BREAKDANCE : Une journée intense et festive ce samedi, place Gambetta

Breakdance_Urban-place-to-be_Juin-2026_Gazettesports_Daubenton_Eva-19
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Malgré un temps changeant, le public était au rendez-vous ce samedi 6 juin pour l’édition 2026 de l’Urban Place to Be, un événement qui a rassemblé breakeur(se)s de tous niveaux, dans une ambiance électrique.

Les basses résonnaient fort, attirant un public nombreux et curieux. Malgré quelques précipitations, la pluie n’a pas entamé la détermination des danseurs ni l’enthousiasme des spectateurs. Hayat Matboua, adjointe à l’enfance, à la jeunesse et aux droits aux vacances, présente pour l’occasion, restait surprise : « Ces danseurs sont comme des élastiques, ils font des trucs de dingue avec leur corps, c’est une vraie compétence sportive. »

bannière cit dessaint 2026 votre partenaire textile multisport.gif 3

Des battles internationales et un niveau d’exception

L’événement a vu s’affronter des crews venus de Chine, de Belgique et de toute la France, dans des battles 5 contre 5 mais aussi des performances individuelles où la technique et la créativité étaient à l’honneur. Pour Kamil Bousselham, chorégraphe et organisateur, « c’était la meilleure édition ! On a fait monter la gamme, c’était international. » Le jury, composé d’experts, a dû trancher après chaque danse, désignant les plus méritants dans des confrontations souvent très serrées. Ici, comme Kamil l’évoque, « la taille ou l’âge ne comptent pas, c’est toi et tes armes qui font la différence. Capri Sun, un petit gabarit, a prouvé qu’on peut gagner contre des plus grands. »

Breakdance_Urban-place-to-be_Juin-2026_Gazettesports_Daubenton_Eva
Kamil Bousselham, chorégraphe et organisateur de l’événement (à gauche) au coté de Bouba Colorz, membre du jury (à droite).

Inclusion, diversité et fair-play

Soutenu par le service jeunesse d’Amiens Métropole, l’événement prône des valeurs fortes d’inclusion, de diversité, de partage et de fair-play. Le speaker Malik rappelait souvent l’importance de célébrer les « enfants de la ville » quand un danseur amiénois entrait en scène, créant une ambiance chaleureuse et fédératrice. Les battles ont été animés par des sons variés : rap, trap, musique électronique, avec même des influences hispanophones et classiques. Ce mélange musical a permis aux crews d’enchaîner figures impressionnantes, entre Toprock (pas de danse que l’on fait en position debout), Footwork cat (jeu de jambes pendant les chorégraphies) et Freeze (mouvement qui consiste à rester en équilibre et à se figer pendant quelques secondes) avec des rythmes alternant rapidité et lenteur pour captiver le public. Les enchaînements alternent entre passages très rapides et séquences plus posées, ce qui varie le tempo et maintient la tension. Les jeux de regard, les provocations et la mise en scène font aussi partie du spectacle : ils poussent les adversaires à se surpasser et galvanisent le public.

Bouba Colorz, membre du jury, partage son ressenti :
« Le public était cultivé, il connaissait les musiques. Le niveau était très élevé, surtout avec cette finale Melting Force-Chine. Les Chinois s’entraînent 5 à 6 heures par jour, c’est une vraie culture. Les Français ont plus d’expérience, mais les jeunes Chinois sont redoutables. »

  • Breakdance_Urban-place-to-be_Juin-2026_Gazettesports_Daubenton_Eva-28
    CapriSun , jeune breakeur
  • Breakdance_Urban-place-to-be_Juin-2026_Gazettesports_Daubenton_Eva-31
    Syssy, breakeuse du groupe Melting Force, ayant participée au JO de Paris 2024

Une championne olympique au cœur de la victoire : Syssy

Parmi les figures marquantes de cette édition, Syssy, danseuse du crew Saint-Étienne Melting Force et participante des JO de Paris, présente avec son groupe Melting Force, elle raconte : « Ça s’est super bien passé, on a remporté ce battle aujourd’hui, ça fait la deuxième fois qu’on gagne avec mon équipe. »

Malgré un long trajet en train, l’équipe est arrivée prête à en découdre face à des adversaires redoutables, notamment les jeunes danseurs chinois en finale. Syssy souligne : « C’est une fausse idée de se dire que parce qu’on est petit, on va perdre. Dans le break, il n’y a pas d’âge, ce qui importe c’est le niveau. » Elle attribue la victoire à l’expérience et à la cohésion de son crew : « On a joué en combinaison, on danse ensemble depuis très longtemps. Les transitions étaient plus intéressantes, avec beaucoup d’échanges et de connexions. »

L’événement de samedi a d’ailleurs sans doute mis le feu aux pieds de Kamil, qui s’est brillamment qualifié pour le Top 16 France de Breakdance. De plus, il a remporté la victoire aux Hauts-de-France Break Dance. Nous lui souhaitons le meilleur pour la finale du championnat de France, qui aura lieu le 20 juin 2026.

Robin Accart

Interviews : Leandre Leber

Crédit photo : Eva Daubenton – Gazettesports.fr