Les Gothiques d’Amiens ont résisté un tiers avant de complètement exploser lors de la deuxième période, laissant l’opportunité aux Boxers de Bordeaux de signer leur plus beau succès de la saison. Bruce Richardson, l’entraîneur samarien, a évoqué la fatigue pour expliquer la déroute des siens.
Qui aurait cru, après cinq succès de rang dont un contre Marseille et un 17-1 infligé à Dijon, que les Gothiques d’Amiens concéderaient leur plus lourd revers de ce début de saison ? Pas grand monde, et sûrement pas les principaux intéressés qui avaient débarqué en Gironde avec le plein de confiance et de motivation, en témoigne ce premier tiers débridé, presque un peu trop. Car en se projetant tout de suite trop vers l’avant, les Picards se faisaient surprendre d’entrée après une perte de palet sur la ligne centrale. Cela ne les décourageait pas et ils repartaient au combat, ce qu’a apprécié Bruce Richardson qui juge la première période excellente. Il regrette néanmoins le trop grand nombre d’occasions manquées, notamment lors de face-à-face : « On a eu beaucoup d’opportunités qu’on n’a pas réussi à saisir. On a eu trois échappées, on a eu des lancers, mais on n’a pas réussi à conclure. Si tu scores 2-3 buts en première période, ça te donne du gaz pour la deuxième période, ça aurait pu être 3-1 pour nous. De leur côté, ils ont eu les opportunités, ils les ont saisies. Je pense que ça s’est joué là. » Les Gothiques ne rentraient pas au vestiaire à 3-1 pour eux, mais bien à 2-1 en leur défaveur.
Une deuxième période complètement ratée
Mais avec ce seul but d’écart, ils pouvaient encore largement croire en la victoire. Pourtant, ils vivaient une deuxième période cauchemardesque sur tous les plans : 29 tirs concédés contre seulement 5 tentés, 4 buts encaissés pour aucun marqué et 5 pénalités concédées contre seulement une obtenue. « En deuxième période, on a été terribles, on a été affreux », concède le technicien québécois, qui trouve une explication à ces 20 minutes cataclysmiques : « Il nous a manqué de jus, il nous a manqué d’énergie. On ne compétitionnait pas, on perdait nos batailles. J’ai trouvé qu’on avait l’air fatigués, on perdait toutes nos courses pour les rondelles. Ce n’était pas notre identité. Quand tu fais ça contre une équipe du calibre de Bordeaux, c’est impossible de gagner un match. » Une fatigue qu’il justifie d’abord par le contexte dans lequel a eu lieu ce match. Les Samariens étaient revenus de Dijon vers 4h du matin puis étaient repartis dès 22h pour arriver à Bordeaux vendredi matin, pas l’idéal pour bien récupérer tandis que Bordeaux était « frais », ayant joué moins loin mercredi, à Toulouse, et ayant surtout le privilège de recevoir.
« On était indisciplinés, on a pris des punitions stupides. Les émotions ont pris le contrôle. »
Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques
Aussi, le scénario du match a pu engendrer cette situation selon le coach canadien : « La deuxième période, c’est une période difficile pour les deux équipes parce que le banc est éloigné. Si tu te fais pogner dans ta zone défensive, c’est dur de faire des changements. Tu es obligé de dégager la rondelle, tu es obligé de garder les mêmes joueurs sur la glace. L’équipe qui réussit à passer du temps en zone offensive, normalement, va réussir à sortir vainqueur de la période. » Et c’est exactement ce qu’ont fait les Bordelais, asphyxiant les Amiénois avec réussite et profitant d’une énorme baisse de régime physique peut-être due à un investissement trop important dans le premier tiers : « On a joué avec beaucoup d’énergie. J’ai eu l’impression qu’on a vidé la tank (épuisé nos ressources, ndlr) en première période. »

Résultat de cette fatigue importante, les Gothiques, souvent en retard dans leurs interventions, sont trop partis à la faute, laissant le luxe aux Boxers de réduire quelque peu l’excellent ratio en infériorité qu’avaient leurs adversaires avant ce match : « C’est sûr et certain que, quand tu passes 10 minutes sur 20 dans ta zone à défendre parce que tu es en désavantage numérique, ça n’aide pas. On était indisciplinés, on a pris des punitions stupides. Les émotions ont pris le contrôle. Et les autres, ils ont du talent sur le powerplay. Ils sont capables de faire des jeux quand même assez élevés », relève Bruce Richardson, conscient que rien n’a été dans le bon sens pour son équipe durant cette période. Pour ne rien arranger, c’est aussi dans le deuxième tiers que Justin Bergeron est sorti sur blessure après avoir pris un coup à la tête. L’un des patrons de la défense et un cadre de l’équipe qui a pu manquer au moment de résister et de faire le dos rond.
Vite passer à demain
En troisième période, les Picards se ressaisissaient mais restaient encore inférieurs à leurs opposants. Et, de toute façon, l’issue du match ne faisait déjà plus aucun doute. Il appartient maintenant aux Gothiques de tirer des leçons de cette grosse déconvenue : « Il n’y a jamais des matchs à oublier », assure le technicien québécois. « Ce sont tous des matchs constructifs sur lesquels on va apprendre. Il faut grandir, aller de l’avant et regarder ce qu’on a bien fait, ce qu’on n’a pas bien fait, pour essayer que ça ne se reproduise pas. » Dans l’idéal, dès ce dimanche, puisque les pensionnaires du Coliseum retrouveront leur patinoire pour tenter de prendre tout de suite leur revanche face à Bordeaux. Un deuxième round que manqueront Gabriel Bernier et Justin Bergeron : « Ça va nous faire mal, mais ça va donner l’opportunité à d’autres joueurs de saisir des occasions, de jouer dans un rôle différent. » Et peut-être, aussi, de faire oublier cette défaite que l’on qualifiera alors de simple accident de parcours.
Ligue Magnus, 12e journée :
Dimanche 25 octobre à 18h, au Coliseum : Amiens (9e, 12pts) – Bordeaux (7e, 17pts)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archives)

