Un peu partout ces derniers temps nous avons lu ou écouté que la boxe anglaise ne se portait pas très bien en France. Au niveau professionnel, à l’heure actuelle, il ne semble pas qu’un seul boxeur puisse vivre de son sport. À cela plusieurs raisons, la première étant que les combats, même les plus importants et attractifs, ne sont plus télévisés.
Il est loin le temps où Canal Plus retransmettait en direct les grandes soirées pugilistiques, et nous en profitons par ailleurs pour rendre un vibrant hommage à Jean-Claude Bouttier, hélas disparu, et à Charles Bietry, notre confrère qui lutte avec un courage extraordinaire contre la maladie de Charcot.
Plus de retransmissions télévisées et donc moins de sponsors. Autre regret : celui que les médias ne s’intéressent plus trop à la boxe amateur ou professionnelle. Pourtant le département de la Somme semble dynamique avec trois ou quatre clubs. Nous pensions toutefois avoir tout vu dans notre métier, mais ce que nous avons lu sur l’ancien Amiénois Daniel Blenda Dos Santos dépasse l’entendement. Ce garçon, nous l’avons bien connu à ses débuts pros à Amiens. Il a gravi les échelons, surtout à Pont-Sainte-Maxence, et il est devenu champion d’Europe des mi-lourds.
Malheureusement, et cela a tendance à se propager dans les milieux sportifs, et pas que dans la boxe, la santé surtout mentale de ce boxeur a été touchée et Daniel Blenda a dû dans un premier temps être dans l’incapacité de boxer et ne pas être en mesure de défendre son titre. Il a dû se soigner, ce qui a pris du temps. Mais voilà, quand Daniel Blenda a voulu reprendre sa carrière et surtout remonter sur le ring, il s’est heurté à une sorte de méfiance et même d’hostilité, ce qu’il a confié à notre confrère Vincent Desmaretz.
Alors, et c’est du jamais vu, n’est-ce pas Jérôme Fouache, Daniel Blenda Dos Santos a dû lui-même trouver un adversaire et surtout lui régler sa bourse. Vous imaginez : un boxeur professionnel sait avant même de monter sur le ring qu’il ne touchera rien et qu’il donnera même à son adversaire la somme de son contrat.
À partir de ce triste exemple, nous nous interrogeons une fois de plus sur l’avenir de la boxe anglaise en France. Elle est compromise, d’autant que dans le même temps se développent d’autres disciplines comme la MMA.
Lionel Herbet
Crédit photo : Kévin Devigne – Gazettesports.fr

