LES GOTHIQUES – Anthony Mortas : « Je vais modifier mon comportement, être un peu plus chien »

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La défaite contre Grenoble (3-4) pourrait être un tournant dans la saison d’Amiens. L’entraîneur des Gothiques, Anthony Mortas a fait son autocritique et compte changer son management dès ce soir contre Chamonix.

Après le match face à Grenoble, vous aviez tout de suite la volonté de trouver des explications à la défaite, qu’est-ce que vous avez pu tirer de l’analyse du match ?

Grenoble est revenu fort, nous, on a baissé d’intensité et le match a basculé. Je m’en veux beaucoup d’avoir laissé filer le match, parce qu’à 3-0 il fallait durcir le discours et continuer dans mon optique de jouer ligne contre ligne. Le premier but vient sur une erreur de coaching de ma part, donc je m’en veux. Je l’ai dit aux joueurs, je n’ai pas de problème avec ça, j’ai fait une erreur, j’assume. Je considère que l’on a perdu le match par ma faute. Ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas blâmer les joueurs, mais ce que je leur dis c’est que l’on est un ensemble, le staff est avec eux. C’est toujours facile de dire « on a perdu car les joueurs n’ont pas appliqué les consignes », c’est faux. J’avais un plan de match bien en tête que l’on avait fait avec Eric (ndlr : Medeiros), on avait modifié les lignes pour jouer Grenoble, ça marchait très bien et pendant le match on s’est laissé endormir avec ce score un peu flatteur et j’aurais dû continuer à faire du ligne à ligne.

Je considère que l’on a perdu le match par ma faute.

On a eu une bonne discussion avec les joueurs, je leur ai dit que j’allais modifier mon comportement, être un peu plus chien et s’il faut finir avec six ou sept joueurs, je le ferai. Même si c’est dur pour moi parce que j’aime bien que tout le monde se sente bien, mais ce qui m’importe avant tout c’est de gagner. J’ai horreur qu’on me dise que « c’était un super match contre Grenoble », non ce n’était pas un super match. Ça ne me dérange pas de perdre contre Grenoble, mais vu la physionomie du match on aurait dû le gagner, peu importe que ce soit Grenoble ou la pire équipe du monde, quand on l’a en main, on ne peut pas le laisser filer. Je suis très frustré de cette défaite-là. J’aime gagner et j’ai horreur de perdre. Il faut que je m’améliore, que je change des choses pour que j’aide plus l’équipe à gagner. Et ça commence dès le match contre Chamonix.

Pendant le match, vous n’avez pas senti qu’il vous échappait, mais vous étiez pourtant très lucide après le coup de sifflet final…

Je n’aime pas trop analyser et parler après les matchs, parce que des fois on loupe des choses, ça va vite. Au deuxième tiers temps, on a tiré sur le poteau je ne l’avais pas vu, donc on peut dire des sottises. J’avais vraiment l’impression après le match qu’il s’était passé quelque chose sur le premier but (de Grenoble) et que j’aurais dû changer les choses dès le début. Le coach de Grenoble l’a bien fait. Il a durci considérablement ses lignes, en ne jouant quasiment qu’à deux lignes à la mi-match. On a vu tout le temps Fleury sur la glace et j’avais un plan contre lui, mais je ne l’ai appliqué qu’à moitié. Quand quelque chose va bien il faut continuer et ne pas se fier au score en oubliant tout ce qui avait été préparé.

Des fois on est un peu pris par le flow du match et on fait des conneries (sic).

Vous n’avez pas su casser leur dynamique…

Exactement. Je l’avais bien cassé avec la ligne de Joey (ndlr : West) contre Fleury, j’aurais dû la maintenir, et j’ai laissé filer parce que ça allait bien. Après le 3-1, je n’ai pas été assez lucide pour m’en rendre compte. Le match va très vite, il se passe plein de choses, des fois on est un peu pris par le flow du match et on fait des conneries (sic).

Si le score avait été moins flatteur, auriez-vous joué différemment…

Bien sûr, mais à 3-0, même dans mon discours j’aurais dû dire qu’on n’avait plus besoin de marquer et qu’il fallait renforcer la défense et ne rien leur donner. Ils ont eu leur premier shoot au bout de 7’30 de jeu, c’est énorme ! J’aurais dû insister là-dessus et au lieu de cela, certains défenseurs sont montés à l’attaque. On prend le premier but là-dessus, on fait une contre-attaque avec quatre joueurs, alors qu’il n’y a pas besoin de faire ça. Il faut être plus lucide, les joueurs et y compris les entraîneurs.

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Le défenseur, Dan Gibb, déjà absent contre Grenoble, est toujours grippé. Il ne fera pas le déplacement à Chamonix.

Contre Chamonix, ce sera une tout autre histoire. Jusqu’à présent vous n’avez jamais réussi à ramener trois points à l’extérieur, comment expliquez-vous les difficultés hors de vos bases ?

C’est toujours dur de jouer à l’extérieur. Les équipes sont en générales plus fortes à domicile. À Chamonix on n’a jamais gagné facilement. Il faut juste travailler 60 minutes, ce que l’on n’a pas su faire contre Grenoble.

C’est une équipe avec une grosse ligne d’attaque, est-ce que vous allez vous adapter comme vous l’avez fait mardi ?

Je vais m’adapter à 200% contre cette ligne d’attaque… du début jusqu’à la fin du match.

Vous avez toujours des difficultés à l’attaque, contre l’une des pires défenses du championnat, est-ce le moment de se lâcher ?

On a du mal à l’attaque parce qu’on ne tire pas assez. On a de bonnes opportunités et on ne shoot pas assez. Souvent quand on shoot, c’est à côté ou on se fait contrer. Je crois qu’il y a 48 shoots contre Grenoble et il n’y en a que 22 qui arrivent à la cage. On leur martèle d’absolument shooter rapidement, parce que parfois on tergiverse. La meilleure idée c’est de mettre le palet à la cage, on l’a vu sur le premier but que met Jérémie Romand au rebond. Ce ne sont pas des buts très jolis, mais ils valent la même chose qu’un beau but. Il faut absolument qu’on shoot plus et que l’on aille au rebond. Ce jeudi matin, on a fait un exercice spécifique pour les défenseurs, afin qu’ils bougent plus sur la ligne bleue, où on est trop statique. Ces choses-là on les voit et on travaille dessus pour s’améliorer.


Vendredi 19 novembre 20h, patinoire Richard Bozon à Chamonix

Ligue Magnus J20

Chamonix (9ème, 14 points) – Amiens (7ème, 21 points)




Julien Benesteau

Crédits photo : Kevin Devigne – Gazette Sports