Qui mieux que Philippe Ermenault pouvait donner, lundi dernier, le départ de la course du Château Fort de Picquigny ? Départ donné depuis la place de la gare SNCF avec plus de 200 concurrents.
Le champion olympique de la poursuite par équipes à Atlanta en 1996 faisait coup double : répondre dans un premier temps à l’invitation des organisateurs mais aussi encourager sa conjointe qui est par ailleurs très proche de la nouvelle présidente du Running Club de Picquigny.
On le sait, Philippe Ermenault sera l’invité d’honneur de la municipalité de Picquigny qui va célébrer avec faste le 30ᵉ anniversaire de la médaille d’or de l’enfant du pays. Cette cérémonie aura lieu le dimanche 26 juillet dès 10 heures dans la grande salle de la base nautique de Picquigny. De même que la famille et notamment la maman de Philippe sera à l’honneur, tant il est vrai que le parcours de ce champion est tout à fait singulier, car autour de lui il n’y avait aucun sportif.
Philippe, 30 ans après, que gardez-vous en mémoire ?
C’est vrai que 30 ans après, je pense toujours à Atlanta et c’est dans ma mémoire même si le temps ne fait rien à l’affaire. J’ai toujours en tête les émotions que nous avons eues après la médaille d’argent mais surtout la médaille d’or. C’est vrai qu’après ma médaille d’argent après la poursuite individuelle, je n’ai pas eu le temps de trop penser car débutait le tournoi par équipes. Quant au matériel de l’Italien Collinelli, je savais que j’étais défavorisé, mais je pense que j’ai surtout été victime du règlement qui m’a été défavorable.
Il y a bien sûr cette médaille d’or, mais dans la foulée vous recevez aussi la Légion d’honneur.
Une médaille olympique, c’est vraiment le summum pour un sportif, mais je n’oublie pas aussi la Légion d’honneur que j’ai reçue avec mes équipiers à l’Élysée des mains de Monsieur Chirac. Avoir la Légion d’honneur, c’est un souvenir qui est gravé dans un coin de ma tête.
Dans les années qui ont suivi, vous avez vécu à Dreuil, Pont de Metz et tout le monde revendiquait alors un peu votre notoriété…
C’est vrai que tout le monde se battait pour qu’ils aient un peu de Philippe Ermenault, mais je suis né à Flixecourt et j’ai grandi à Picquigny. Picquigny sera toujours dans mon coeur.
Depuis 1996, le visage de Picquigny s’est modifié ?
Entre 1996 et aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais ce sera un plaisir de revoir les gens qui étaient présents lors de cette réception, mais aussi les personnes qui n’habitaient pas Picquigny à cette époque. Ce sera un plaisir de partager et de faire de belles rencontres. »
Vous avez eu ce mérite de ne jamais oublier votre vie professionnelle, ce qui explique que vous n’avez jamais voulu franchir le Rubicon en tant que cycliste ?
J’ai eu cette chance d’avoir pu cumuler ma vie sportive et la vie professionnelle grâce à l’EGF EDF devenu ENEDIS. Cette société m’a permis d’avoir un contrat alors que j’étais en pleine activité sportive. Aujourd’hui je suis toujours salarié et cela me permettra d’avoir une retraite correcte.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

