FOOTBALL – Paul Joly : « C’est vraiment une passion dont je veux faire mon métier »

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Jeune joueur de la réserve de l’Amiens SC, Paul Joly n’a pas manqué un match de son équipe depuis le début de saison. Il explique pour nous son parcours, ses ambitions et son point de vue sur le début de saison de son équipe.

Bonjour Paul, pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre parcours jusqu’ici ?

J’ai débuté dans mon petit village qui s’appelle Muides-sur-Loire jusqu’à l’âge de 9 ans. Arrivé à 10 ans, je suis parti au Blois Foot 41 où je suis resté jusqu’à mes 15 ans. Dans le même temps, pendant mes années U-14 et U-15, j’étais au Pôle Espoir de Châteauroux. Par la suite, j’ai signé pour trois ans à Lorient. Et à la fin de ces trois années, j’ai poursuivi à l’Amiens SC. Actuellement, c’est ma deuxième année au club.

Comme s’est effectuée cette évolution ? Comment avez-vous été repéré par Lorient puis par Amiens ?

Avec le Pôle Espoir, on faisait pas mal de matchs contre les autres Pôles de toute la France. Là, il y avait différents recruteurs. C’est comme ça qu’en novembre 2013, je suis parti faire un essai à Lorient, qui a été concluant. Et j’ai signé un contrat, un an et demi à l’avance. J’étais en U-14 et j’avais signé pour les U-16. A la fin de mon contrat, je n’ai pas été gardé par le FC Lorient. Je suis venu faire un essai à Amiens, qui a été concluant. J’ai signé pour un an et j’ai prolongé cet été pour l’année actuelle.

Comment se passe la vie dans un centre de formation ?

Pour moi, c’est simple, comme j’ai déjà obtenu mon bac. On s’entraîne tous les matins. On a rendez-vous à 8h45 aux vestiaires. On commence à 9h par trente minutes de pré-chauffage en salle, puis trente minutes avec les kinés, selon nos besoins. A partir de 10h, on va en salle vidéo pour parler de la séance. A 10h30, on va sur le terrain jusque 12h30. L’après-midi, cela peut varier entre la musculation, l’analyse vidéo, la préparation mentale ou encore des soins si besoin. Et cela se répète tous les jours.

Pouvez-vous nous présenter votre profil : votre poste, votre style de jeu ?

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Je joue défenseur central et je peux également évoluer en milieu défensif. Ce que j’aime bien, c’est la passe, essayer de trouver les passes qui font mal à l’adversaire. J’aime également défendre, j’aime bien les duels.

Vous avez marqué cette saison, vous aimez bien les duels dans toutes les zones du terrain ?

Oui. J’ai eu l’opportunité de marquer contre Le Portel sur un très bon coup-franc de Driss Khalid. C’est vrai que cela peut-être un plus, pour un défenseur central, de marquer des buts.

On imagine que, maintenant que vous avez fait tout ce chemin, l’ambition est de passer pro ?

Oui, c’est exactement cela.

Et dans cette idée, sur quels aspects vous pensez devoir particulièrement vous améliorez ?

J’ai encore beaucoup de choses à travailler, sinon, je ne serais pas là où j’en suis actuellement. Mais, je pense particulièrement à ce qui est d’assurer mes passes, pour éviter qu’elles soient interceptées. Et perfectionner les duels, la prise d’information.

Le questionnement n’est probablement pas le plus agréable à se poser mais comment envisage-t-on la suite, quand on est dans votre cas, où votre vie s’articule autour de votre pratique du football, au cas où, par malheur, vous n’arriveriez pas à passer chez les pros ?

C’est sur que ce n’est pas évident de réfléchir à cette question parce que l’on met tout en œuvre pour y parvenir. Donc, si l’on échouait, ce serait vraiment un coup dur. Je reprendrais certainement des études pour m’orienter, dans tous les cas, dans le domaine du football, que ce soit dans le recrutement le coaching… Après, ce n’est pas forcément une éventualité que j’envisage parce qu’au point où j’en suis, je donnerais vraiment tout pour y arriver.

Tout ce que vous envisagez tourne autour du football, c’est vraiment une passion pour vous ?

C’est sur. Depuis tout petit, depuis mes 3-4 ans je ne pense qu’à ça. Aucune autre passion ne peut égaler ça dans mon quotidien. C’est vraiment une passion dont je veux faire mon métier. Dans tous les cas, je veux rester dans ce domaine, quoi qu’il arrive.

Comment appréhendez-vous le fait d’évoluer dans une équipe où une bonne partie de vos équipiers possèdent un contrat pro ?

Je le vois plus comme un bon espoir. Il faut que je me serve d’eux comme je sais qu’eux ont réussi à franchir cette étape. Et puis, je suis content de jouer avec ces joueurs. Ce sont de bonnes armes pour gagner des matchs. Je me sers de leur qualité pour, moi aussi, me mettre en évidence.

Dans ce même ordre idée, vous avez eu l’occasion d’évoluer avec des pros confirmés, cela doit également apporter quelque chose, non ?

Je pars toujours du principe qu’il faut toujours s’inspirer des joueurs qui ont plus d’expérience.

C’est sur. Je pars du principe qu’il faut toujours s’inspirer des joueurs qui ont plus d’expérience. Donc tous les conseils qu’ils vont avoir à nous donner vont forcément être bénéfiques pour notre progression. Donc, j’écoute toujours ce qu’ils ont à me dire et j’essaie de l’appliquer parce que ce sont eux qui ont connu le haut niveau, et c’est là où je veux aller. Donc si je les écoute, ça va me faire progresser, grandir et franchir des étapes.

Au-delà des conseils portant sur le terrain, on imagine que les conseils peuvent porter sur l’attitude à adopter hors terrain, notamment en terme d’hygiène de vie ?

C’est sur que l’hygiène de vie chez un footballeur, on ne s’en rend pas forcément compte, mais c’est ultra important. Il faut vraiment faire attention à tout ce que l’on mange, ce que l’on boit, à notre sommeil, aussi, il y a plein de choses à prendre en compte. Toute notre vie est basée autour de cela : si on veut en faire notre métier, cela sera toute notre vie. Plus on mange mal et plus on boit mal, plus cela risque d’entraîner des blessures. Et on sait que les blessures, cela peut tuer notre carrière. Il faut se forcer à faire attention. Peut-être que l’on aura pas la même vie que tous les jeunes qui vont s’amuser, mais c’est un choix de vie qu’il faut accepter. Et quand on y arrivera, on sera content d’avoir fait tous ces sacrifices.

De votre côté, il y a quelqu’un qui travaille spécifiquement cela avec vous à Amiens ?

Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais par contre, il en paiera les conséquences si tout n’est pas bien respecté.

On a des préparateurs physiques qui s’y connaissent bien sur ces sujets. Donc si on a des questions à leur poser, on peut leur demander. De même, on a pas mal d’étiquettes affichées dans tout le centre sur les questions de la nutrition, du sommeil. On nous rabâche bien ce qu’il faut faire de ce côté pour qu’on le respecte au maximum. Après, c’est chacun son projet. On a chacun notre appartement, au club, ils ne sont pas forcément au courant de tout ce que l’on mange. Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais par contre, il en paiera les conséquences si tout n’est pas bien respecté.

Pour ce qui est de ce début de saison un peu compliqué, comment l’analysez-vous ?

On avait fait un super match à Valenciennes d’où l’on a ramené la victoire, et ensuite on a directement connu une défaite à domicile qui nous a fait mal. Avec en plus une manière vraiment négative, on n’avait vraiment pas fait un bon match. Et ensuite, on enchaîne avec deux nuls évitables, surtout à Grande-Synthe où l’on joue à 11 contre 10 parce qu’ils se prennent un rouge à la 30ème minute. Mais ça fait partie du football de faire un mauvais début de saison. Maintenant, il faut se ressaisir. Je pense que l’on a bien fait il y a deux semaines à Feignies où l’on a rapporté un nul avec un bon contenu. Il va falloir remporter dimanche notre premier match à domicile contre Maubeuge afin de se relancer et de se remettre vite dans le championnat. Il va falloir se baser sur ce dernier match contre Feignies que l’on a bien géré.

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Après, comme nous dit le directeur du centre, le coach Descamps, en réserve on a 90 minutes pour former un collectif parce que l’on change beaucoup d’équipe, on varie beaucoup de joueurs. Mais ça ne doit pas nous perturber, chacun à ses objectifs individuels mais qui doivent être mis au service du collectif le week-end. Et c’est ce que, pour le moment, on a du mal à faire. Si on arrive à bien gérer ce projet collectif, ce sera bénéfique pour tous. Je pense qu’on peut faire de belles choses parce que l’on a les moyens d’avoir une grosse équipe. Je pense qu’à partir du moment où l’on aura réussi à penser un même projet en collectif, il y aura moyen de faire de belles choses.

De ce point de vue de la rotation, dans ton secteur de jeu, entre vous et Thadée Kaleba qui avez joué toutes les rencontres, les automatismes doivent commencer à venir ?

On commence à bien s’entendre, on a l’occasion de s’entraîner toute la semaine ensemble, ce qui aide également. Après, le but, c’est de trouver un maximum d’automatismes avec tout le monde dans l’équipe. A force de travail, on va y arriver.

Malgré tout, vous possédez la dernière défense (ex-aequo) du championnat…

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C’est vrai qu’on a pris beaucoup de buts. Je pense que c’est parce que, de base, on est plus des joueurs orientés vers l’avant. On a une bonne qualité de relance, donc quand on a la balle, ça ne pose pas de problèmes. Je pense qu’on a plus de difficultés à défendre ensemble, comme une vraie équipe, et non individuellement. Parce que la défense, ce ne sont pas que les quatre de derrière, c’est tout un collectif. Et je pense que c’est ça que l’on a du mal à faire pour le moment, défendre en bloc, en équipe et non attendre que ce soient les 4 de derrière qui défendent. On est en train d’y travailler, de travailler différents systèmes afin d’avoir une équipe la plus compétente possible. Mais c’est vrai qu’on a pris beaucoup de buts et il faut y remédier. Prendre presque deux buts par match, c’est trop. On n’a jamais fait un match sans en prendre un et il serait temps de se réveiller.

Justement, dans l’idée de faire une carrière pro, c’est peut-être ce travail sur les détails qui va faire la différence ?

On sait très bien que tous les joueurs de la réserve ont pour ambition de jouer au plus haut niveau. Et on sait qu’au haut niveau, la petite erreur ne pardonne pas et sera punie directement. Déjà, en N3, on voit que, dès que l’on fait une petite erreur, cela peut être puni, mais en L1, c’est puni presque à 100%. Donc on sait que les petits détails peuvent avoir des gros impacts là-haut et que l’on n’a pas le droit à l’erreur. Il faut une exigence sur tous les détails.

Le fait que Luka Elsner ait appelé sur le banc, en Coupe de la Ligue, des joueurs de la réserve, même si ça ne vous concerne pas encore, cela doit être motivant ?

C’est sur, c’est très motivant. On voit qu’on n’est pas si loin et que si l’on continue à bien travailler, on sera récompensé. Et que le coach n’est pas fermé aux jeunes et va leur laisser leur chances. Et ce sera à eux de la saisir, et j’espère à moi, plus tard.

Morgan Chaumier

Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports