Passés complètement à côté de leur deuxième tiers, les Gothiques d’Amiens ont vu le peu de leurs certitudes être balayé dans ce match face aux Jokers de Cergy-Pontoise, malgré une réaction d’orgueil en fin de partie (2-3). Une prestation pas rassurante avant le début des play-offs.
C’était la dernière sortie au Coliseum pour les Gothiques d’Amiens dans une phase régulière qui n’aura pas été de tout repos. Face aux Jokers de Cergy, non qualifiés pour les play-offs auxquels participeront les hommes de Kevin Bergin, les locaux devaient avoir envie de confirmer le mieux entrevu contre Marseille et contre Nice et de s’imposer pour la troisième fois consécutivement, chose qu’ils n’avaient réussi à faire qu’une seule fois cette saison, entre fin novembre et début décembre (ils avaient même gagné quatre fois d’affilée). Les cinq premières minutes sont à l’avantage des visiteurs, qui lancent trois fois à la cage sans que cela n’inquiète vraiment Fouquerel. Privés de palets, les Samariens devaient lancer depuis la bleue sur leurs rares possessions, insuffisantes pour ouvrir la marque. Ils se créaient un premier temps fort après sept minutes, lequel durait trois minutes avant qu’une contre-attaque cergyssoise ne soit proche de les punir.

La partie s’équilibrait et les Jokers se créaient la meilleure occasion depuis l’entame avec un shot en one-timer devant le slot que le gardien des Gothiques repoussait miraculeusement. Une grosse chance de marquer qui donnait du baume au cœur des Rouge et Blanc, lesquels reprenaient le momentum de ce premier tiers. En transition rapide, Maïa, en forme ces dernières semaines, se mettait en position de tir mais celui-ci était gelé par Richard, le portier francilien. Pardo l’imitait quelques secondes plus tard mais Fouquerel veillait au grain. Acculés dans leur zone durant ces derniers instants, les Gothiques passaient néanmoins tout près de scorer en contre. Gibert se jouait de deux défenseurs pour servir Beauchamp, lequel butait face à Richard. Dans la foulée, alors qu’il ne restait qu’une poignée de secondes à jouer, Fouquerel déviait une ultime occasion cergyssoise sur son poteau.
Des Gothiques pas dans le rythme… ou leur match
Et alors que l’on ronronnait gentiment des deux côtés dans ce début de deuxième période, Frisell Salomon, complètement collé à la bande, lançait fort en direction des cages et voyait son palet dévié du bout de la crosse par Macintyre (0-1, 23’02). La réaction amiénoise se faisait attendre puisque ce sont les Jokers qui continuaient à appuyer sur l’accélérateur. Après un joli mouvement collectif, Pardo était trouvé seul devant Fouquerel, qui remportait son duel avec l’attaquant. Juste après, Shalei se voyait aussi marquer mais axait trop son tir. Gibert était ensuite à la conclusion de la véritable première offensive locale de ce tiers mais, pourtant bien placé dans l’axe du but, il manquait le cadre, au contraire de Perrenoud qui obligeait encore le gardien français à s’employer. Éfréné depuis l’ouverture du score, le rythme de la partie s’abaissait de nouveau, Cergy confisquant le puck sans pour autant en faire grand-chose.

Mais c’est à l’écriture de ces mots que les Jokers faisaient de nouveau la différence, face à une défense amiénoise apathique sur cette action, Gustafsson n’étant pas particulièrement gêné au moment d’armer son tir à mi-distance (0-2, 32’11). Les pensionnaires du Coliseum éprouvaient toujours autant de mal à réagir, en témoigne leur zone défensive encore bien trop peuplée. Lavigne tentait de sonner la révolte en perçant l’arrière-garde francilienne, mais sa tentative solitaire était stoppée nette par Richard. Sur l’action qui suivait, palet en crosse, Cergy se promenait à nouveau devant les cages de Fouquerel qui, abandonné par sa défense, devait encore s’incliner sur un shot de Frisell Salomon (0-3, 34’36). Pour parachever un deuxième acte catastrophique, les Samariens écopaient d’une première pénalité, puis d’une seconde avant même la fin de l’infériorité. Ils résistaient durant 30 secondes à 3 contre 5 puis à 4 jusqu’à la fin du tiers. Mais le mal (et l’écart) étaient déjà faits.
Une réaction trop tardive
Les Gothiques pouvaient-ils remonter ce retard de trois buts ? Plagnat s’en donnait en tout cas les moyens en dribblant deux adversaires mais, en bout de course, ne parvenait pas à mettre de la puissance dans son shot. La première alerte cergyssoise était à mettre au crédit de Lee, qui forçait le portier picard à intervenir de la botte droite. Toujours dominateurs, les visiteurs récitaient leur partition dans ce match, au contraire des hommes de Kevin Bergin dont la prestation se résumait jusque-là à de fausses notes. Maladroits, ils perdaient le palet en zone offensive, octroyant à Philip une chevauchée solitaire qui finissait heureusement dans la mitaine de Fouquerel. Et alors que l’on se dirigeait vers une défaite sans rébellion, Bussat redonnait espoir aux siens, bien servi par Beauchamp depuis l’arrière de la cage (1-3, 47’45). S’ensuivait quelques instants d’euphorie, calmés avec lucidité par les Jokers.

Une lucidité que les Gothiques n’avaient décidément pas ce vendredi soir, même pour les changements de ligne, puisqu’un surnombre était sifflé par le corps arbitral. Durant leur « sous-nombre » qui en découlait, les pensionnaires du Coliseum se montraient enfin solidaires, à l’image de Lavigne qui donnait de son corps pour repousser un palet alors que Fouquerel avait été décalé de ses cages par un précédent tir. Mieux dans ce dernier, les Gothiques ne parvenaient cependant pas à asphyxier leurs adversaires en égalité numérique. Alors, peut-être que leur première supériorité, à moins de quatre minutes du terme, allait les y aider. Et après un petit cafouillage aux abords du slot, ils parvenaient effectivement à inscrire ce petit but, histoire de semer le doute dans les têtes franciliennes, lequel était signé Lavigne (2-3, 57’41). Dès lors, Fouquerel sortait de ses cages afin de prolonger cette supériorité qui avait porté ses fruits. Mais celle-ci ne permettait pas d’égaliser, les Gothiques achevaient la saison régulière sur un revers peu rassurant.
Ligue Magnus, 44e journée :
Amiens – Cergy-Pontoise : 2-3 (0-0)(0-3)(2-0)
Buts pour Amiens : Matéo Bussat (1-3, 47’45) assist d’Anthony Beauchamp & Zachary Lavigne, Zachary Lavigne (2-3, 57’41) assist de Janis Svanenbergs & Bastien Maïa (SN)
Buts pour Cergy-Pontoise : Bobby Thomas Macintyre (0-1, 23’02) assist de Johan Jesper Frisell Salomon & Vincent Melin, Oscar Gustafsson (0-2, 32’11), Johan Jesper Frisell Salomon (0-3, 34’36) assist de Benjamin David Sokay
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

