HOCKEY SUR GLACE – Jean-Baptiste Ripoll : « L’image du club viendra principalement par les résultats »

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Nouveau président du Hockey Club Amiens Somme, Jean-Baptiste Ripoll s’est entretenu avec nous sur les problématiques, l’avenir et l’image du club.

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

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Je m’appelle Jean-Baptiste Ripoll, j’ai 41 ans. Le hockey c’est quasiment toute ma vie, j’ai commencé quand j’avais quatre ans, j’ai fait mon hockey mineur à Clermont-Ferrand, en Auvergne puis les études supérieures m’ont amené à arrêter en U20. Je suis venu sur Amiens en 2004 pour mon premier emploi et j’en ai profité pour reprendre le hockey en Nationale 4 / Trophée fédéral loisir.

En tant que nouveau président du HCAS, pouvez-vous nous expliquer ce rôle ?

Un président, c’est pour moi un rôle d’assembleur d’une association. Aujourd’hui nous avons des salariés et de nombreux bénévoles sur qui on peut compter. Piloter, assembler afin d’avancer dans la même direction.

Quels sont les projets pour le HCAS ?

L’objectif est très clair, c’est de retrouver notre place au niveau national, avec un club formateur reconnu, et des titres pour les catégories U15 et U17. Ce n’est plus le cas depuis quelques années. Il y a de plus en plus de clubs qui montent des structures sport étude et la concurrence est rude. De grosses structures se développent et on veut retrouver une place dans le haut du panier : avoir un centre de formation reconnu et que l’on attire des jeunes que l’on puisse former afin d’intégrer le haut niveau.
Très récemment on a un certain nombre d’enfants qui ont été sélectionnés pour représenter Amiens au tournoi Jeunes Talents dans les Alpes, au sein d’une sélection Hauts-de-France/Normandie. On doit continuer dans ce sens avec les PND (Plan National de Détection). D’un point de vue fonctionnement interne, depuis que j’ai pris la présidence, on a mis un certain nombre de commissions en place : sportive, tournoi, communication, événementielle… 

Il y a aussi une part importante liée à la communication ?

Sur la partie communication on s’est doté d’une alternante en community management, Victoire Moyon, pour une année. On travaille sur un projet global avec une remise de fond de notre site internet, de la page Facebook et la page Instagram. On trouve important d’avoir cet aspect de visibilité externe pour faire venir les gens. Il y a aussi la visibilité interne pour communiquer auprès de nos adhérents, des parents et des licenciés pour les tenir au courant de ce que l’ont fait. Ça passe aussi par exemple par une fête de Noël le 16 décembre pour accueillir enfants et parents.

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Jean-Baptiste Ripoll, nouveau président du HCAS

Qu’est-ce que vous pensez de ce début de saison ?

Il faut préciser qu’on sort d’une année compliquée avec le COVID. Il faut différencier deux catégories : des U7 jusqu’aux U11, qui n’ont pas eu d’accès à la glace pendant quasiment sept mois. Pour eux il y a un gros travail pour retrouver la glisse, retrouver les sensations qui vont bien et rattraper le retard qui a été accumulé. Il y a un gros travail de remise à niveau. La deuxième catégorie c’est à partir des U13, notamment le pôle, pour qui on avait eu des dérogations de la part du ministère des sports qui nous permettait de maintenir les créneaux d’entrainements, mais pas les matchs. Ces catégories-là ont eu la chance de pouvoir continuer à s’entraîner. Cette année c’était la reprise des championnats pour toutes nos catégories, l’occasion de se remettre dans le bain du championnat et notamment de voir où nous en sommes après cette période compliquée.

On sait tous qu’au niveau sportif, tout le monde ne pourra pas avoir la chance de devenir pro.

Comment faire évoluer les jeunes du HCAS ?

On a essayé depuis quelques années de mettre une bonne structure pour accompagner les enfants, avec de la découverte hockey sur les petites catégories. Après on a travaillé sur la partie pôle, notamment à partir de la sixième, avec un partenariat auprès du collège et du lycée de la Sainte-Famille. Il y a des classes adaptées où la partie scolaire et la partie sportive doivent être mises sur le même plan. Le but c’est d’amener au plus haut niveau les enfants, que ce soit scolairement ou sportivement parlant. On sait tous qu’au niveau sportif, tout le monde ne pourra pas avoir la chance de devenir pro. Donc il ne faut pas négliger la partie scolaire.

Quels ont été les changements pour le HCAS depuis que les U20 ont rejoint l’AHE ?

Le changement principal est que les U20 sont maintenant considérés comme un centre de formation professionnelle, ils sont plus proches de la partie pro. Sachant que certains, suivant leur niveau et leur implication, ont la possibilité d’être appelés en A. À noter aussi que l’AHE a également créé une D3. Il y a donc la possibilité de faire engranger des matchs aux U20, autre que dans leur catégorie, et d’aller affronter des personnes plus âgées et plus expérimentées. Tout ça avec l’objectif clairement écrit de monter le plus rapidement possible en D2.

Y-a t-il une forme de collaboration entre l’AHE et le HCAS ?

Oui, sur la partie formation on a un directeur sportif, Olivier Duclos, et du côté AHE, un manager général, Elie Marcos. On essaye de voir les attentes des uns et des autres afin d’avoir le même objectif commun : amener des jeunes à devenir professionnels. On a Miroslav Kecka, qui est le coach des U20. Il l’est également pour les U11 donc il a une double casquette, il voit les deux choses et c’est bien aussi de commencer à repérer dès le plus bas âge.

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Miroslav Kecka, entraineur à la fois des U20 à l’AHE et des U11 au HCAS.

Depuis quelques années on peut remarquer une baisse au niveau de résultats, comment y remédier ?

L’image du club viendra principalement par les résultats, donc le but c’est de promouvoir notre filière et nos pôles vis-à-vis des différents clubs. Quand on rencontre différents jeunes dans d’autres clubs qui n’ont pas forcément de centres de formation, on va discuter avec eux et on essaye de voir ce qu’on peut leur proposer chez nous. Sur les toutes petites sections, on doit recruter afin d’avoir un nombre de licenciés important. On parle souvent de l’entonnoir à l’envers, on a une base la plus large possible large et plus on monte, plus ça se restreint. Cette année, année post-covid, on a fait une offre découverte pour les tout premiers licenciés en U7, à 80€ avec licence, cotisation club et prêt du matériel. C’est plutôt bénéfique puisqu’on se retrouve avec un effectif assez conséquent sur les toutes petites catégories.

Ce ne fut pas simple, mais à notre grande surprise, nous n’avons pas eu trop de pertes de licenciés

Est-ce que la covid a engendré une baisse des effectifs ?

En terme d’effectif on a eu peur de perdre énormément de licenciés. Comme à partir des U13 ils ont continué à s’entraîner, on n’a pas eu trop de pertes. Nos inquiétudes étaient surtout sur les petites catégories. Aucune activité intérieure pendant plus de sept mois. On a essayé en fonction des différents protocoles de proposer des activités en distancielle et en extérieur quand le protocole le rendait possible. Ce ne fut pas simple, mais à notre grande surprise, nous n’avons pas eu trop de pertes de licenciés. Avec l’offre promotionnelle, on a même un peu plus de licenciés que l’année dernière. Au total, il y a un petit peu moins de 300 licenciés au HCAS.

C’est sûr que l’équipe de France est une vitrine

Est-ce que les déceptions des équipes de France aux TQO peuvent jouer sur l’attrait de nouveaux licenciés selon vous ?

C’est sûr que l’équipe de France est une vitrine. Après on voit que pour un pays qui ne se veut pas « pays de hockey », on est quand même pas loin de se qualifier, que ça soit pour l’équipe masculine ou féminine. Il reste encore une marche à franchir, il est clair qu’une image nationale c’est important, comme une image club, avec les résultats de l’équipe pro, parce que ça fait venir du monde au Coliseum.

Quel est votre regard sur la ligue féminine et ses différences de niveau ?

Aujourd’hui on a une équipe féminine qui est engagée en élite féminine au niveau de la France. On se rend compte effectivement sur les premières rencontres que les résultats sont assez disparates. Par exemple, récemment les filles ont gagné 25-0 contre Neuilly, c’est un match vraiment à sens unique. Elles vont avoir plus fort à faire lorsqu’elles vont rencontrer Tours ou Cergy et là on aura une opposition qui sera grandissante. Pour la partie féminine on a un projet de développer davantage cette section. D’une il faut essayer de recruter des jeunes filles plus tôt et les former aussi bien que les garçons, puis après de travailler également avec d’autres clubs qui n’ont pas forcément des sections féminines ou pas assez, et voir comment les intégrer davantage chez nous pour avoir une équipe qui soit encore plus compétitive.

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Tomas Simonsen, issu de la formation au HCAS et désormais meilleur pointeur chez les pro.

Qu’est-ce que vous pensez de Tomas Simonsen, issu de la formation au HCAS, qui performe en pro ?

Il a fait quelques années sur la fin de son hockey mineur au HCAS, il joue encore en U20, il joue encore en D3, il joue en ligue Magnus, il a 19 ans…c’est clair que c’est une pépite. On sait très bien qu’à terme, il partira et c’est bien pour son développement, pour le hockey français et pour l’image qu’il y a derrière. Effectivement d’un point de vue communication et image, c’est important de montrer que ces joueurs sont passés par des centres de formation de qualité, qui sortent un certain nombre de joueurs, et ce n’est pas le seul qui est sorti ces derniers temps après avoir fait un hockey mineur à Amiens. Je pense à Baptiste Bruche, Yohan Coulaud, Antonin Plagnat qui ont réussi, ça aussi ça fait partie d’une image et ça faire rêver davantage de jeunes.



Propos recueillis par Kevin Devigne

Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr