Parmi les représentants de la France à Guayaquil, la jeune licenciée de l’ASC Judo a atteint les 16ᵉ de finale ce vendredi 21 août.
Présente sur les tatamis en Équateur et épaulée par sa mère Ilana Korval, dirigeante du pôle espoir amiénois et ancienne internationale, la jeune Samarienne a remporté son premier combat face à une concurrente mexicaine. Cependant, elle s’est heurtée à la judokate ouzbèke lors du second tour, ce qui l’a empêchée d’accéder aux huitièmes de finale. « J’étais sans pression, j’étais plus excitée d’y être. J’étais contente, l’excitation, la grandeur de l’événement. Donc non, franchement, pas de pression », confie Luane, révélant une maturité étonnante pour une athlète de seulement 15 ans.
Arrivée trois jours avant son premier combat, elle a pu s’acclimater et préparer son corps ainsi que son esprit. « On a eu le temps de faire quelques séances, des petites prépas, dynamiques, tout ça. J’étais en forme. » Cette préparation a été essentielle pour affronter le décalage horaire et la pression d’une compétition internationale.
Pour Luane, l’objectif était clair dès le départ : « Quelqu’un de censé qui fait le championnat du monde dit qu’il veut gagner. Forcément ! C’était l’objectif numéro un. Après, je voulais être médaillée aussi. Et au pire des cas, être classée, et je n’ai pas réussi à le faire. » Malgré ce résultat, elle garde une vision positive et constructive de son expérience.

Elle tire aussi de précieux enseignements de ses adversaires et de l’ambiance unique du championnat. « J’ai appris plusieurs choses, dépendant des nations, des cultures. Il y en a qui étaient plus très très dures, par exemple les Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Kazakhstan. J’ai vu les Japonais aussi, ils étaient super cools, relâchés, mais c’était carré, ils allaient à fond. Franchement, chaque nation avait son ambiance de travail, sa détermination, j’ai retenu qu’il fallait juste s’amuser. » Concernant ses deux combats, Luane analyse avec lucidité ce qui a fait la différence : « Le premier combat, je pense que j’avais un petit peu plus de pression quand même que le second, mais que de la bonne pression, c’est tout ! Après, ce qui a changé pour le deuxième, c’est que quand je suis arrivée sur le tapis, j’étais en forme. Je me suis dit là, comparé à mon premier combat, tout va bien. Franchement, aujourd’hui c’est ma journée. » Toutefois, elle reconnaît aussi ses erreurs : « Je ne suis pas rentrée dedans directement comme j’ai l’habitude d’être : agressive, impactante, explosive. Je pense que c’est ça qui m’a pénalisé au début du combat. À la fin, je n’arrive pas à remonter. Elle avoue : « J’ai fait plein d’erreurs, des erreurs de débutant. Donc ça aussi, c’est à retravailler. »
Pour la suite, Luane reste ambitieuse et confiante : « On peut juste me souhaiter de l’amélioration. Je sais que l’année prochaine, ça va le faire. Avant ma première sélection d’une équipe de France, je n’avais jamais fait de compétition à l’international. C’était ma première sélection. C’est un bon début déjà quand même. C’est une marche en plus vers le haut niveau. C’est très bien. C’est déjà un bon départ ». À seulement 15 ans, Luane Dafreville incarne la promesse d’un avenir brillant dans le judo français, portée par une détermination sans faille et une soif d’apprendre qui ne fait que commencer.
Robin Accart
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

