HOCKEY SUR GLACE (Ligue Magnus) – Mathieu Mony : « On préfère gagner, même si c’est de la merde »

hockey sur glace (synerglace ligue magnus journée 5) : gothiques d’amiens v rapaces de gap
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Si, jusque-là, les points positifs prenaient le dessus sur la déception après chaque défaite, entraîneur et joueurs des Gothiques étaient particulièrement remontés après cette nouvelle déconvenue au Coliseum, face à une équipe de Gap à leur portée.

D’ordinaire si souriant et positif, Bruce Richardson apparaissait, pour la première fois depuis son arrivée à Amiens, très affecté par la nouvelle défaite de son équipe. En effet, les Gothiques ont concédé, ce dimanche, face aux Rapaces de Gap, leur cinquième défaite de la saison en autant de matchs depuis la reprise, une première dans l’histoire du club depuis 1982 et leur première saison en Nationale A, l’ancêtre de la Ligue Magnus, soit une éternité. « Forcément, ça fait mal, je pense que ça ne fait plaisir à personne », souffle Mathieu Mony. « On veut gagner tous les matchs, mais en l’occurrence, ce soir, on n’a peut-être pas fait assez de travail pour avoir une réussite. Peut-être qu’on veut faire le jeu parfait, peut-être qu’il nous faut plus de trafic devant la cage, peut-être qu’il faut être un peu plus individuel, à la finition du moins », analyse-t-il à chaud.

bannière cit dessaint 2026 votre partenaire textile multisport.gif 3

On joue un petit peu trop sexy. On n’a pas une équipe pour jouer sexy.

Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques

Un constat relayé par son entraîneur, révolté de remarquer que ses hommes ont tiré 47 fois pour ne marquer que deux buts : « En deuxième et troisième période, on était la meilleure équipe. On en scorerait les deux premiers matchs, là, on n’en score plus. On a des opportunités et on n’est pas capable de capitaliser. Quand on a des chances, souvent des bonnes chances, on manque le filet. On se met dans le pétrin comme ça. Après, tu forces des jeux, il arrive des revirements et tu te fais scorer. » Pire, malgré ce nombre très élevé d’occasions, il estime que ses hommes auraient pu davantage se montrer dangereux en faisant preuve d’individualisme, chose qu’il avait déjà déplorée après la rencontre face à Grenoble : « Quand tu ne scores pas, c’est peut-être parce que tu essaies de trouver le trou parfait. Il faut juste la mettre au filet pour créer des deuxièmes, des troisièmes chances. Des fois, on essaie de la mettre dans le coin parfait. On joue un petit peu trop sexy. On n’a pas une équipe pour jouer sexy.« 

hockey sur glace (synerglace ligue magnus journée 5) : gothiques d’amiens v rapaces de gap

Il y avait eu pourtant des bonnes choses lors des précédentes rencontres et la performance face aux Rapaces ne reflète pas le niveau que sont capables de produire les Amiénois. Mais dans tous les cas, le résultat est le même depuis deux semaines : « On a mieux joué contre Grenoble mais au final, on n’a pas la victoire. On préfère gagner, même si c’est de la merde (sic). Parce que bien jouer, c’est bien, mais la victoire, c’est mieux », résume crûment le défenseur picard. Face à un adversaire qui semblait à portée de fusil, la défaite est d’autant plus frustrante, surtout que Bruce Richardson estime le quatrième but gapençais injustement validé : « C’était évident qu’il n’était pas dedans. On le voit sur la vidéo. Il reste une minute et demie. La game passe de 3-2 à 4-2, ça fait une grosse différence, et il y a des points importants pour les deux équipes. C’est très décevant. »

Un périlleux déplacement à Rouen pour la suite

Il n’est jamais facile de se déplacer sur l’Île Lacroix pour y affronter les Dragons de Rouen et la situation actuelle du club samarien ne présage pas une victoire. Mais le technicien québécois ne veut pas entendre parler d’une quelconque supériorité de l’adversaire et le fait savoir avec véhémence : « On les a battus ici et on va les rebattre, ça devrait être une source de motivation supplémentaire. Quand les joueurs me parlent et que je les entends parler entre eux de Rouen, Grenoble, Bordeaux, je m’en fous. On l’a vu en play-off l’an dernier, on n’a pas peur de Rouen. » Mathieu Mony avait lui aussi déjà les yeux rivés sur le derby des Plaines et il pourrait, paradoxalement, débloquer l’engrenage amiénois : « Je pense que les matchs comme ça, il faut aller les chercher. Je pense que c’est le moment de montrer un peu d’émotion. »

Malgré cette période difficile, Bruce Richardson reste convaincu que son équipe peut réussir. Il n’est pas dans sa nature d’abandonner, aussi bien dans la vie que dans le sport : « Toute ma carrière, tout le monde m’a dit que je ne serais jamais un joueur de hockey. J’ai réussi à jouer plus de 1 000 games au niveau professionnel. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer à abandonner. On va trouver des solutions. On va continuer à travailler et essayer d’aller chercher la première victoire. » Et le temps commence à presser pour les Gothiques. Après 5 matchs, ils se retrouvent englués à la 11e place, juste devant Anglet et juste derrière Cergy, les deux autres équipes en difficulté en ce début de saison. Le chemin vers les play-offs est encore long et les concurrents sont encore rattrapables, mais il faudrait lancer la machine tôt ou tard. Briançon, actuellement 8e, a déjà « deux victoires d’avance ».

Ligue Magnus, 6e journée :
Mardi 29 septembre à 20h, Île Lacroix : Rouen (6e, 9pts) – Amiens (11e, 1pt)

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr