FORCE ATHLÉTIQUE – Clara Peyraud : « Le bien-être, ça ne passe pas que par le corps, c’est aussi dans la tête »

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Le 13 octobre dernier, Clara Peyraud devenait ambassadrice sportive de la Somme lors de la soirée de signature des conventions. Engagée sur le sujet de la santé mentale et contre les clichés autour des femmes dans les sports de force, celle qui a pour vocation la transmission a déjà tout pour être une parfaite émissaire.

Parmi les nouveaux visages des ambassadeurs sportifs samariens, celui de Clara Peyraud détonne forcément : sa discipline, la force athlétique, souvent confondue avec l’haltérophilie, n’est pas le sport le plus populaire. Avec un fonctionnement similaire lors des compétitions, la force athlétique se distingue par la spécificité des mouvements : le squat, le développé couché et le soulevé de terre. La néo-Amiénoise piquait donc la curiosité des personnes présentes lors de la soirée de présentation de la promotion 2026-2027, le 13 octobre dernier, et qui n’avaient sûrement pas lu le portrait de cette « championne à la force tranquille ». Elle travaille comme auto-entrepreneuse dans la communication pour avoir un planning en accord avec ses entraînements, car elle ne peut pas vivre de son sport. Les aides financières du Département sont donc évidemment un plus pour elle, sans être pour autant la raison principale de son engagement.

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Et il est bien question d’engagement quand on parle de Clara Peyraud, à l’image de cette nouvelle génération de sportifs engagés pour briser les tabous, notamment autour de la santé mentale. “Il y a encore du boulot chez le grand public, mais je pense que ça va bouger dans le bon sens. On en parle de plus en plus chez les sportifs de haut niveau, parce qu’on a une pression constante, etc. Là, je trouve qu’il y a eu un gros tournant avec les Jeux olympiques. Il y a Léon Marchand, qui a été un des premiers à parler de préparation mentale, à dire des phrases du style : ‘Que je gagne ou que je perde, ça ne changera rien à ma vie.’ […] Le bien-être, ça ne passe pas que par le corps, c’est aussi dans la tête”, témoignait-elle après la signature de sa convention pour la saison.

Elle n’a d’ailleurs pas perdu de temps dans son nouveau rôle, puisqu’elle était présente deux jours plus tard à une conférence à la Maison des sports, aux côtés du lanceur de marteau Jean-Baptiste Bruxelle et de la spécialiste des courses de longue distance Louise-Marie Thévenin-Lebran, pour aborder la préparation mentale des athlètes de haut niveau. “C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je suis suivie en prépa mentale depuis 2022, révélait-elle. Et ça a été un changement de dingue, aussi bien sur le plan sportif que personnel.”

« Il faut montrer qu’on peut être féminine et faire un sport de force »

Clara Peyraud

À la santé mentale se lie la santé physique, et Clara Peyraud souhaite transmettre cette envie de faire du sport aux plus jeunes lors des visites scolaires prévues tout au long de l’année, et, par la même occasion, faire découvrir sa discipline méconnue. “Le sport m’apporte tellement dans le quotidien, […] j’ai envie que les jeunes comprennent ce message-là et qu’ils bougent à leur échelle, que ce soit une ou quinze heures par semaine, c’est pas grave. Mais juste qu’ils prennent conscience de leur corps et qu’ils pensent à leur santé”, ajoutait la sportive. Elle qui n’a pas peur du grand public, grâce à ses interventions passées dans son ancien poste au Département de l’Isère, trépignait d’impatience à l’idée de retourner sur le terrain.

Son expérience lui a aussi permis d’observer les différents regards et préjugés autour de la morphologie féminine, chez les adultes comme chez les enfants, pour un sport “un peu masculin” pratiqué par une femme. “Il n’y a pas de sport de fille, il n’y a pas de sport de garçon. Surtout quand on fait un sport de musculation, il y a tout de suite des clichés. Il faut montrer qu’on peut être féminine et faire un sport de force. Je parle pour mon cas, mais je pense aussi notamment aux rugbywomen, qui sont ultra-touchées par cette problématique-là. Moi, j’ai eu la chance, quand j’étais à Grenoble, de faire une enquête sociologique sur ce sujet-là dans le cadre de mes études. Je sais ce qu’il se passe, je sais ce qu’on ressent”, confiait Clara Peyraud.

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Clara Peyraud (à gauche sur la photo) aux côtés d’Adèle Gay durant la soirée des ambassadeurs

Habituée à travailler depuis chez elle, la néo-Amiénoise va pouvoir, grâce à ce rôle d’ambassadrice, bouger et rencontrer plus de monde, notamment ses collègues de la promotion, qu’elle sera amenée à revoir lors des activités et autres événements. “Là où je suis contente, c’est que je viens d’arriver dans la région. Rien que pour aujourd’hui, on s’est donné rendez-vous beaucoup plus tôt dans l’après-midi pour avoir un temps d’échange, qu’on nous présente le dispositif vraiment en détail et qu’on se rencontre un peu entre nous, expliquait la Samarienne. Donc, on a un petit groupe, tout le monde n’était pas là, mais le but est quand même de créer des relations. Parce que, mine de rien, on a tous un point commun : le sport, à plus ou moins haut niveau.” Une sélection d’âges et de profils différents qui peut inspirer Clara, qui compte bien se découvrir des atomes crochus avec les autres ambassadeurs “petit à petit”.

L’athlète n’en oublie pas pour autant ses objectifs sportifs en pleine fin de saison (la force athlétique se déroulant sur une année civile), avec les championnats de France en décembre, qui lui permettront de se qualifier pour la saison internationale de l’an prochain, laquelle débutera par les championnats d’Europe en mars. Présente depuis 2019 au sein de l’équipe de France, Clara Peyraud n’a jamais raté une saison internationale et compte bien faire de même en 2027, avec cette fois-ci les couleurs samariennes à faire briller en plus du drapeau tricolore.

Thomas Jourdan
Crédit photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr (archives)