AMIENS SC – Oswald Tanchot : « Il faut que le caractère se dégage en force collective »

Football Ligue 2 Amiens Vs Grenoble 0019 Leandre Leber Gazettesports
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Restant sur 2 défaites, contre Toulouse et à Auxerre, et après une trêve internationale, l’Amiens SC reçoit un gros morceau, Clermont, pour tenter de se relancer au début d’une série de 7 matchs en un mois. Retour sur la conférence de presse d’avant-match d’Oswald Tanchot.

Le point sur l’effectif et les retours de sélection

Je suis content pour eux quand ils sont sélectionnés, parce que c’est toujours un honneur pour ces garçons de représenter leur sélection nationale. Mais derrière ça, comme pour tous les entraîneurs il y a de l’inquiétude parce que l’on sait que ce sont des matchs qui se jouent dans des conditions différentes de ce que l’on peut connaître chez nous. Il y a aussi beaucoup de difficultés liées au voyage. Et la situation sanitaire rajoute des questionnements. On a vu pas mal d’internationaux partir en sélection et revenir avec le virus. Ce sont plein d’interrogations qui font qu’on a hâte de les retrouver.

Les concernant, on a eu des retours différés, retardés, puisque Nicholas (Opoku, ndlr) ne s’est pas encore réentraîné, et Emmanuel (Lomotey, ndlr) est rentré hier soir. Il y a des contraintes liées à cela, c’est à nous de passer outre pour pouvoir être prêts demain à 19h.

Je ne peux pas faire de point sur le groupe parce que je ne les ai pas vus, ils ne se sont pas entraînés avec nous depuis bien longtemps. Je les ai quittés à Auxerre et je ne les ai pas revus depuis. Je vais prendre le temps de discuter avec eux, de les regarder à l’entraînement et j’ai bon espoir qu’ils soient disponibles et le plus frais possible.

Il y a le risque de blessure. J’ai vu que mon homologue de Clermont avait eu son attaquant, Allevinah, qui a connu un drôle de périple puisqu’il a dormi à l’aéroport. Tous les clubs et tous les coachs qui ont des internationaux sont soumis à ce genre de péripétie.

Molla (Wague, ndlr) avait déjà un souci au tendon d’Achille au moment de partir, il avait déjà été au soins la semaine qui précédait Auxerre. Il est parti mais il était insuffisamment remis pour pouvoir jouer le premier match et a préféré écourter son séjour pour avoir des soins avec notre équipe médicale parce qu’ils avaient entamé un processus de soin et il fallait qu’ils le poursuivent. Mais je n’ai pas d’inquiétude pour demain, il faut juste que l’on surveille cela correctement et qu’on fasse les soins adaptés pour qu’il soit tranquille dans le futur.

On a Sy et Blin qui sont suspendus sur ce match. Le petit Lewis a été contrarié par un arrêt en début de semaine. Les autres garçons sont à disposition. Nathan était en phase de réhabilitation, il a réathlétisé derrière, et il a repris normalement lundi, donc c’est une bonne nouvelle.

Du côté des tests, il reste Lomotey que je n’ai pas parce qu’il l’a fait en décalé mais tous les autres sont négatifs.

Clermont, parmi « ce qui se fait de mieux en termes de jeu »

Clermont, je n’en pense que du bien. C’est une belle équipe, qui est dans la continuité de ce qu’elle fait depuis pas mal d’années avec Pascal Gastien qui est un technicien de grande qualité, qui fait très bien jouer ses équipes et qui allie la qualité de jeu au résultat.

Je pense que ce que l’on va jouer sur les deux semaines qui viennent, Clermont et Troyes, c’est ce qui se fait de mieux en termes de jeu. Sur la qualité de leur jeu, c’est une équipe qui peut jouer la montée. Après, une saison, c’est long. Je trouve qu’ils ont un effectif très équilibré en termes de postes et de profils, mais on ne peut pas savoir comment une saison se déroule, tu peux avoir des blessés importants. C’est difficile de le dire, mais au vu de la qualité de leur jeu, c’est clairement une équipe qui peut jouer le Top 5.

C’est une équipe très bonne sur les pressings à la perte, sur les transitions donc c’est une équipe qui profite de la moindre désorganisation de l’adversaire donc c’est une équipe qui pour moi aujourd’hui dans la qualité de son jeu, met en difficulté chez elle mais aussi à l’extérieur. On l’a vu contre Valenciennes, ils mettent 3 buts mais le match peut se terminer à 7-3.

Ça va nous demander un gros travail d’équipe, on ne peut pas envisager ce match-là autrement que par un travail collectif notamment pour récupérer le ballon parce que c’est une équipe très à l’aise dans son animation et surtout, je trouve que c’est une équipe qui n’a pas de pression dans sa façon de jouer. Ils ont des ambitions mais cela reste sain et ce n’est pas quelque chose qui pèse dans l’environnement du club. Ils sont très légers dans leur façon de jouer. Et ils ont beaucoup de certitudes et de la stabilité. Et on se rend compte que c’est très important. Quand tu as des joueurs qui jouent ensemble depuis 2 ans ou plus, ça donne des automatismes et beaucoup de confiance.

C’est une équipe très joueuse mais qui défend très bien grâce à sa façon de jouer. J’ai envie de dire qu’ils défendent dans leur possession. Du fait qu’ils sont souvent maîtres du terrain et du ballon, ça leur permet d’être très peu mis en danger.

Du travail, rendu difficile par les absences

Le problème de cette trêve, c’est qu’elle aurait pu être importante pour travailler certains secteurs et surtout notre capacité à jouer et à défendre en avançant, mais quand tu as tes trois joueurs qui constituent le socle défensif de ton équipe qui sont absents, c’est difficile de travailler l’aspect défensif. On a fait une opposition tactique depuis Auxerre mais j’ai parfois été obligé d’aligner des attaquants latéraux, des latéraux en charnière et des milieux offensifs en 6. On a un effectif qui n’est pas assez équilibré. Dès qu’on a deux axiaux absents, ce qui était le cas, avec en plus Nathan en reprise, je n’avais pas de défenseur central dans mon effectif. Donc pour travailler, c’est difficile. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a pas eu de match amical.

Je suis un peu dans l’inconnu par rapport au retour des internationaux. Maintenant, on va la lever dans l’après-midi, pour partie. L’équipe est dans l’inconnu dans sa capacité à accélérer la cadence, notamment d’un point de vue offensif. Même si notre match d’Auxerre ne m’a pas satisfait d’un point de vue général, et notamment défensif, parce que j’ai trouvé qu’on avait joué avec un bloc trop ouvert avec une partie qui avançait et l’autre qui reculait, tout ce qu’on ne voulait pas faire, je pense que l’on est capable de proposer quelque chose de plus cohérent dans la durée et dans le temps. Par contre, il restera cette interrogation de savoir comment on peut conclure et être plus efficaces. Parce que même dans un match à Auxerre où l’on est menés 2-0 et en difficulté, on inverse le rapport de force et je pense qu’avec un peu plus de qualité, on peut arracher le nul.

Il faut qu’on ait une prise en compte de ces manques-là. Cela passe par le collectif mais aussi par la montée en régime de nos joueurs offensifs.

Une période difficile mentalement

Il y a un contexte général dans la société qui fait qu’il y a moins de légèreté. Parfois rester 90 minutes devant les matchs ce n’est pas toujours facile. J’ai peur un peu d’un désamour du football lié à toutes les difficultés qu’il y a autour. Tout le monde aspire à retrouver des stades pleins, du plaisir, des sourires, de la passion.

Il y a beaucoup de dépression dans le sport de haut niveau, des addictions, des études ont été faites là-dessus, souvent ce sont des dépressions cachées. Le métier de footballeur est un beau métier mais il faut être bien équilibré pour aborder tout cela et le vivre sereinement parce qu’il y a parfois des environnements anxiogènes autour des joueurs.

Un effectif en recherche de caractère

Le premier point dans un projet collectif, c’est d’avoir une vision et une identité collective forte et d’avoir un partage de valeurs communes, quelles qu’elles soient. On peut mettre la piqûre de motivation une fois de temps en temps avant un match, mais si le joueur n’a pas de caractère, c’est compliqué. Mais je pense que, pris les uns à côté des autres, les joueurs ont du caractère mais il faut que ce caractère-là se dégage en force collective.

J’attends plus d’Odey. Maintenant on arrive au mois de novembre, il y a eu un quart du championnat de joué. Il faut que les choses passent en action. C’est aussi au travers des entraînements, je suis très attentif aux stats aux entraînements, les buts, les passes décisives, qui est dans l’équipe qui gagne. Lui comme d’autres doivent nous amener plus.

Le recrutement doit se faire en amont. Les recrutements comme cela, qui arrivent juste avant un match, cela doit se faire sur un élément. Globalement, le fait de descendre en L2 a sans doute freiné ce genre de chose mais un travail bien fait c’est un recrutement qui est quasiment finalisé au moment où l’on reprend l’entraînement. Je discutais avec Cédric Daury à Auxerre, 6 de leurs 8 recrues étaient là à la reprise de l’entraînement. Cela change tout. Moi, j’ai des joueurs à l’hôtel, et on est au mois de novembre. Mais il n’y a pas de restaurant dans les hôtels, donc en ce moment, c’est Uber eats ou Pasta box…



Propos recueillis par Quentin Ducrocq avec Morgan Chaumier

Crédit photo Leandre Leber Gazettesports.fr