Quelques jours avant la rentrée scolaire, le pôle Espoir des Hauts-de-France animait de nouveau les tatamis du dojo régional d’Amiens. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les meilleurs jeunes judokas de la région qui aspirent à faire carrière dans la discipline
S’il avait été plutôt peu animé durant l’été, le dojo régional d’Amiens retrouvait une certaine émulation, ce vendredi matin. Pour cause, il réunissait les pensionnaires des deux pôles espoirs régionaux, celui d’Amiens et de Tourcoing, pour une rentrée placée sous le signe de l’intensité. « Ils ont eu un programme d’été, donc ils ont une préparation physique obligatoire à faire tout l’été pour se préparer à la rentrée. Là, on jauge un petit peu où ils en sont physiquement pour qu’à partir de la semaine prochaine ça reparte », explique Ilana Korval, responsable du pôle espoir judo d’Amiens. Au programme, 2 à 4 heures d’entraînement par jour et une exigence maximale demandée aux jeunes judokas, âgés de 13 ans minimum. « Ils ne viennent pas ici pour faire du judo loisir », insiste Ilana Korval.
Cette année, ils seront 46 à fouler les tatamis au sein de la structure. Le pôle Espoir est une chance unique et une première porte d’entrée vers le sport de haut niveau. Le pôle Espoir est une première étape du parcours sport-études. Si l’athlète est performant, il file ensuite au pôle France avant de rejoindre un groupe national qui est un intermédiaire entre le groupe national et l’INSEP. « Quand ils rentrent, c’est pour avoir une carrière haut niveau. Cette année on sera 46, mais on n’aura pas 46 champions olympiques, malheureusement. Mais on aura peut-être un champion olympique, 20 profs et 20 podiums nationaux, 30 premières divisions donc qui resteront quand même dans le judo », précise la responsable du pôle espoir judo d’Amiens. « Souvent, quand ils sortent du pôle espoir, à 90% ils sortent en ceinture noire.«

Si l’objectif numéro un est sportif, cette dernière rappelle que le pôle Espoir reste un triple projet puisqu’il englobe aussi la scolarité et des formations type entraîneur ou arbitrage pour donner la possibilité à ses pensionnaires de se tourner vers d’autres études et/ou de rester dans le monde du judo même sans réaliser une grande carrière. Aussi, le pôle est ouvert à tous ceux qui possèdent un bon niveau, même à des seniors, parce que l’un de ses autres objectifs est de créer des centres régionaux pour ceux qui veulent rester faire leurs études ou qui n’ont pas un niveau pour accéder au très haut niveau. D’ailleurs, chaque année, une commission est organisée pour statuer du destin de ses judokas : certains arrivent, certains partent et d’autres restent. « Cette année on a eu 13 qui sont partis au Pôle France. Il y a une grosse majorité qui reste et on en a sorti peut-être 5 cette année. Ceux qui sortent retournent dans leur club et ils reprennent le judo de loisir », explique Ilana Korval.
Deux étudiants japonais venus enseigner leur judo.
Sur les tatamis, deux judokas se démarquaient en tenant en main un ustensile peu utile pour la pratique du judo. Ces étudiants japonais alternaient les exercices et les prises de notes sur ce qu’ils voyaient et entendaient. Kazuto est l’un d’entre eux et raconte l’objet de sa venue : « Je viens de l’université de Tokyo, au Japon. J’appartiens à l’équipe de judo de l’université. J’enseigne le judo à la mode japonaise en France depuis un mois. C’est ma première fois dans ce dojo, je suis arrivé hier. J’enseigne la technique et l’échauffement. » Un échange universitaire, comme un Erasmus étendu jusqu’en Asie, qui permet la transmission des méthodes et des savoir-faire entre les deux meilleures nations mondiales de judo. Kazuto a d’ailleurs remarqué une vraie différence dans l’approche de la pratique : « J’enseigne le judo de style japonais en France. À l’origine, le judo japonais n’est pas puissant. C’est un style de judo très doux. Le judo français a un judo très puissant. » Amiens n’est pas la dernière étape de son voyage. Sa prochaine destination devrait être Lyon. Sa présence dans la capitale samarienne est en tout cas un plus pour les prometteurs judokas des Hauts-de-France, qui pourraient s’imprégner de ces deux méthodes pour en faire un mélange victorieux.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

