ROLLER HOCKEY : L’entente Amiens-Lille, ex-North Squirrels, disparaît

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En difficulté la saison dernière sur le plan sportif et sujet à des problèmes d’effectif, l’entente Amiens-Lille, créée sous le nom de North Squirrels, ne figurera dans aucun championnat en septembre. La principale équipe féminine de roller hockey des Hauts-de-France a été dissoute au cours de l’été.

Les échos ne présageaient rien de bon, le forfait pour le dernier match de championnat et pour le barrage de maintien non plus, et c’est maintenant officiel : l’entente Amiens-Lille, anciennement North Squirrels, n’existera plus à partir de la saison prochaine. Paradoxalement, son projet avait pris de l’ampleur, il y a un an, lorsqu’elle obtenait sa promotion en Nationale 1, le plus haut échelon français. Initialement pas promu car simplement finaliste de Nationale 2, la fédération avait contacté le club pour un éventuel repêchage en raison du désistement de l’une des équipes engagées dans la division. Une réunion de deux heures entre le président, François Caron, récent démissionnaire, son comité et l’ensemble des joueuses s’était tenue pour dessiner les contours et les conditions à remplir en cas d’acceptation de la proposition : de l’engagement, de l’assiduité et du travail en échange de la mise en place de moyens tels qu’un entraîneur attitré, deux dirigeants dédiés ou encore des chauffeurs pour les mini-bus.

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Un manque d’implication selon François Caron

Mais très vite, le projet prenait du plomb dans l’aile, et pas seulement sur le plan des résultats en championnat : « On leur demandait juste d’être présentes aux entraînements et de travailler. Ça a bien marché le premier mois. Ensuite, on a commencé à avoir moins de monde. On a fini une saison, il n’y avait plus personne. Il y a eu un gros manque d’investissement des joueuses et un gros manque de motivation pour aller dans les déplacements à droite et à gauche », regrette François Caron, lassé. « La faute ne revient pas au club d’Amiens ni à celui de Lille. On a mis tout ce qu’il fallait en place, l’argent, le temps, mais on n’a pas eu le retour sur investissement.«  Un dénouement dommageable mais pas tellement surprenant, tant les contraintes étaient importantes pour les joueuses malgré les aménagements effectués. Certaines ont une vie de famille ou sont en train de la constituer, d’autres priorisent logiquement le hockey sur glace dans lequel elles brillent.

Je pense qu’on aura quand même marqué un petit peu les esprits.

Claudia Tison

Surtout, les North Squirrels étaient une entente, certes, mais pas une alliance entre deux communes voisines. Tout simplement la réunion de toutes les joueuses des Hauts-de-France et de Belgique. Il était donc compréhensible que certaines ne daignent pas venir à Amiens pour s’entraîner en pleine semaine de travail. Alors, peut se poser la question de l’ambition. A-t-on vu trop grand ? « On n’est jamais trop ambitieux, il faut rêver grand, maintient Claudia Tison, désormais ex-joueuse d’Amiens-Lille. Maintenant, il y a eu des couacs, et ces couacs-là, il faut que ça serve de leçon pour tout le monde, sinon ça n’aura servi à rien. J’espère que ça donnera quand même de l’espoir à la jeunesse féminine dans les Hauts-de-France, parce qu’il y a la possibilité de faire des choses. Je pense qu’on aura quand même marqué un petit peu les esprits. » La décision de monter en N1 a malgré tout été fatale. Le gap était trop élevé et trop peu de joueuses ont su s’investir de sorte à performer dans une division où elles n’auront finalement gagné aucun match : « On aurait dû monter avec une médaille d’or. Là, c’était légitime. On n’avait pas la bonne médaille, la bonne couleur autour du cou pour prétendre y aller« , conclut le bientôt ex-président amiénois.

De son côté, bien que déçue de la disparition de l’équipe dont elle était l’une des initiatrices et cheffe de file, Claudia Tison regarde avec nostalgie et fierté le parcours effectué avec ses coéquipières, souvent devenues ses amies : « Je pense qu’on aurait tous aimé une fin différente, mais il ne faut vraiment garder que le positif des North Squirrels, parce que c’était vraiment une belle aventure sur les trois années.«  Désormais, chacune empruntera un nouveau chemin et devrait rejoindre une structure qui correspond à ses aspirations, lesquelles seront peut-être moins exigeantes que celles de l’entente. « Tout le monde normalement devrait avoir un point de chute, une terre d’accueil qui convienne à chacune en fonction de ses objectifs, de ses envies et de ses possibilités, et ça c’est important. » Claudia Tison n’y fait pas exception. Fort de son expérience et d’un excellent niveau de jeu, la joueuse de l’équipe de France Masters sera de retour sur les terrains en septembre, peut-être même en Nationale 1.

Simon Vasseur
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archive)

Simon Vasseur
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archive)