FOOTBALL – Coupes de la Somme : De la joie de Nesle à la frustration et même colère de Marchelepot

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D’abord, et c’est un constat réjouissant, le stade Delique à Abbeville a retrouvé, l’espace d’une journée, sa ferveur de jadis et de cette période dans les années 80 où l’équipe professionnelle damait le pion aux meilleurs de la D2, si bien qu’à cette époque, nous n’hésitions pas à affirmer que le stade Delique était un peu le Furiani picard. Ce dimanche, ce n’était pas un retour en arrière mais bel et bien une journée complète consacrée aux différentes Coupes de la Somme.

Une journée à laquelle les membres de la commission de la coupe, emmenés par leur président Pierre Lavalard, mais aussi d’autres membres du district habitués à remplir la mission de délégué, ont activement participé. Toutefois, la palme sera à adresser au SC Abbeville et au travail de la présidente et de l’entraîneur Christophe Wargnier. Tout a été réglé comme du papier à cigarette et rien n’a foiré au niveau de l’organisation car tout s’est joué quasiment sans interruption durant près de douze heures, avec exactement 1297 spectateurs, ce qui constitue quasiment un record.

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Quant à l’aspect purement sportif, tout n’a pas été parfait, mais ce qui s’est produit pendant et après le Challenge Jean-Pierre Demagny nous laisse sur notre faim. Cette finale opposait les Templiers d’Oisemont à Marchelepot qui, moins de 48 heures auparavant, avaient éliminé dans un match à rejouer le CA Montières (1-0). Avant le stade Delique, il s’était passé en un laps de temps très court des évènements jugés en commission de discipline puis d’appel, si bien que la commission de la coupe a dû maintenir cette finale alors qu’une équipe avait joué moins de 48 heures auparavant.

Si Marchelepot l’avait emporté contre les Templiers d’Oisemont, il n’y aurait pas eu les conséquences que nous avons regrettées. À savoir une équipe, un club et des supporters de ce petit village remontés contre l’arbitrage et les instances du football, et au final, un refus de venir chercher les médailles, ce qui est un précédent fâcheux. Marchelepot s’était créé plusieurs situations, mais ce sont les Templiers qui inscrivaient l’unique but de la rencontre à la 69ᵉ par Mael Dhailly alors que depuis la fin de la première période, Marchelepot évoluait à dix après l’expulsion de Gabin Potel à la 40ᵉ. 

Le gardien Jean-Charles Depoilly avait longtemps annihilé les attaques des Templiers qui ramenaient chez eux le challenge, mais avec la conscience que leurs adversaires du jour auraient mérité eux aussi de l’emporter. Juste après se disputait le Challenge du Crédit Agricole, qui fut indécis jusqu’au bout avec un score vierge : 0-0.  Il fallut en effet aller jusqu’aux tirs au but qui devaient permettre à Nesle de l’emporter (5-3) alors que depuis la 85ᵉ minute, le gardien Adrien Tondellier avait été expulsé pour une faute de main en dehors de la surface. Appelé à le remplacer, Geoffrey Merville, et sans échauffement, parvenait à sauver la face et à contribuer à la victoire de cette formation nesloise qui a ravi non seulement ses supporters mais aussi le maire qui avait spécialement effectué le déplacement.

Entraîneur mais aussi président du club de Nesle, Thomas Ansel ne cachait pas sa satisfaction au terme de cette rencontre haletante mais qui témoigne aussi d’une saison parfaitement aboutie : « L’expulsion de notre gardien a galvanisé toute l’équipe. Vendredi, j’avais annulé l’entraînement car il manquait des joueurs. Nous avons été solides dans l’épreuve des tirs au but que pourtant nous n’avions pas préparée. Après la fin de l’ère Carpentier, tout le monde nous avait enterrés, je félicite les joueurs pour cette victoire collective. »

Nul doute que le retour sur Nesle a dû être fêté comme il se doit. Enfin, enseignement de cette journée : les finales ont toutes été serrées puisque trois d’entre elles se sont terminées par une épreuve des tirs au but. Seul le match féminin a été à sens unique. Ce dimanche, six finales se sont déroulées, dont trois pour la catégorie des vétérans et une seule, et encore à 8, pour ce qui concerne les féminines.

Il est indispensable que dans les années à venir, les équipes à 11 puissent participer à cette belle fête du football départemental.

Lionel Herbet
Crédit photo : Lionnel Herbert – Gazettesports.fr

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.