Hier, les élèves issus des classes sports-études de Thuillier, Branly et Gand se réunissaient à partir de 10h15 afin de participer à la dictée d’Ela, dans le cadre du dispositif de la semaine d’Ela d’Octobre Rose. À l’occasion, l’arbitre internationale Clothilde Brassart était présente, marraine 2026.
Ils étaient en tout une centaine cinquante à s’asseoir sur les bancs de l’amphithéâtre d’Édouard Gand afin de participer à cette dictée sportive concoctée par Laurent Mauvigner, intitulée « Je vais courir ». Une dictée pleine de sens appelant à la collectivité d’un mouvement face à la maladie, des valeurs très proches de ce que peut défendre l’association ELA en somme. Bruno Fagnoni, directeur et responsable pédagogique et technique du PEFA à la cité scolaire d’Amiens, revenait sur l’importance d’un tel événement, qui rentre aussi dans le cahier des charges Jeunesse 2030 : « L’idée, c’est pas qu’au bout de dix minutes, vous souffriez, que vous soyez souriants, que la qualité. C’est de passer un bon moment. Et d’appeler la solidarité. Ça veut dire que pendant une heure, une heure et quart, la dictée, les échanges avec Clothilde (Brassart) que je viens de présenter se passent naturellement. Là, on n’est pas à l’école, vous n’êtes pas en classe, on est sur un bon moment à partager. C’est pas des étudiants dans un amphithéâtre qui écoutent des gens parler. Le bout, le défi, c’est d’être vraiment connectés, concentrés. » Une intervention qui fait sens, pouvant servir d’apprentissage sportif et aussi citoyen, jusqu’à la notion de besoins collectifs ou des valeurs que l’on retrouve dans le sport, et en particulier dans les sports collectifs.
Un temps d’échange précieux
Après une dictée prononcée avec justesse par la marraine de l’édition 2026, Clothilde Brassart, un temps d’échange était proposé avec les élèves qui n’étaient pas à plaindre pour participer. Sortant fraichement de la rencontre amicale Japon – Haïti au stade du Red Star, elle revenait sur son parcours, là où tout a commencé pour elle « Il y a 20 ans, à 14 ans. Il y a 20 ans, je jouais et je ne voulais pas jouer avec les filles. De toute façon, il n’y avait pas beaucoup d’équipes avant. Et du coup, pour rester dans le foot, pour rester chez les garçons notamment, je suis devenue arbitre. Finalement, il y a une équipe de filles qui s’est créée. Donc j’ai continué à jouer et à arbitrer pendant 5 ans. Je m’épanouis beaucoup plus dans l’arbitrage. Et aujourd’hui, j’ai la chance de vivre du football. » Elle, qui peut servir de modèle à cette jeunesse puisque le football la fait vivre, dénonce tout de même les discriminations sexistes qu’elle a pu subir, dans un sport qui conserve tout de même une mentalité patriarcale : « La première remarque, ce n’était jamais de chez les joueurs. Les joueurs sont souvent très respectueux. Il n’y a aucun souci. Par contre, les supporters, j’ai eu le droit, pas très très loin d’ici, à ‘retourne faire ton tricot’. Sauf qu’il enchaînait avec ‘une femme, ça n’a rien à faire sur un terrain’. Et là, j’ai dit non. » Fort heureusement, la fédération et la Ligue deviennent de plus en plus intransigeantes avec ce genre de comportements, donnant la possibilité même au corps arbitral d’arrêter une rencontre pour propos sexistes, et ce depuis deux ans.
Elle qui a arbitré les deux sections du football, le côté féminin et masculin à un haut niveau, elle reconnait la différence d’approche à adopter face au genre, « parce qu’on a ce côté, justement, féminin, les garçons vont avoir peut-être un petit peu plus de retenue. Et puis, ça passe beaucoup mieux quand tu les regardes avec un grand sourire en disant : ‘Désolée, peut-être que je me suis trompée sur la touche.’ quand t’es une femme, que quand t’es un garçon. »
Arbitres ou lycéens, les notations restent
Tout comme son audience, Clothilde Brassart est notée lorsqu’elle arbitre un match, elle en profitait aussi pour rappeler ce système de notation aux lycéens pressentis à une carrière dans le corps arbitral. « On part d’une note qui est 8,4. Et à chaque petite erreur, on perd 0,1. À chaque grosse erreur, on perd 0,5. Donc en tant qu’assistante, si jamais je lève hors-jeu alors qu’il n’y a plus de derrière et qu’il n’y a même pas hors-jeu, je sais dans ma tête, puisque maintenant on a la VAR, que je vais prendre 7,9. Et si jamais je fais d’autres petites choses, parce que malheureusement, un match, ça ne se joue pas sur une décision, je peux encore descendre cette note. On est donc classés à la fin de la saison en groupe A ou B, groupe C », précise l’arbitre samarienne, qui en dehors de cela a également des missions avec des visites de clubs et dans les écoles, comme c’est le cas ce jour-ci.
En somme, ce fut un événement rempli de richesse littéraire et sportive dans le cadre d’une semaine remplie d’interventions, comme c’est le cas aujourd’hui avec la course à pied lycéenne : Mets tes baskets et bats la maladie où l’arbitre Ruddy Buquet donnait le départ, un arbitre modèle pour Clothilde Brassart grâce à sa longévité, qu’elle espère bien égaler.
Noa Lambert
Crédit photo : Noa Lambert – Gazettesports.fr

