km HOMMES :
1 Pierre BARBIER (CLERMONT) en 02:58:05
2 Gregory PAUCHET (AMIENS MÉTROPOLE CYCLISME) en 02:58:05
3 Rudy BARBIER (AMIENS MÉTROPOLE CYCLISME) en 02:58:06
115km FEMMES :
1 Lalie QUENOT (AMIENS MÉTROPOLE CYCLISME) en 03:35:06
2 Marie DESMARET (GTC) en 03:47:04
3 Aurélie BENICOURT (-) en 03:47:15
70km HOMMES :
1 Matthieu GOURGUECHON (AC AILLY SUR SOMME) en 02:03:18
2 Evan LAFORCE (TEAM AVENOIS) en 02:03:19
3 Antoine DELETOILLE (VÉLO CLUB DE TALMAS) en 02:03:20
70km FEMMES :
1 Mélanie CHEVE (MEUDON TRIATHLON) en 02:23:03
2 Marie VANQUICKENBORNE (COURIR À VILLERS) en 02:32:46
3 Louison LEMAITRE (-) en 02:32:47
Thomas Jourdan
Crédit photo : Théo Bégler et Thomas Jourdan – Gazettesports.fr

