FOOTBALL : “Je n’ai qu’un seul objectif c’est de tutoyer l’excellence”

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CIT Dessaint

Lors de la conférence de présentation de Luka Elsner du jeudi 20 juin, Bernard Joannin (Président de l’Amiens SC) s’est exprimé sur l’avenir du club et le nouveau projet mis en oeuvre avec l’arrivée du nouvel entraîneur.. 

“Avant de vous présenter Luka ou qu’il se présente lui-même. Je voulais vous parler de ses 5 dernières années très intéressantes d’un point de vue affectif et sportif que l’on a vécu avec Christophe Pélissier et ses adjoints. Je dis beaucoup d’émotion, et on peut dire le mot beaucoup d’amour en ses 5 années. Des choses qui se sont construites et le club a évolué sportivement. Le club était en nationale puis en ligue 2 et en ligue 1 et a su se maintenir. Un énorme travail sur le stade a été fait, on peut être fier de ce travail mais il y a encore beaucoup de chemin, beaucoup à améliorer.

Je suis personnellement très excité de cette nouvelle aventure humaine que nous allons construire, animer avec Luka. C’est vraiment le sens de cette évolution. Dans ce club je dis toujours « Il n’y a jamais de révolution » mais cependant il y a de l’évolution. On ne peut jamais stagner dans la vie, il faut toujours se remettre en cause, et pour cela il faut vivre avec le monde extérieur. Il faut se “benchmarker” en permanence. Tout a l’heure je discutais avec Luka, il me disait : “Président est-ce que vous avez des objectifs ?” Non, moi je n’ai qu’un seul objectif c’est de tutoyer l’excellence. En permanence d’essayer de me rapprocher de l’excellence. Tous les matins quand je me lave les dents -je me lave les dents tous les matins je vous assure (rires) – je pense à ça : comment personnellement je vais pouvoir progresser, parce que si je progresse, mes équipes vont pouvoir progresser. Et donc je veux et j’essaye, avec les actionnaires et tous les gens qui m’entourent au sein de ce club,  de regarder devant, regarder ailleurs ce qu’il se fait et toujours être dans la vision de progrès.

Et c’est dans cet esprit, plutôt que de prendre des entraîneurs renommés sur le papier, que j’ai voulu avec l’ensemble des gens qui ont participé dans ce choix, aller dans ce choix d’avenir, un entraîneur jeune, diplômé, avec déjà une expérience, mais aussi une carrière à construire. Et cette carrière j’espère que Luka va la faire pendant de nombreuses années avec nous. Voila ce que j’avais à vous dire.

Fin mai vous aviez dressé le portrait-robot du successeur de Christophe Pelissier. Il fallait un entraîneur rompu à la ligue 1. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

J’ai l’habitude dans un premier temps de dire aux gens se qu’ils ont envie d’entendre. Je vais vous expliquer pourquoi. C’est stratégique. Quand vous dites à quelqu’un ce qu’il a envie d’entendre ses écoutilles s’ouvrent et il vous écoute. Donc ça c’est important. Donc on était parti sur un profil d’entraineur qui avait une expérience de ligue 1 mais au travers des divers rendez-vous que l’on a eu, j’ai eu un coup de cœur pas rapport a la vision que Luka a du football.

Ça m’a rappelé le coup de cœur que j’ai eu avec Christophe il y a 5 ans qui n’avait jamais entraîné en ligue 2. Qui avait juste une expérience en national et qui n’a jamais été un joueur de haut niveau. Donc c’était une forme de risque que j’avais pris. Et je pense vous l’avoir dit lors de la dernière conférence de presse, je suis un homme qui toute sa vie a pris des risques mais des risques qui s’entourent de travail et de réflexions, mais le football et la vie ce sont des risques permanents. Il faut juste que ces risques soit bien calculés. J’avais envie de vivre de nouvelles aventures avec tous les actionnaires, de repartir sur un nouveau cycle. On a atteint un palier, il faut briser ce plafond de verre. Il faut recommencer un nouveau cycle, un coté très euphorisant.

Luka est conscient de la chance qu’il a et de la performance qu’il doit avoir, il a aussi conscience de la sérénité et du calme qu’il existera dans la tempête des dirigeants. Ça a toujours était le cas, on a eu par le passé des moments difficiles. Vous ne m’avez jamais vu surexcité par rapport à ça. J’ai su prendre des décisions quand je pensais que les personnes n’étaient pas capables de mener à bien le projet. Mais quand j’ai une grande complicité avec les personnes et que je sens qu’ils ont cette capacité à aller au bout du projet, je suis derrière eux. Et tout mes actionnaires sont derrière eux. On a toujours été comme ça. 

> Les déclarations de Luka Elsner lors de sa présentation

Luka a évoqué de longues négociations, ça veut donc dire qu’elles ont été ouvertes rapidement et qu’il faisait partie de vos premiers choix ? 

Oui c’était l’un des premiers choix, les négociations n’étaient pas dure avec Luka mais avec son club. C’est un peu logique, il avait un contrat de longue durée. Nous sommes entrés dans une discussion normale en tant que dirigeant de club. 

L’ambition avec Luka c’est d’aller encore plus haut ?

Mon ambition et l’ambition des gens qui m’entourent c’est toujours d’aller tutoyer l’excellence. C’est de progresser en permanence. Mon objectif c’est de rendre pérenne ce club dans les 20 meilleurs clubs français. Pérenne ça veut dire que Amiens soit un club de Ligue 1, nous sommes sur le chemin, nous devons continuer et améliorer nos bases. Et j’ai une grande confiance en l’équipe qui est en train de se mettre en place avec John, Louis et Christophe qui vont m’accompagner. Et donc tous les binômes qui gèrent les services dans le club. Avec Luka, on a cette ambition de construire un club. Moi je ne suis pas président supporter, je suis directeur général d’une société de spectacles sportifs. Et je veux la rendre la plus performante possible.

Quelle est le budget disponible pour le mercato ?

Là encore ça vous paraître bizarre, mais quand je demande au coach et à John quelle équipe ils veulent, ils me posent la même question que vous. Je dis non pas de budget, faites-moi l’équipe que vous souhaitez réellement, mettez les noms qui pour vous sont essentielles pour pratiquer le football que vous voulez pratiquer, et après, une fois qu’ils ont construit ça, moi je fais les arbitrages. Mais, je vais vous expliquer pourquoi. Vous allez dire voila vous avez 4 millions et vous allez vous enfermez dans 4 millions. Mais si le projet et intéressant c’est à moi d’aller chercher les 2 millions supplémentaires s’il faut monter à 6. Je ne veux pas m’enfermer, vous commencez à me connaitre. Je n’aime pas me mettre dans les impasses. Donc je suis ouvert, si le projet est ambitieux, si je sens qu’il a une chance de réussir. Je peux essayer de trouver les investissements pour pouvoir le réaliser.

Je vais rajouter quelques choses. Je crois que c’est dans l’entretien, ou dans le cadre de rendre pérenne Amiens en ligue 1. J’ai mis la barre a un budget club a 50M dans les années à venir. Je pense que quand vous avez un budget de 50M en ligue 1 et que vous ne faites pas de grosse erreur de management, vous devenez un club régulier en ligue 1. Le dire c’est une chose, le faire en est une autre.

Aujourd’hui, qu’en est-t-il au niveau du recrutement de joueurs?

On a un petit peu ralenti notre recrutement. Parce que John voulait parler avec le futur coach. Là il va pouvoir. On a laissé des dossiers au chaud, et maintenant John va pouvoir discuter avec Luka si ces dossiers son primordiaux dans le cadre du projet de jeu qu’il veut mettre en place.

Propos recueillis par Leandre Leber / Lucas Sta

Crédit photo : Leandre Leber

 

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