SPORT SANTÉ : « L’idée du maintien d’un évènement dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein était vraiment importante »

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Ⓒ Gazette Sports

Il y a quelques temps nous étions partis à la rencontre de Quentin Vacandare, professeur d’activité physique adaptée au CHU. Il était alors accompagné de quatre de ses patientes, en rémission de cancer et déterminées à participer aux 5kms de Courir la Jules Verne. Nous l’avons retrouvé cette semaine après que l’objectif a été réalisé.

« Quand on a appris la nouvelle de l’annulation de la Jules Verne, on s’y attendait un peu » admet Quentin Vacandare. Néanmoins, malgré cette annonce, il était hors de question pour les patientes de renoncer à leur objectif initial, « on s’est dit que c’était dommage de s’arrêter alors qu’on allait arriver dans la période d’Octobre Rose » explique-t-il, « l’idée du maintien d’un évènement dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein était vraiment importante alors on a gardé l’objectif que l’on s’était fixé en continuant de s’entraîner. C’est comme ça que l’on s’est fixé la date du 1er octobre, pour lancer la campagne d’Octobre Rose. » Ainsi, Caroline, Houria et Agnès ont retrouvé leur professeur d’APA ce jeudi matin pour une course interne de 5km.  

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Sur un parcours mixte balisé autour du CHU et mêlant chemin, route et léger dénivelé positif, les trois femmes se sont élancées à 11h30 pour une course bouclée en 33 minutes. Quentin nous parle d’un « accomplissement de quelques semaines, elles n’ont pas lâché, elles ont eu la force et le courage de maintenir une capacité physique et de réaliser une belle performance. C’est un sacré challenge que je leur avais lancé et elles ont répondu présentes ! Elles sont ressorties très fières de cette course, et c’était bien normal.  »

Si l’objectif principal était bien entendu de boucler ces 5kms, d’autres nouveaux objectifs sont venus se greffer à la fin de la course. De cette façon, le professeur d’APA racontait que « tout de suite elles se sont échangé leurs numéros de téléphone pour essayer de continuer à courir une fois par semaine, » validant par la même occasion l’objectif social de cette initiative : « c’était aussi un objectif important de recréer un lien social, de voir du monde, et des affinités se sont créées. »

Un traitement sur le long terme

Cependant, Quentin Vacandare revient sur le point essentiel de ce traitement par le sport : la pérennité. « C’est aussi la finalité de mon travail de maintenir leur condition physique après leur traitement mais surtout de les pérenniser sur le long terme. Il ne faut surtout pas arrêter ce qu’elles ont appris ici lors des séances au sein du DISSPO, même à la fin du traitement ! L’activité physique est un traitement non médicamenteux essentiel sur la partie physique mais aussi psychologique. Il est donc important qu’elles continuent » argumente-t-il.

Il est déjà certain que les trois patientes se retrouveront à l’avenir pour poursuivre l’aventure et même se pencher sur de nouveaux défis comme « une course de 10kms ou même 5kms avec un temps encore meilleur ! » La partie médicamenteuse du traitement touchant à sa fin pour les trois participantes, elles ne sont maintenant plus obligées de revenir au CHU. Et c’est là tout le but du programme DISSPO qui n’est pas destiné à « éterniser les patientes mais plutôt à les remettre en route. » 
Ainsi, sur le très long terme il est aussi important que les patientes qui quittent le dispositif continuent une activité physique en dehors du CHU, que ce soit de façon autonome ou dans une structure sportive adaptée. Mais comme le souligne Quentin Vacandare, « c’est un peu un turnover parce que malheureusement le cancer ne s’arrête pas et j’ai de nouvelles patientes qui arrivent alors on recommence un programme et si elles le souhaitent dans un an on se relancera sur un nouvel objectif de course à pied. » Il s’agit donc d’un éternel recommencement pour lui mais d’une continuité pour toutes les patientes qui prennent part au programme DISSPO.




Océane Kronek

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