FOOTBALL – Azouz Hamdane : « Il faut être patients »

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Dépité après la défaite sur la pelouse de Chantilly, Azouz Hamdane est revenu pour nous, avec un peu de recul et avec des prémices de solution, sur le début de saison très difficile vécu par son équipe.

Bonjour, quel est votre ressenti, à froid, sur la rencontre du week-end dernier ?

A froid, ce n’est pas un ressenti favorable forcément, au regard du résultat. Mais il fallait quand même réfléchir au diagnostic. J’ai consulté, beaucoup. On a fait une réunion avec comme ordre du jour la vie du groupe, les résultats de début de saison, avec mon staff. On a fait une réunion en tête à tête avec le président. Je voulais avoir le ressenti de tous et croiser tout cela. Il y a des choses qui ressortent de manière claire. On a identifié l’un des problèmes, même si c’est multifactoriel. Il va falloir entamer des amorces de solution avec des échéances que l’on a fixées.

L’essentiel de cette réflexion est basé sur le fait que l’on n’a pas d’équipe. On a des joueurs sur le terrain mais les joueurs, au lieu de former une équipe avec moi à leur tête, en forment 3-4, chacun avec son opinion, chacun faisant ce qu’il a envie de faire, en ne respectant pas du tout les consignes, en ne respectant pas le travail du staff, en ne respectant pas le club, en ne respectant pas l’histoire de ceux qui sont passés ici avant eux. Je leur ai fait part de mon sentiment à l’entraînement.

« L’essentiel de cette réflexion est basé sur le fait que l’on n’a pas d’équipe »

Donc on reprend un peu les choses en main, même si on n’avait pas non plus laissé filer. Le venin qui était en train de se propager, plutôt qu’il se propage encore plus, il faut couper court tout de suite parce qu’après, il sera trop tard. On les a prévenu, on leur a donné une échéance, qui est celle de la fin octobre. On leur a donné deux matchs. Si au niveau de l’état d’esprit, si en termes de résultats, ce n’est pas mieux, on avisera à ce moment-là. Je ne peux pas en dire plus pour le moment mais en tout cas, tout le monde est bien conscient de ce qui se passe. C’est mon rôle de leur fixer au moins cela comme échéance.

Comment vous expliquez ce changement alors que l’effectif n’a qu’assez peu évolué ?

Le groupe a assez peu changé, mais il a changé quand même. Quand on a des joueurs qui se prennent pour des coachs, c’est problématique. Quand le coach, moi, en l’occurrence, demande quelque chose et qu’on fait autre chose sur le terrain et que c’est, comme par hasard, à ce moment qu’on prend le but et qu’ensuite on se défausse de sa responsabilité, ça ne peut pas me convenir.

Ça n’a pas beaucoup changé, certes, mais j’ai des joueurs qui arrivent peut-être aussi… J’ai vraiment tout repris du début à la fin, le contenu des entraînements, la prise en charge du club pour les joueurs. On est en N3, on s’entraîne quasiment comme des professionnels, on a une structure dans laquelle les joueurs sont équipés comme des professionnels, peut-être un peu trop parfois. Ils sont systématiquement en demande mais quand le club leur demande des choses, il n’y a pas forcément de répondant. Il y a des joueurs pour qui c’est peut-être un peu trop pour eux au niveau de l’exigence qu’on leur demande. Ils n’ont peut-être plus assez d’énergie pour repartir sur une saison dans un championnat qui s’améliore d’année en année. Et forcément quand les autres progressent et que vous, vous stagnez voire même vous régressez, ça donne le type de résultats qu’on a depuis 3 ans en N3. On est vraiment en train de régresser.

« Il y a des joueurs pour qui c’est peut-être un peu trop pour eux au niveau de l’exigence qu’on leur demande. »

C’est peut-être aussi dû au fait qu’on ait fait confiance à certains qui eux-mêmes nous ont escroqués dans les entretiens en nous disant qu’ils étaient encore motivés, alors que d’après ce que je vois, je n’ai pas l’impression qu’ils aient réellement l’envie qu’ils avaient il y a 4-5 ans. Après, ce n’est pas grave, le tout c’est d’être clair et de ne pas demander des choses et une fois qu’on a les choses que l’on a demandé, on ne respecte pas la part de son contrat. Ça, je trouve que c’est un manque de loyauté, ça n’est pas acceptable et ça doit être sanctionné.

Le fait d’enchaîner par la Coupe de France et non directement par un match de championnat, c’est plutôt un bien ou un mal ?

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Dans le contexte actuel, c’est plutôt un bien puisque l’on a deux joueurs qui devaient attendre octobre pour être qualifié et pour qui il faut 4 jours de qualification, Samb et Diarrassouba, qui sont des joueurs très importants du groupe, notamment dans l’état d’esprit qu’ils affichent, dans leur faculté, aussi, à faire ce que je leur demande. Ce sont des joueurs qui sont avec moi à 200%. Je n’ai pas l’impression que ceux que j’ai mis sur le terrain le soient tous. Il y en a beaucoup qui le sont, j’ai vraiment des garanties avec certains, des valeurs sures. Je ne vais me baser, sur les prochaines sélections, que sur ceux dont je suis sur qu’ils ne me trahiront, qu’ils sont avec moi. Donc forcément, cela va en éliminer d’autres. Mais tant que ces autres ne m’auront pas garanti qu’ils sont dans le projet à fond, à 100% et pas à essayer de naviguer dans des eaux troubles, ils seront forcément sanctionnés par une non-convocation. Même si aujourd’hui, les non-convocations, les joueurs s’en foutent complètement. Le foot, j’ai l’impression que c’est secondaire, que ce ne sont pas des amoureux de foot. J’en ai, j’en ai pas mal.

Donc dans le contexte actuel, c’est une bonne chose qu’on n’enchaîne pas directement par un match de championnat. Parce que cela va permettre aux deux joueurs dont j’ai parlé de se qualifier, de faire un match de plus avec la réserve qui reçoit Saint-Quentin ce dimanche. Ça leur donnera un petit plus de rythme, même s’ils ne seront pas réellement prêts comme les autres, mais au moins, ils seront là dans le groupe, dans l’état d’esprit, ils vont motiver les gens, il n’y aura pas d’hypocrisie dans leurs agissements. Moi, je suis quelqu’un qui accorde de l’importance dans la clarté des relations que j’entretiens avec les gens. Quand je n’aime pas, je n’aime pas, quand j’aime, j’aime. Quand j’aime, je donne tout. J’essaie d’être loyal. C’est un minimum. C’est comme ça que j’ai été éduqué.

« J’avais besoin de prendre du recul, d’observer, de mûrir la réflexion »

Dans quel état d’esprit on peut aborder ce match contre Flixecourt ?

Pas forcément dans une zone de confort optimum. On n’a pas un matelas de confiance maximal non plus. Il faut qu’il nous permette de nous remettre, à tous, la tête à l’endroit. C’est ce que je me suis attaché à faire toute la semaine. Je n’ai pas beaucoup parlé, j’ai laissé mes adjoints faire les entraînements, parce que j’avais besoin de prendre du recul, d’observer, de mûrir la réflexion, qui n’est pas finalisée, d’ailleurs, c’est juste un prémisse. Voilà comment on aborde ce match.

Mais avec la farouche volonté de se qualifier. Parce que dans cette compétition, c’est l’essentiel. Si derrière on peut, en plus, engranger de la confiance, marquer des buts, asseoir notre jeu, c’est parfait, mais ce n’est pas en un match qu’on va rattraper les 4 matchs que l’on a perdu. Là dessus, il faut être clair, il faut être patients, ne surtout pas faire n’importe quoi. Si sur le prochain match de championnat on prend 1 point, ce sera déjà un point pris. Et puis, petit à petit retrouver comme ça notre assise, retrouver une confiance mutuelle, la joie de se retrouver ensemble.

Au niveau des objectifs à poursuivre pour la suite de la saison, comment se passe la réflexion ?

Là, les objectifs sont simples, c’est de prendre des points. Sortir des matchs de manière positive. On ne peut pas se fixer d’objectifs sur le long terme. On se fixe des objectifs sur le court ou le moyen terme, tout en gardant bien sur en tête une vision sur le long terme.




Morgan Chaumier

Crédit photo : Leandre Leber – Gazettesports