EDITO : La croisade de Stella AKAKPO

Stella Akakpo (cropped)
Ⓒ Gazette Sports

Ici même et à plusieurs reprises, nous avons pris l’habitude de dénoncer les dérives et travers qui ternissent le Sport en général. 

Récemment encore nous avons crié notre colère lorsque sur les murs de l’INSEP, le laboratoire des futurs champions à Paris, on a peint sur les murs des graffitis racistes. On s’en prenait notamment à celui qui, aujourd’hui, est notre numéro un : Teddy Riner.
Nous avons aussi  relaté les agressions sexuelles qui ont terni l’image du sport ces derniers mois. Tout avait commencé par le patinage artistique et aujourd’hui, c’est le cyclisme qui est touché de plein fouet. L’autre jour alors que nous en parlions à notre ami Hubert Louvet, président à vie du comité de Picardie, celui-ci tombait des nues. Il ignorait totalement que son sport était aussi concerné et que des éducateurs ou des managers dépassaient les bornes et allaient jusqu’à commettre l’ignoble.

La route est encore longue…

Aujourd’hui nous allons nous intéresser au cas de l’athlète  internationale de l’Amiens Université club Stella Akakpo. Originaire de l’Oise, Stella est restée fidèle au club qui l’a accueillie et s’entraîne le plus souvent à l’INSEP. Mais Stella n’est pas qu’une athlète.
C’est aussi une  femme,  une femme de couleur qui est montée au créneau notamment après les meurtres aux Etats-Unis de George Floyd et en France d’Adama Traoré.

En ce qui nous concerne, nous n’aimons pas utiliser le mot noir mais plutôt celui de couleur. Même si au fil des années, le langage a évolué dans le bon sens. Rappelons nous qu’au début du siècle dernier, quand un journaliste sportif évoquait les résultats d’un athlète de couleur, il employait le mot de nègre. Récemment, nous avons rappelé qu’en boxe, dans les premières années du dernier siècle, il avait été envisagé de faire disputer un championnat du monde réservé aux boxeurs blancs et un autre réservé aux boxeurs de couleur.
L’Histoire sportive se nourrit de ces moments qui ont vu des athlètes noirs revendiquer leur couleur.
Jesse Owens aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 défiant Hitler; les deux Américains médaillés d’or et de bronze qui brandissent sur le podium pendant la diffusion de l’hymne américain le bras droit pour manifester leur courroux aux Jeux de Mexico en 1968.

Stella Akakpo à l’initiative

Stella Akakpo ne place pas son combat ou plutôt sa démarche au même niveau et elle s’adresse surtout aux athlètes femmes de couleur. Le combat est plus pacifique. Auparavant, l’athlète de l’AUC a lancé un grand mouvement et elle souhaite que tous les athlètes de couleur la rejoignent. Depuis toujours, Stella mène de front carrière sportive et carrière professionnelle, s’investissant aussi dans d’autres domaines qui lui tiennent à cœur.
C’est ainsi qu’elle est la marraine d’une association basée à Dakar qui œuvre à destination des enfants autistes. Stella Akakpo a contacté des femmes de couleur et ce, dans toutes les couches de la société et pas seulement au niveau sportif.

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Elle a créé son groupe We are great, lancé une vidéo qui est passée fin juin sur Instagram en dressant le constat que de nos jours, il était difficile quand on est une femme noire de se faire une place au soleil. Et c’est peut-être beaucoup plus difficile dans la société civile que dans le sport. N’empêche que cette initiative de Stella Akakpo mérite d’être encouragée.

Le mouvement est parti de Paris et nous posons la question : pourquoi ne se prolongerait-il pas dans notre région ?



Lionel Herbet 

Crédit photo DR

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.