HOCKEY SUR GLACE (Ligue Magnus) – Bruce Richardson : « Cette trêve arrive à un bon moment dans notre saison »

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La conférence de presse d’après-match de vendredi, succédant à la victoire des Gothiques face à Briançon, était l’occasion pour Bruce Richardson, l’entraîneur des Gothiques, d’effectuer un premier bilan au moment de débuter la première petite trève internationale qui va encore durer une dizaine de jours.

Après la victoire obtenue face aux Diables Rouges de Briançon, Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques, avait qualifié la rencontre de « montagnes russes ». En réalité, c’est tout ce début de saison qui pourrait être caractérisé ainsi. Ils avaient été au plus bas en perdant leurs 6 premiers matchs avant de terminer cette première séquence par 8 succès en 9 matchs, Coupe de France incluse. « Je pense que personne n’aurait pensé ça après notre début de saison », s’amuse le technicien canadien, qui nous fait aujourd’hui trouver sens à ce qu’il répétait sans cesse durant la période difficile : les joueurs continuaient d’être optimistes pour la saison malgré des résultats qui tardaient à arriver. « Ils savaient que c’était juste une question de temps pour tout débloquer. Personne n’était négatif. C’était : ‘OK, qu’est-ce qu’on peut faire pour s’améliorer ?’ Ils arrivaient sur la glace et ils travaillaient chaque jour pour essayer de s’améliorer. »

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Et ce début de saison compliqué n’était finalement pas si surprenant : l’effectif avait été assez largement remanié et son entraîneur principal ne savait rien du hockey sur glace tricolore. « C’est un apprentissage pour moi. Je ne connaissais pas la Ligue, je ne connaissais pas les joueurs. » Celui-ci avoue d’ailleurs avoir été surpris du niveau physique élevé de la Ligue Magnus mais aussi de l’engouement du public français : « Il y a encore de la progression à faire, mais il est en santé. Il faut juste continuer d’amener une petite touche canadienne pour aider à ça pour qu’on puisse attirer d’autres bons joueurs. » Outre l’adaptation générale au championnat, le coach canadien concède qu’il a fallu beaucoup analyser le profil de ses joueurs, dont il ignorait les qualités auparavant, pour trouver la bonne formule : « Oui, j’ai recruté des joueurs, mais on te dit, lui, il est comme ça, lui, comme ça. Mais comme entraîneur, tu fais ta propre évaluation. J’ai appris à connaître les joueurs pour les mettre dans les bonnes positions. J’avais un plan quand je suis arrivé, mais mon plan, il a fallu que je l’ajuste un peu parce qu’il y a des choses qui n’ont pas fonctionné. »

Les Gothiques vont mieux mais ne doivent pas se relâcher

Nous sommes au début du mois de novembre et beaucoup de choses semblent en tout cas fonctionner. Les Gothiques ont trouvé leur rythme de croisière et se sont bien replacés dans la lutte pour les play-offs, voire à la quatrième place qui semble accessible et qui permettrait d’éviter de jouer un gros poisson en quart de finale. Mais le chemin vers le top niveau est encore semé d’embûches et Bruce Richardson déplore par exemple un certain manque de constance sur 60 minutes, mais pas que : « Il y a beaucoup de choses qu’on pourrait encore améliorer. Quand tu regardes les games de la Ligue Nationale, ils vont toujours essayer de s’améliorer. Tu t’ajustes, tu fais de la vidéo, tu changes des petites choses pour t’ajuster à l’autre équipe. Il y a encore beaucoup de travail. On n’a joué que 14 games. » Il veut avant tout éviter de revivre de telles « montagnes russes » et voir son équipe faire preuve de régularité dans les résultats : « Comme joueur, je l’ai vécu pendant 14 ans. Comme entraîneur, pendant 14 ans. Il y a des hauts et des bas. Il faut que tu sois capable de rester dans le milieu. Il ne faut pas que tu sois trop haut ni trop bas. Je pense que c’est ça qui fait qu’on réussit à avoir du succès présentement. »

Une trêve bienvenue

Cette première internationale de presque deux semaines va permettre à tout le monde de se ressourcer, d’abord physiquement. « On a passé beaucoup de temps dans l’autobus. C’est sûr que cette trêve arrive à un bon moment dans notre saison. On a beaucoup de gars qui ont des bobos que vous ne voyez pas mais qui continuent à jouer », révèle Bruce Richardson, qui espère aussi pouvoir de nouveau compter sur Bergeron qui poursuit sa convalescence après sa commotion cérébrale. Mais le repos sera aussi dans les têtes et notamment pour le technicien québécois qui ne cachait pas son bonheur de passer quelques jours auprès des siens, au Canada : « Même si ce n’est pas long, ça va faire du bien, ça va me donner un peu de gaz parce que je suis venu ici tout seul. Ma famille, ce sont les personnes les plus importantes. » Le coach des Gothiques a tenu à rappeler qu’il faisait ce métier par passion, qu’il ne considérait d’ailleurs pas comme du travail tant il s’y épanouit. Mais chaque passion pousse à réaliser des sacrifices souvent familiaux. Retrouver les siens sera donc l’occasion pour lui de penser à autre chose que du plan de jeu de son équipe ou aux réponses qu’il peut apporter aux questions des journalistes.

Enfin, cette trêve pourrait aussi permettre au club d’affiner ses recherches, voire de concrétiser une piste qui viendrait remplacer numériquement Gabriel Bernier, prochainement opéré du genou et out jusqu’à la fin de la saison. « On a déjà commencé le travail », rassure Bruce Richardson. « On veut juste s’assurer que le joueur qu’on va amener correspond à notre identité, qu’il va amener un rôle spécifique. On ne veut pas amener juste un gars, en mode ‘il est libre, on le prend’. Il faut trouver la bonne personne, mais on ne paniquera pas et on ne rushera pas les choses pour aller chez ce joueur-là », explique fermement le technicien amiénois qui a donc décrit un profil sans donner plus d’indications sur le futur arrivant. On sent malgré tout dans son discours une volonté affirmée de voir débarquer un nouveau nom d’ici deux semaines. Une chose est sûre, si elle ne fera pas avancer les Gothiques au classement, cette trêve internationale possède bien des enjeux en dehors de la glace et bien les négocier donnerait l’opportunité aux pensionnaires du Coliseum de reprendre sereinement la compétition, le 13 novembre.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr