GYMNASTIQUE RYTHMIQUE : À la découverte de la section GR de l’ESCLAM Gym

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Nous sommes allés à la rencontre de Lucie Metra, l’entraîneur de la section gymnastique rythmique au sein du club de l’Esclam Gym de Longueau. Cette dernière évoque ici une structure amiénoise en plein développement, dans un sport qui souffre d’une couverture médiatique quasi nulle…

Bonjour Lucie, pouvez-vous nous présenter la « GR » ? 

Je suis entraîneur au sein de la section Gymnastique Rythmique de l’ESCLAM Gym, la GR allie la gymnastique, la danse et ça se pratique en individuel ou en équipe. Il y a cinq engins; le ballon, le cerceau, les massues, le ruban et la corde. En tant qu’entraineur, j’ai le rôle de composer les enchaînements que les gymnastes présenterons en compétition, mais également de leur transmettre mon savoir-faire.

Qu’est-ce que l’ouverture de la section GR à l’Esclam Gym (ndlr : ouverte en 2018) peut apporter au club? 

De la nouveauté, puisque c’est une section qui n’existait pas. Des filles découvrent cette discipline, des anciennes gymnastes reviennent dans ce sport à Amiens puisqu’il n’y en avait pas avant. Cela permet aussi au public de découvrir un autre univers que la gymnastique. 

Peut-on faire le lien entre la gymnastique dite traditionnelle et la GR ?

Il y a très peu de liens entre la GR et la gymnastique traditionnelle

Il y a très peu de liens entre la GR et la gymnastique traditionnelle puisque c’est à base d’acrobaties alors qu’en GR il y en a très peu, les seules autorisées sont les roulades avant/arrière, la roue, les souplesses avant/arrière. Toutes les autres acrobaties que l’on voit en gymnastique telles que le salto, rondade.. sont interdites dans notre discipline. 

Comment se déroulent les entraînements ? 

Il y a deux entraînements par semaine, on démarre par un échauffement corporel qui allie cardio, musculation et travail corporel et à l’engin. Ensuite, on travaille sur la composition de l’enchaînement que l’on présentera aux compétitions.

Pourquoi les champions sont toujours des « jeunes » (ndlr : entre 16 et 20 ans) ?

Notre sport est un sport à maturité précoce, c’est-à-dire que pour les jeunes gymnastes, c’est vers l’âge de 10 ans jusqu’à 16-17 ans où nous sommes les plus performants. En effet, dans cette période on arrive à tenir des longs entraînements et notre corps est fait pour ça, il est tonique à cet âge, après c’est plus difficile de tenir l’endurance. 

Quels sont les critères évalués dans les compétitions ? 

Il y a 3 critères qui sont évalués. D’abord l’exécution : le juge va alors regarder si les jambes et les bras sont tendus, si les pointes de pieds sont tirées, si le corps à une bonne tenue. Mais aussi, les chutes de l’engin au sol. L’artistique : on va regarder le rapport de la musique et du mouvement, on va essayer d’allier la musique avec ce que l’on fait dessus. Pour finir, il y a l’aspect technique, les difficultés corporelles; les sauts, les pivots, équilibres et aussi les lancers et les collaborations.

Comment bien préparer une compétition ?

Il faut être positif dans sa tête, c’est vraiment le secret

Pour bien préparer sa compétition il faut être positif dans sa tête, c’est vraiment le secret. Il faut se dire que l’on va y arriver, que l’on a travaillé toute l’année pour ça et que l’on sait le faire donc il n’y a pas de raison pour que le jour de la compétition ce soit différent. Certes, il y a la part de stress qui rentre en compte donc c’est pour ça qu’il faut préparer les gymnastes au mieux aux compétitions en leur faisant faire des passages en justaucorps (ndlr : la tenu de compétition), mais également avec la présence d’un public. 

Quelles sont les différences entre les enchaînements individuels et collectifs ? 

Alors comme son nom l’indique, en individuel on est seul sur le praticable donc on présente un enchaînement avec un seul engin pendant 1 minute 30, en ensemble nous sommes en groupe de quatre ou cinq en passant environs 1 minute 45 sur le praticable. L’équipe présente au club se compose de six gymnastes dont une remplaçante à chaque compétition, et nous présentons un enchaînement avec selon les impositions de la Fédération Française de Gymnastique un ou deux engins différents sans le même enchaînement. 

Votre sport manque-t-il d’un manque de médiatisation ? 

Alors oui la GR manque réellement de médiatisation, bien sûr comme de nombreux sports, comme la gymnastique d’ailleurs. Par exemple cette semaine il y a les championnats du monde à Bakou en Azerbaïdjan et aucun média n’en parle. 

Diriez-vous que c’est un sport exclusivement féminin ?

Concernant le genre du sport, on va dire qu’à 99,9% il est féminin, on trouve quelques garçons mais ça reste rare, et ils sont très impressionnants dans leurs enchainements, puisqu’ils ont un travail de force que nous les filles nous n’avons pas et ça donne une autre vision peu importe le niveau.

 

Êtes-vous satisfaite des résultats obtenus la saison dernière ?

Je suis très satisfaite des résultats de l’année dernière, puisqu’avec seulement sept gymnastes en compétition, elles sont dans leur catégorie respectivement championnes départemental et régional. 

Quels sont les objectifs pour cette nouvelle saison ?

Déjà, nous augmentons le nombre de gymnastes en compétition, l’année dernière il y avait un ensemble et  une individuelle. Cette année, il va y avoir un ensemble, cinq individuelles, et un duo. Concernant les résultats, j’espère obtenir aussi bien que la saison dernière voire mieux, avec pour l’ensemble une qualification pour les championnats de France, puisque c’est la seule catégorie que nous présenterons avec une qualification possible.

À quelle échéance sont les prochaines compétitions et quels sont enjeux ? 

Les premières compétitions auront lieux en début de l’année 2020 que ce soit pour les individuelles ou l’ensemble, l’objectifs sera de garder les titres.

Valentine BERTHE

Crédits photos : Kévin Devigne/ DR

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