ROLLER HOCKEY : “Familles de bénévoles” – Les Crignier, transmission d’enfants à parents (2/2)

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Après avoir abordé dans un premier temps leur parcours familial, leur rapport au roller-hockey, et la transmission de passion bénévole de génération en génération, retrouvez la seconde partie de l’entrevue avec les membres de la famille Crignier. Il est cette fois question du bénévolat au sens large, vécu différemment par chacun, et sur l’avenir de Martine, Gérard, Clément et Renaud au sein des Écureuils d’Amiens.

Traitons le sujet du bénévolat dans un sens plus général. Selon vous, comment devient on bénévole ? 

Clément : C’est surtout une envie de partager et de donner qui est importante. Si tu pars sans vouloir faire partager ton expérience ou le point de vue du club, tu peux difficilement être bénévole. Après comment tu le deviens, c’est naturel, il faut en avoir envie. C’est quelque chose qui prend du temps et de l’énergie.

Quand je vois des enfants du club […] me remercier, me présenter à leurs enfants, ce n’est que du bonheur

Martine : Il faut aimer donner, partager. Parce que dans le bénévolat, on a beaucoup de reproches et pas beaucoup de remerciements. Mais quand je vois des enfants du club que j’ai un peu remué à l’époque et que je les vois aujourd’hui me remercier, me présenter à leurs enfants, ce n’est que du bonheur. Après c’est vrai qu’il faut énormément donner de son temps. Et puis, on a des responsabilités, notamment auprès des mineurs. Il faut en être conscient.

N’est-ce pas difficile de s’investir autant au sein d’un club ?

Renaud : Non, de toute façon pour être bénévole il faut aimer l’être. C’est notre passion donc on a aucun problème là-dessus.

Martine : Pour moi non. Je ne me suis jamais pris la tête et pourtant, j’ai un caractère bien trempé. Le tout c’est de ne pas m’embêter ou de toucher aux gamins. Que ce soit n’importe qui au club, il ne faut surtout pas toucher à un Écureuil. Le seul point négatif que je peux dire c’est que ça fait 27 ans que je nettoie tous les week-ends 17 pantalons et 17 maillots. (rires)

Clément : Certaines personnes ne nous comprennent pas parce qu’être bénévole ça peut prendre énormément de temps. Nous on joue, donc c’est quand même notre passion, notre loisir. Être aussi acharné pour 0€ c’est normal pour nous.

Gérard : Je pense qu’on ne peut pas comparer être bénévole dans un club à 100% amateur et être assistant ou bénévole dans un club qui a des moyens financiers. Nous, il y a très peu d’argent, et tout ce qu’on fait c’est un investissement. 

Nous, il y a très peu d’argent, et tout ce qu’on fait c’est un investissement 

Quand j’étais plus jeune, je suivais le Hockey sur gazon dans le cadre de mon travail. À cette époque là, je n’avais pas encore d’enfant et j’étais admiratif devant toute la famille Delavenne. C’est eux qui ont créé le club, qui l’ont supporté, et je m’étais toujours dit, si un jour j’ai des enfants, ce qui me plairait, c’est de suivre l’exemple des Delavenne. C’était aussi un sport 100% amateur. Les Delavenne on les voyait faire les coupes d’Europe, les championnats du monde, même les JO. Je m’étais dit, si un jour mes gamins arrivent à ce niveau là, ce sera un aboutissement, et c’est ce qui se passe actuellement.

Qu’est-ce-qui vous plaît dans votre travail de bénévole ?
L’équipe des Black Swans de Clément (le premier enfant sur la photo).

Martine : Tout. Tout me plaît. Même quand je me prenais la tête avec des gamins pour les remettre dans le droit chemin. Ce n’était pas une corvée, je prenais simplement tout ça à cœur. On est vraiment dans un club familial. Tout le monde se fait la bise, tout le monde se connaît, il n’y a pas de “Madame Crignier”, c’est Martine, le président même chose, les joueurs Élite font la bise aux enfants, aux parents, c’est bon de vivre dans une ambiance pareille.

Clément : Moi c’est le partage surtout, et la transmission des savoirs envers les jeunes. Surtout quand ils nous écoutent, c’est très gratifiant.

Que pensez-vous de la phrase : “être bénévole c’est avant tout être un supporter” ?

Renaud : De toute façon quand tu es bénévole tu travailles pour un club, donc forcément tu es derrière les équipes jeunes, derrière les seniors, tout le monde est sous le même toit, sous les mêmes couleurs. Quand ça se passe bien, que l’équipe gagne, forcément les bénévoles aussi sont contents, et nous aussi on est content de voir qu’il y a des personnes autant investies autour de nous.

Les Écureuils d’Amiens lors d’un match de championnat (2018/2019).

Gérard : Après, évidemment qu’on est tous attachés au club, qu’on aime gagner, mais pour moi la victoire ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est le sport, c’est les voir s’amuser, s’éclater, et c’est de voir les jeunes qui les regardent avec des grands yeux et qui ont envie de faire pareil. Ce que je recherche dans le sport, c’est leur bien-être et leur plaisir avant tout.

Pour terminer, est-ce que vous vous voyez bénévole toute votre vie ?  

Clément : Moi ça va surtout dépendre de ce que ma fille fera plus tard. Si elle fait du sport ou une autre activité et qu’ils ont besoin d’aide, je pense que je continuerai à être bénévole. On verra ce que la vie nous réserve.

Renaud : Moi aussi je pense que ça continuera et encore plus si j’ai la chance d’avoir un petit garçon. Il fera du Hockey et je le suivrai. Après il aimera, il aimera pas, mais ça pourrait prolonger en tout cas mon bénévolat au sein du club. On ne sait pas de quoi l’avenir est fait mais moi non plus je n’arrêterai pas du jour au lendemain. On restera au sein du club pendant encore de longues années je pense.

Martine : Pour l’instant je ne sais pas mais tant que Renaud et Clément continueront, c’est sûr. Je ne suis pas là seulement pour eux mais disons que c’est la locomotive. Est-ce que je pourrais toujours être au club dans plusieurs années ? Je le ferais autrement je pense, ce sera un autre bénévolat. Je m’occuperais peut être de la buvette (rires). Et si des petits enfants arrivaient, évidemment ça pourrait prolonger mon bénévolat. Et même si je n’étais plus au club, je ferais un autre bénévolat. Je m’investirais dans autre chose. Je ne pourrais pas rester sans faire du bénévolat. Je veux me rendre utile et apporter du bonheur aux gens.

Gérard : En ce qui concerne mon grand âge, je pense que je suis plus près de ma fin de carrière que du début (rires), mais je continuerai tant que je le pourrai.

Propos recueillis par Timothée Van Poecke

Crédits photos : Kévin Devigne, Gérard Crignier.

Entre passé sportif et transmission de passion, la famille nous parle de son histoire. Retrouvez la première partie de notre entretien avec les Crignier ci-dessous >>

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