BOXE – Sabri Sediri : « Boxer à l’extérieur ? J’ai l’habitude »

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Sacré champion de France des poids légers le 12 mars, Sabri Sediri nage toujours en plein bonheur. Mais l’Amiénois doit déjà remettre en jeu son titre. Les enchères sont prévues ce mercredi. Réaliste, le boxeur de 28 ans s’est résigné à défendre sa ceinture à l’extérieur.

Sabri Sediri avait triomphé sur les terres de son adversaire, Sylvain Chapelle, le 12 mars dernier, dans l’Hérault. Une victoire incontestable, aux points, au terme de dix rounds pleins. Une performance que l’Amiénois devra réitérer dans peu de temps face à Mehdi Sellami, de Fontenay-sous-Bois, pour la défense de son titre. Car selon toute vraisemblance, c’est une nouvelle fois en position de visiteur que le pensionnaire d’Amiens Boxe Ambitions devra combattre. Le Picard a jusqu’au 7 juillet pour remettre en jeu son titre, les enchères sont prévues ce mercredi 11 mai.

« On va proposer quelque chose, mais en face ils vont mettre le paquet pour gagner » déplorait le pugiliste de 28 ans. Les moyens du club amiénois semblent donc insuffisants pour rivaliser avec son homologue de Fontenay-sous-Bois. Résigné, Sabri Sediri aurait « bien aimé l’organiser ici, pour les gens qui me soutiennent ».

Je suis juste dégoûté parce que je sais que je devrai faire deux fois plus que mon adversaire pour gagner

Sabri Sediri

Mais loin d’être abattu, ce « pur Amiénois » préfère se servir de cette adversité pour en tirer sa motivation. « Boxer à l’extérieur ? J’ai l’habitude, je suis juste dégoûté parce que je sais que je devrai faire deux fois plus que mon adversaire pour gagner. Ça me donne de la détermination pour leur montrer que je n’ai pas besoin d’eux, ma vie c’est un combat. Avec ou sans vous, je vais tout arracher. »

D’autant que depuis sa victoire, le protégé de Bouziane Oudji rayonne. Le Picard a enchaîné les sollicitations pour présenter sa ceinture. Preuve s’il en est de la valeur que revêt ce titre qui échappait depuis 21 ans à la capitale picarde. « Je n’ai jamais vu mon téléphone autant sonner de ma vie. Tout le monde m’appelait, me félicitait, ça fait plaisir ! » sourit Sabri Sediri.

Après un peu de repos, le boxeur a repris l’entraînement de plus belle le 2 mai… dans le studio de danse du gymnase Vallerey où nous l’avions laissé avec Yvan Mendy pour sa dernière mise de gants avant d’aller défier Sylvain Chapelle. « On est un club mais on n’a pas de salle. Je suis sportif de haut niveau, je boxe depuis mes 6 ans. Heureusement que Bouziane me motive, sinon je n’ai pas l’envie, je n’ai même pas de ring, pas de sac… Je bricole à droite à gauche. »

La reconnaissance acquise grâce à son titre de champion de France n’a en effet pas changé son quotidien de sportif. Mais Sabri Sediri passe outre ces désagréments et se dit « plus heureux aujourd’hui », conscient qu’on le « respecte un peu plus ». Lui qui avait connu une véritable descente aux enfers après sa défaite face Jaouad Belmehdi le 27 février 2021, ne compte pas redescendre de sitôt de son nuage. « Cette victoire, c’est une revanche, beaucoup de gens n’ont pas cru en moi, j’en ai fait une force, c’est grâce à ça que je suis remotivé pour leur montrer que rien n’est jamais fini et qu’il faut toujours croire en soi. Je savais que j’avais les qualités pour ramener une ceinture et j’en ramènerai d’autres. »


Julien Benesteau
Crédit photos : Kevin Devigne et Léandre Leber – Gazette Sports