FOOT US – Ryan Jouanneau : « Je suis allé faire un entrainement et maintenant ça fait dix ans que j’ai accroché »

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Ⓒ Gazette Sports

La saison des Spartiates débutait il y a tout juste trois semaines et les Amiénois comptent pour l’instant une défaite et une victoire. Place maintenant à trois semaines de repos avant la prochaine rencontre le 7 mars au Grand Marais face aux Cougars. À l’occasion de ce break, nous sommes allés à la rencontre de Ryan Jouanneau, capitaine de l’escouade défensive des Spartiates et defensive back de l’équipe, pour un entretien en deux parties. 

Pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Je m’appelle Ryan Jouanneau, j’ai 24 ans, je suis coach au Pôle France de football américain et actuellement en formation BPJEPS pour pouvoir coacher de la musculation et de l’haltérophilie et je suis aussi joueur chez les Spartiates depuis maintenant cinq ans. En dehors du sport, quand je ne suis pas soit en cours, soit en train de m’entrainer, je suis un peu comme tout le monde ! J’aime bien me poser chez moi avec les jeux vidéo, la télé, prendre du temps pour me reposer quoi ! 

Pourquoi avoir choisi le foot us plutôt qu’un autre sport ?

C’est vrai que ce n’est pas courant ! Mais ça remonte à une petite dizaine d’années maintenant, j’étais sur Orléans à l’époque et je cherchais un sport qui changeait un peu. Je voulais quelque chose de collectif parce que j’avais déjà fait dix ans de judo avant ça et j’étais un peu lassé des sports individuels où il n’y a personne autour de soi, uniquement l’adversaire. À force d’en voir à la télé, dans les séries ou même les jeux vidéo, je me suis renseigné et j’ai découvert que j’avais un club à une vingtaine de minutes de chez moi. Je suis allé faire un entrainement et maintenant ça fait dix ans que j’ai accroché. 

Comment s’est passée la découverte de la discipline ?

Dans le club où j’ai commencé, il n’y avait pas de football américain pour les jeunes à proprement parler. On faisait du flag où l’on apprenait les bases stratégiques du foot us, comment attraper ou lancer un ballon… J’en ai fait un an et la saison suivante je suis directement passé au foot équipé et donc au fil du temps je me suis un peu plus intéressé à la partie stratégique, le coaching, les points techniques et tout ce qui suit pour ne pas faire que jouer mais transmettre un peu ce que je connaissais. 
C’est un peu de la chance le fait que ça m’ait plu du premier coup et que j’ai accroché direct !

Quel est ton poste de prédilection sur le terrain ?

Actuellement je joue defensive back, donc en défense, principalement pour couvrir la passe. J’ai commencé par jouer quarterback, le truc que l’on voit à la télé, le gars qui lance, la star du lycée et tout ça ! Ensuite je suis passé un peu receveur, donc le gars qui attrape la passe du quarterback puis je me suis orienté vers la défense parce que j’avais une envie de plaquer et de voir un autre aspect du foot us. Encore une fois c’est un peu le hasard qui m’a amené de fil en aiguille vers ce poste.

Je suis allé faire un entrainement et maintenant ça fait dix ans que j’ai accroché.

Ryan Jouanneau

As-tu des objectifs particuliers pour cette saison ?

Comme toujours, être de plus en plus un leader pour l’équipe et y prendre une place de plus en plus importante. Et puis essayer de toujours être un des meilleurs joueurs de France à mon poste. En termes de collectif, aller le plus loin possible ; peut-être pas cette saison mais sur du moyen ou long terme pourquoi pas gagner un titre en Élite ! 

L’effectif d’une équipe de football américain étant très fourni, dirais-tu qu’il est aisé de se faire un nom ou une place au sein de celle-ci ? À quoi servent les cinq différents capitaines d’une équipe ?

Une unité représente déjà 11 joueurs, mais avec les remplaçants c’est vrai que l’on peut facilement monter à 40-50 joueurs ! Se faire une place prend tout d’abord du temps, ce n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain. Il y a plein de mecs qui sont là depuis plusieurs années et qui prennent de plus en plus de réputation au fil des ans, après c’est tout simplement au travail et au mérite ! Le gars qui va venir à tous les entrainements, qui va montrer qu’il est motivé, qui va réussir à faire des trucs, même si ce n’est pas le meilleur joueur du monde il aura forcément plus de réputation qu’un mec qui va venir une fois par mois, qui sera peut-être le meilleur joueur de France mais qui ne viendra pas s’entrainer. 

Concernant les capitaines, on en retrouve deux pour la défense et deux pour l’attaque. Ensuite c’est souvent au choix pour le cinquième : parfois certaines équipes en mettent cinq pour récompenser un joueur qui a été irréprochable sur tous les plans. 

Tu es toi-même capitaine de la défense, qu’est-ce que la responsabilité d’un tel rôle t’apporte ?

Personnellement je me considère avant tout comme un joueur normal, au même titre que les autres. C’est juste mon comportement, le fait que je sois capable, d’un point de vue stratégique ou même du leadership, de faire la différence qui font que naturellement les coaches vont se tourner vers nous. On n’est pas forcément un pilier de l’équipe, mais plus un relais du coach sur le terrain.

As-tu une référence dans ta discipline, un « joueur modèle » ?

En défense pas tellement, il y a plein de joueurs que j’aime bien, des anciens joueurs et des grands noms sur ce poste. Sinon il y a bien un joueur qui m’a longtemps inspiré, c’est Julian Edelman, un receveur qui jouait chez les Patriots, il est vraiment le gars auquel je m’identifie le plus. C’est un petit mec qui n’a pas forcément un gros gabarit et, même s’il est attaquant, sa façon de travailler, le fait qu’il soit toujours « sous-coté » ou en retrait font que j’ai vraiment apprécié ce joueur dans sa façon d’approcher le sport et d’être un gros bosseur. Pourtant personne ne le voyait réussir et percer !

On n’est pas forcément un pilier de l’équipe, mais plus un relais du coach sur le terrain

Ryan Jouanneau

Le haut niveau a-t-il déjà été une de tes ambitions personnelles ?

J’ai fait deux ans au Pôle France en tant que joueur, j’ai été contacté par quelques cégeps et j’avais même commencé à faire quelques recherches pour partir outre Atlantique. Mais le plan financier a fait que je n’ai pas pu partir, ça reste un gros investissement : mon père avait déjà payé deux années de Pôle, alors lui demander à partir aux États-Unis et me payer un truc qui coûte encore plus cher, c’était compliqué ! Donc j’ai fait le choix de rester en France, dans un club plutôt performant et de pouvoir continuer à me développer en tant que coach mais aussi en tant que joueur dans un bon niveau. Puisque finalement, en France on fait difficilement mieux que l’Élite ! 

J’ai déjà réfléchi à partir ailleurs en Europe, mais c’est difficile de se couper de tout. J’ai déjà un travail ici, je suis en formation… tout plaqué pour partir j’aimerais bien, mais je ne serais pas capable de le faire définitivement. Je me dis que “peut-être une saison, partir six mois, voyager et prendre du fun” ça peut être sympa. Je pourrais voir un autre niveau, avoir un challenge pourquoi pas, mais en faire un plan de vie ne m’intéresse pas vraiment. Mais pour l’expérience et la partie touriste ça pourrait être intéressant ! Seulement je ne me vois pas partir dans un nouveau pays tous les ans à chaque fois. 

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de devenir entraîneur à ton tour au Pôle France ?

Déjà quand j’y étais joueur, sur la fin de ma dernière année j’aimais bien aller filer un coup de main aux jeunes. Depuis que je suis en âge de pouvoir encadrer des plus jeunes, j’ai vraiment aimé l’aspect de transmission. Quand je suis entré dans la catégorie senior je me suis mis à travailler pour le club d’Amiens, et en même temps le coach du Pôle est venu me proposer de venir coacher avec eux puisque j’avais fini mes années d’études. De fil en aiguille j’ai donc progressé dans le domaine, c’est vraiment un aspect totalement différent que j’apprécie beaucoup, de pouvoir transmettre : que ce soit la partie technique du sport mais aussi la passion tout simplement. 

Tu as vécu la moitié de ta carrière chez les Spartiates. Quel a été ton meilleur moment avec cet effectif ?

J’ai vécu pas mal de choses ici, dont notamment la montée et le titre avec les premières saisons en Élite. C’est vraiment une expérience de fou ! Le fait d’être champions de France, d’avoir travaillé pendant plusieurs années pour ce titre et être récompensés au terme d’une saison, c’est quelque chose d’impressionnant.

Y a-t-il une rencontre qui t’a marqué durant tes années de pratique ?

Je dirais que c’est Jean-Baptiste Gassies, le coach défensif des Spartiates qui était déjà mon entraineur lorsque je jouais avec les Chevaliers d’Orléans à mes débuts. C’est un peu lui qui m’a fait pousser, qui m’a suivi tout le long de mon parcours, qui m’a fait kiffer le foot us… c’est un peu un deuxième papa pour moi.

Dirais-tu que tu as des superstitions ou des rituels d’avant match ?

Tout le monde a son petit rituel alors ça va paraitre un peu bête, mais depuis que j’ai commencé le foot, je joue tout le temps avec le même caleçon ! Je me vois mal faire un match sans ce caleçon-là, je sais que si je ne le mets pas le jour du match, je vais me sentir perturbé, stressé et je ne vais pas avoir mes petites habitudes.

En dehors des matchs, à quoi ressemblerait une journée classique avec toi ?

Une journée type en semaine ça serait un réveil autour de 7-8h pour aller en cours toute la journée jusque 17h. Ensuite je vais coacher au Pôle, puis je vais m’entrainer à la salle avant d’aller m’entrainer avec les Spartiates. Après tout ça je rentre chez moi vers 22h, je mange, je révise un peu et enfin je vais dormir.

Si tu devais faire un autre sport, ça serait lequel ?

Je pense que je si je devais arrêter le foot là maintenant, comme je fais déjà de l’haltérophilie je pense que ça ne serait pas ça, mais je me lancerais sûrement dans l’athlétisme. C’est quelque chose d’assez proche du football américain avec la course et l’explosivité, mais c’est quelque chose qui me permettrait quand même d’avoir des nouvelles sensations, des nouveaux records et des nouveaux objectifs. 


Retrouvez la suite de cet entretien dimanche 23 février.


Propos recueillis par Océane KRONEK

Crédits photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr