Si la rencontre fut laborieuse sur bien des aspects, les Gothiques d’Amiens ont su profiter des quelques opportunités qui se sont offertes à eux et ont su, surtout, faire le dos rond quand il le fallait pour ne pas sombrer ou pour conserver leur avantage, chose qu’ils ne parvenaient pas à faire en début de saison.
« C’était un match en montagnes russes, il y a eu des hauts et des bas », voilà la première analyse de Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques, au sortir de la rencontre remportée face aux Diables de Briançon. Plus globalement, c’est une montagne russe géante que nous proposent les Amiénois en ce début de saison : après 6 défaites de rang en championnat, qui pouvaient laisser craindre le pire, les voilà sur une dynamique de 7 succès sur les 8 dernières sorties, leur permettant de figurer à la 8e place mais, surtout, de recoller aux équipes qui les précèdent au nombre de points puisque Chamonix, actuellement 4e, n’en possède que deux de plus. De leur côté, les Briançonnais restent englués à la 11e et avant-dernière place du classement.

Pourtant, ils avaient parfaitement bien débuté la rencontre, dominant les débats et concrétisant rapidement par une ouverture du score méritée : « Je n’ai pas aimé notre première période« , note le technicien québécois du club samarien. « Je trouvais que Briançon a compétitionné, a travaillé beaucoup plus fort que nous autres. On a donné beaucoup de surnombre, parce qu’on était peut-être trop excités, trop portés vers l’attaque. » Selon Mathieu Mony, élu MVP de la rencontre, cette entame en faveur des adversaires ne résulte pas que d’une meilleure tactique mais aussi d’une meilleure approche mentale : « Ils se sont bien présentés aussi. Ils avaient à cœur de revenir dans le classement, de prendre des points et de jouer contre nous assez durement, comme ils savaient le faire. Je pense qu’on a été un peu surpris et peut-être un peu trop de confiance au début. »

Mais après quelques minutes un peu difficiles au retour des vestiaires, les Picards ont refait surface et surtout leur retard, inscrivant deux buts rapidement pour filer au vestiaire devant au score. « Je trouve qu’en deuxième période, on s’est ressaisi. On a joué une très bonne deuxième période », juge Richardson. La troisième a été un mix des deux, symbolisant une rencontre très équilibrée mais dont le contenu a été relativement pauvre en cinq contre cinq, d’un côté comme de l’autre. « Ce n’était pas parfait », concède le coach canadien. « Mais au bout de la ligne, on a réussi à aller gagner ce match-là. On a réussi à trouver un moyen de gagner. On a fait du bon travail. » Selon lui, la différence s’est faite sur les unités spéciales : « On n’a rien donné en désavantage numérique. On a scoré sur le jeu de puissance. On gagne 1-0 la bataille des unités spéciales et on gagne la game 3-2. Quand tu gagnes la bataille des unités spéciales, normalement, tu gagnes le match. » Adage respecté ce vendredi soir.
Une confiance trouvée
Mais tout n’a pas été facile pour les Amiénois, loin de là. D’abord, ils concédaient le but du 2-2, un but un peu gag d’ailleurs, alors qu’ils étaient en supériorité numérique. Mais ils n’ont pas paniqué et ont vite repris l’avantage, une situation qu’ils peinaient à gérer il y a encore peu : « On a su rebondir quand ils ont égalisé à la fin du match. Dire qu’on n’a jamais douté, c’est mentir« , avoue le défenseur des Gothiques. « Mais on a essayé de trouver les ressources pour rebondir. En début de saison, on n’aurait peut-être pas pu, pas su rebondir. C’est une question de confiance. Il y a des affinités qui se sont créées aussi, je pense que ça aide. » Ensuite, ils ont parfaitement négocié cette courte avance d’un but, y compris lorsque Briançon a sorti son gardien pour apporter le surnombre. Là encore, une physionomie de match qu’ils n’avaient pas su maîtriser au mois de septembre : « On commence à apprendre à gagner ce genre de match. En début d’année, ici contre Nice, à Chamonix, ce sont des matchs qu’on a laissés échapper », se souvient amèrement Bruce Richardson. « C’est là que, comme entraîneur, tu es fier de tes gars parce qu’ils ont appris de ces erreurs-là. Ils sont capables de fermer ces matchs-là et de garder l’avance pour aller gagner. »
Comme joueur de hockey, tu as deux oreilles, deux yeux et une bouche. Il faut que tu écoutes et que tu regardes deux fois plus que tu parles.
Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques
C’est donc fort d’un succès acquis dans la douleur, mais acquis quand même, que la majorité des joueurs samariens vont aller se reposer, Schmitt, Mony et, dans une moindre mesure, Thirion, étant appelés avec l’équipe de France pour disputer la Coupe des Nations. Si le bilan comptable pur est contrasté avec 7 victoires et autant de défaites, la dynamique récente a montré que le club picard était sur la bonne voie et en progression constante : « Les gars ont les oreilles, les yeux. Je dis tout le temps, comme joueur de hockey, tu as deux oreilles, deux yeux et une bouche. Il faut que tu écoutes et que tu regardes deux fois plus que tu parles. Les joueurs, ils écoutent, ils veulent apprendre, ils veulent devenir meilleurs, ils veulent progresser », assure le coach québécois, qui va lui aussi profiter de ces deux semaines sans Ligue Magnus pour retourner au Canada afin de passer du temps avec sa famille. Un repos bien mérité après un premier tiers de saison effréné.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

