Martin Saleille : “Ce n’est pas un cadeau de tomber contre le RCA en demi-finale de play-offs”

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Coach principal de l’équipe première du Rugby Club Amiénois depuis septembre dernier, Martin Saleille boucle la première phase de poule de sa jeune carrière à la place de leader, avec 4 points d’avance. Retour sur cette première partie de saison avec le coach de 34 ans et projection sur les play-offs qui se profilent en fin de mois !

 

Pour commencer cet entretien, parlons de la dernière défaite en date. Une défaite 19-0 sur le terrain de Villeneuve pour clore ces phases de poules..

On a rencontré une bonne équipe tout simplement. On prend la 1ère mi-temps avec 2 occasions mais on n’arrive pas à marquer. Louis (ndlr : Wiotte) n’est pas loin d’y aller seul et le maul ne conclut pas sa percée. Finalement on s’agace, on perd le fil avec des fautes de mains qui nous font mal. En face, ils marquent à la 40ème donc pour nous c’est un coup derrière la tête. Villeneuve ont une grosse défense qui fait mal, très agressive, on n’a pas su s’en sortir et on réencaisse des points. On ne partait pas favori je pense, même si on était assuré de finir premier. Personne ne sortait vraiment du lot dans cette poule. Pas même nous car on gagne sur pas mal de coups de jeu comme face à Villeneuve ou St Omer. C’est très serré mais les gars ont fait le “taff” sur la demi-saison, malgré cette dernière défaite. 

Quel bilan tires-tu de ces 14 journées (11V, 1N, 2D) ?

Je crois qu’on dresse un super bilan ! On prend 5 bonus offensifs et 1 bonus défensif. C’est vraiment très positif, tout a été bon jusqu’à aujourd’hui. On finit 2ème attaque et 2ème défense. Dans le jeu on a évolué crescendo. Les schémas fonctionnent sur le terrain et les joueurs ont fait un très bon travail. On passe à coté de certains moments, on prend l’orage mais parfois on arrive à réagir. Je pense à Villeneuve où on perd 10-0 à la 60ème, ou encore face à l’Iris, et on renverse finalement la situation. On a vraiment de belles ressources. L’objectif fixé par les coachs était d’être dans les 4 premiers. Dunkerque, Iris, Saint-Omer, … il a fallut aller se battre ! Au fur et à mesure les objectifs ont évolué. Les 4 premières, puis les 2, puis garder le trône ! Tu te prends au jeu. Maintenant l’objectif c’est la finale. On est passé au stade “Objectif par Objectif” ! La réserve aussi finit première (ndlr : 12V, 2D) ! Désormais la réserve doit finir championne et l’équipe A doit atteindre la finale. Les mecs ont faim !

Vous rencontrez Villeneuve le 24 mars pour les demi-finales aller de ces play-offs, alors qu’ils viennent de vous battre 19-0 chez eux. Est-ce qu’ils ont pris un avantage psychologique ? Quelles sont tes craintes plus “générales” pour ces play-offs ?

Les joueurs ont peut-être pris un avantage psychologique, il faut leur demander. On a subit dans ce dernier match, c’est vrai, et on n’a pas fait la révolution sur le terrain. Mais à côté de ça, on a fait des gros matchs qui nous donnent quand même de la confiance. Je pense que ce n’est pas un cadeau de prendre le RCA en demi (rires) ! On a fait un excellent travail, et il n’y a pas d’ascendant psychologique, pas pour nous, les coachs, en tout cas. En play-offs on peut toujours perdre. Mais c’est un autre match dans un autre contexte. On est premier, on a 8 points d’avance sur eux. On compte aussi sur les supporters ! Au match retour à domicile le 31 tout le monde sera galvanisé !

On se souvient de l’échec de l’année dernière, tu étais déjà dans le staff, à co-coacher. Est-ce que ça va te servir ou c’est oublié ?

Toutes mes expériences vont me servir, et rien n’est oublié. On se sert de tout ce qu’on a vécu ! Les joueurs sont là pour jouer, mais oui je vais y penser un peu. On ne joue pas la même équipe, ça ne sera pas la même dynamique non plus ! On se remet plus facilement en question après une défaite, et c’est après celles-là qu’on apprend le plus.

Tu as un effectif mixte, qui allie joueurs d’expérience et jeunesse. Ça peut faire un bon cocktail pour les play-offs..

On a tout le monde sur la feuille de match. On n’a pas de blessé sauf Landry SALUA chez la réserve, qui s’est cassé le bras le week-end dernier sur le terrain. Dans l’équipe première, on est pas mal d’expérimentés chez les avants, mais avec quelques jeunes qui apportent cette fougue. L’équipe est équilibrée. On était beaucoup moins mixte il y a quelques années. Au sein de chaque ligne on a de la jeunesse et de la sagesse pour calmer tout ça.

Est-ce que vous vous mettez une pression positive ou ce sont des matchs comme les autres ?

On va s’appuyer sur notre jeu. La préparation commence aujourd’hui. C’est difficile de faire des nouveautés à partir de maintenant. Il faut qu’on trouve le bon plan de jeu avec notre complémentarité sur le terrain. On sera dans le positif, sans se mettre de pression. On serait favori au vu des années précédentes, et on finit premier du championnat qui vient de se terminer, mais en opposition directe ils sont devant je pense (ndlr : RCA victoire 12-10, puis défaite 19-0). Mais encore une fois ça ne veut plus rien dire à ce niveau.

D’un point de vue personnel désormais. Tu conclues tes premières phases de poules seul à la tête d’une équipe, et tu termines premier. Ce sont maintenant tes premiers play-offs, comment tu le vis ?

C’est très fatiguant (rires). Mais c’est vraiment une super expérience. Je travaille avec Yann Mailly, coach des avants, Jean-Sebastien Leblond, coach des trois-quarts, JB qui vient renforcer le staff et Bertrand pour la préparation physique. C’est une autre façon de travailler. Je suis coach principal mais je n’aime pas vraiment ce terme. Notre boulot c’est de réguler l’effectif, et on est juste au service de l’équipe. Si le coaching est bon, alors les joueurs ont déjà plus de chances de réaliser un bon match. Chacun ses responsabilités en fait ! Mais pour conclure je l’ai bien vécu, je me régale !

Equipe première et réserve sont premiers, comment expliques-tu cette suprématie amiénoise ?

Les deux collectifs ont fait beaucoup d’efforts ! Le staff a changé, il a fallut faire avec. Les joueurs se sont adaptés très vite et je pense que le club a donné les moyens à tous de progresser. On attache aussi beaucoup d’importance à la réserve. Si la réserve fonctionne bien, l’équipe première marche bien. Il y a un soutien entre les 2 collectifs et tout le monde est soutenu et soutient ses potes. On veut que la réserve se sente autant concernée. Des jeunes montent parfois en A, certains descendent en B, ça fait du bien à tous ! Ils s’investissent et se sentent concernés ! Ça paye ! Ils donnent énormément, autant sur le terrain pour eux, que dans les tribunes pour les collègues !

 

Propos recueillis par Benjamin Poupart

 

Crédits photos : Coralie Sombret,
Léandre Leber,
Romain Gambier,
– GazetteSports

 

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