OMNISPORTS : Amiens Métropole lance sa Maison Sport Santé

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Ce mardi 6 septembre, c’est le lancement de la Maison Sport Santé d’Amiens Métropole. À cette occasion, une conférence de presse se tenait pour expliquer la démarche et ses enjeux.

Lancé d’un point de vue national en 2019, le dispositif Maison Sport Santé débarque à Amiens aujourd’hui même. En s’inscrivant dans une double dynamique, comme l’explique Guillaume Duflot. D’une part, dans « le projet sportif métropolitain et son axe mieux vivre par le sport. Dedans, il y a la thématique du sport santé, c’est un axe important quand on parle de santé publique. » D’autre part, « cela s’intègre également dans Amiens se prend au Jeu, qui sera réussi si on s’inscrit dans l’héritage. Ce qui va rester, c’est ce qu’on souhaite en faire, et le sport santé en est un axe important. D’ailleurs c’est également le cas pour Tony Estanguet et Paris 2024. »

Le sport, enjeu de santé publique

Le vice-président d’Amiens Métropole en charge des sports met notamment l’accent sur l’importance de lutter contre une « sédentarisation accrue » par la période de covid que l’on vient de vivre qui exacerbe les risque de surpoids. « On est dans la démarche de prévenir les risques liés à la sédentarité, de lutter contre des pathologies chroniques qui peuvent exister, par exemple, l’obésité mais également des affections de longue durée comme le cancer » explique-t-il ainsi. Cathy Dehez, chargée de développement sportif à la direction des sports d’Amiens Métropole poursuit d’ailleurs en soulignant que « des études autour cancer du sein prouvent que le sport permet de mieux vivre la maladie mais limite aussi risque de récidive. »

Un autre aspect important est que « le sport est une façon de renouer le lien social. Pour des personnes isolées, reprendre une activité, c’est sortir, refaire du lien » note quant à lui Dominique Georges, directeur du service des sports d’Amiens Métropole. Un point sur lequel insiste Guillaume Duflot : « Il y a aussi une démarche constructive sur la santé mentale, c’est une question qui a été posée plus sérieusement avec le covid. La reprise d’activité sportive est une réponse. »

Des intérêts divers qui convergent vers un but commun

Une fois posés ces enjeux de santé publique en faveur de la promotion du sport santé, pourquoi une Maison Sport Santé (MSS) ? C’est Guillaume Duflot qui apporte plusieurs réponses à cette interrogation. D’abord, « l’objectif, c’est de structurer l’ensemble du sport santé. Les clubs se sont approprié cette thématique, mais si on souhaite s’y mettre, cela n’a pas forcément de visibilité. Cette initiative permet de la lisibilité pour permettre aux usagers d’avoir les bons interlocuteurs, pour plus d’efficacité » en faisant le lien entre les personnes voulant reprendre le sport et les clubs qui leur sont adaptés : « Il n’y a rien de plus frustrant que de vouloir mais de ne pas savoir où et comment. »

Ensuite, c’est justement de faire connaître les bienfaits du sport pour la santé, et d’inciter les Amiénois à se mettre à une activité physique. Ainsi, la MSS, mais également la communication de la Métropole à son sujet – « on va mettre les moyens de la Métropole pour communiquer, il faut faire connaître la Maison Sport Santé » – seront là « pour sensibiliser à la nécessité de l’activité physique pour la santé et ainsi amener les gens à reprendre une activité régulière. »

Guillaume Duflot résume ainsi la vocation de la MSS : « Ramener ceux qui ne pratiquent pas ou plus le sport vers une pratique sportive. L’objectif, c’est d’accueillir, quels que soient l’âge, l’état de santé, la fragilité, toute personne souhaitant se mettre ou reprendre une pratique sportive. »

Une première phase, bien orienter

Le processus « sécurisé, avec des professionnels formés » insiste le vice-président d’Amiens Métropole, s’établit en plusieurs étapes. D’abord, il y a la prise de contact. Elle peut faire suite à une prescription médicale. En effet, « un décret précise que les médecins peuvent prescrire de l’activité physique. » Mais « ils ne savent pas toujours vers qui orienter » précise Cathy Dehez. Le dispositif ayant des professionnels de la santé et la clinique Victor Pauchet comme partenaires, cela facilitera désormais l’orientation. Mais la prise de contact peut aussi découler d’une volonté personnelle. Dans ce cas, cela commence par une prise de rendez-vous, au 03 22 97 11 06.

Ce rendez-vous, c’est pour un entretien et une évaluation d’une heure, au Coliseum. Deux choses qui permettent tout à la fois de mieux cerner les « capacités physiques mais aussi les envies : la notion de plaisir est importante pour maintenir dans le temps l’activité physique. » Cathy Dehez développe : « De nombreuses personnes arrivent par le biais de leur médecin mais sans en voir l’intérêt, il faut trouver l’activité qui va les attirer et dans laquelle il vont avoir plaisir à revenir. Il y a l’idée de démystifier le sport de compétition, expliquer que les Fédérations ont fait un travail sur leur pratique pour l’adapter au sport santé, notamment rugby et judo sur du déplacement, sans contact. L’idée est d’éviter que cela leur fasse peur. C’est l’intérêt de l’entretien »

Quant à l’évaluation, elle consiste en plusieurs tests, portant sur l’équilibre, la souplesse, l’endurance à l’effort, la force. Elle sera encadrée par « deux de nos éducateurs sportifs qui ont été formés pour avoir toutes les compétences pour la faire » précise Guillaume Duflot. Sera, car si le dispositif est lancé aujourd’hui, les première évaluations auront lieu à partir du 6 octobre.

Des clubs au diapason

À partir des observations faites lors de ce rendez-vous, aidées également, « pour faciliter la prise en charge, par un document de non-contre-indication à la pratique sportive à remplir par le médecin, pour savoir ce que la personne peut réaliser ou non, pour qu’elle puisse pratiquer en toute sécurité », « on oriente vers nos clubs partenaires » explique Cathy Dehez. Ces clubs partenaires, ce sont, pour l’instant, l’ASTT, l’AAC Tennis, l’ASC Judo, Femina Sport, le Rugby Club Amiénois, Ensemble de Danse, le Cercle des Arts Martiaux et Profession sport et loisirs. En en attendant d’autres dont l’intégration à ce dispositif est encore en cours.

Dans les clubs, la pratique en elle même pourra être adaptée au profil des personnes concernées. Avec des créneaux dédiés ou, au contraire, l’inclusion aux mêmes activités que les autres licenciés. C’est que, pointe Dominique Georges, « il faut des groupes homogènes, sinon, il peut y avoir du découragement. » Le but de la MSS, c’est aussi ça, lutter contre un rapide désengagement, une perte de motivation. C’est pour cela que « ce qui est important dans le dispositif, c’est qu’il y a un suivi, tous les 3 mois, le bénéficiaire n’est pas lâché dans la nature après l’orientation. » À plus long terme, encore « l’objectif, c’est que derrière, les gens continuent », pour Guillaume Duflot.

Des aides existent

Quant au volet financier, la MSS ne garantit pas la gratuité des droits d’inscription et de la licence. Mais, en plus d’une aide financière de 50€ pour la première inscription, il y a « des dispositifs qu’on peut activer », rappelle Dominique Georges, tels que les coupons sport ou les pass’sport, pour les jeunes. Par ailleurs, la volonté affichée par Cathy Dehez est que les bilans effectués tout au long de ce processus permettent de « centraliser les données sur les bienfaits du sport santé pour avoir du poids » afin de permettre une prise en charge de ces frais à l’avenir.

Notons enfin que ce premier mois avant le lancement des évaluations va aussi permettre de communiquer et faire connaitre l’existence de la Maison Sport Santé. Que ce soit dès ce soir, à 18h, dans le cadre de la conférence des Mardis de la santé d’Amiens, salle Dewailly, ce samedi à l’Agora ou encore au travers d’un défi citoyen lors de la Journée d’accueil des étudiants, le jeudi 15 septembre.


Morgan Chaumier