FOOTBALL : Rencontre avec Gauthier Banaziak

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CIT Dessaint

Troisième gardien de l’Amiens SC et gardien titulaire en réserve, le jeune Gauthier Banaziak s’est livré à Gazettesports, et revient sur sa jeune carrière.

Gauthier, comment s’est passé ton arrivée ici, à Amiens ?

Au début, c’était compliqué, au niveau familial, de quitter la famille si jeune, après on s’y fait vite. J’avais un peu de mal à changer d’équipe, car avant on jouait plus entre copains, c’était difficile de trouver mes « nouveaux copains », mais ça a pris forme, et j’ai gravi les échelons.

Tu as signé professionnel cette saison, ça doit faire quelque chose de particulier ?

Je devais déjà signer pro l’année passée, mais ça ne s’est pas fait, avec les différentes arrivées au club, du coup j’ai signé pro cette saison. Je le veux depuis que je suis petit, c’était comme un rêve qui se réalise, mais on m’a dit et je sais que le plus dur reste à faire.

Du coup, ton objectif prochain serait de jouer avec la A ?

Oui, déjà quand je joue les matchs amicaux, c’est déjà bien, alors jouer un match officiel serait incroyable.

Pour l’instant, tu es le gardien numéro un de la réserve, cela peut aussi t’aider à monter parmi la A ?

Selon mes performances, oui, pour se faire voir, il faut être irréprochable, dans le comportement, dans l’attitude, dans la parole, il faut être un exemple. 

Le fait de voir tes coéquipiers de la réserve, notamment Cheick Timité et Stanley Segarel, monter en équipe première, c’est une fierté pour toi ? Un exemple ?

Après si on n’est pas bon en réserve, le coach ne va pas savoir qu’on existe.

Oui, c’est ce que je disais avant, il faut faire de bonnes performances en réserve pour pouvoir entrer dans le vestiaire des pros. Après si on n’est pas bon en réserve, le coach ne va pas savoir qu’on existe. Et Cheick et Stan ont réussi.

Beaucoup de joueurs de différents groupes jouent en réserve, c’est compliqué à gérer ?

C’est ça qui est difficile, parce que tu as les jeunes, tu as les pros, et tous les week-ends, l’équipe réserve change, on est juste là pour 90 minutes, et après on ne sait pas trop, on se demande si on va jouer le week-end d’après.

Après dès qu’on joue, c’est toujours bon à prendre. Comme Stanley (Segarel), qui joue avec la A, qui n’a pas beaucoup de temps de jeu, mais c’est déjà ça, il ne faut pas aller trop vite.

Ça peut paraître compliqué, pour les gardiens, d’essayer de prendre la place de Régis Gurtner ?

Régis c’est un monstre ! Il me fait du bien, j’apprends beaucoup grâce à lui, aussi grâce à Matthieu Dreyer, tous les gardiens qui sont passés ici m’ont appris quelque chose, il y a eu Raph (Raphaël Adiceam), qui m’a appris à jouer au pied et à rester calme. Régis (Gurtner), c’est un exemple, il est calme, il sait parler à tout le monde. Et l’an dernier il y avait Jean-Christophe Bouet. Il a le même caractère que moi, du coup il m’a canalisé, et avec Matthieu Dreyer, on a des très bons délires ensemble. Tout le monde m’apporte.

Quelles sont tes volontés pour le futur, dans le monde du football ?

Rester dans le monde professionnel, tout simplement.

As-tu toujours été gardien ?

J’ai fait six mois sur le terrain. Après, dans l’équipe B de Roye, il n’y avait pas de gardien. Du coup on faisait un roulement pour aller aux cages. Moi je ne voulais pas y aller, mais mon père et mon entraîneur, le voulaient, du coup j’y suis allé, j’ai fait un super match, et depuis j’y suis resté.

Le poste de gardien est un peu un poste à part, un peu solitaire…

Les coachs m’ont toujours dit qu’on est le capitaine de sa surface. Dès tout petit, je l’ai compris, c’est moi le patron dans ma surface. Après tu es tout seul, quand ils attaquent (les coéquipiers), tu es derrière, en retrait, mais c’est le meilleur poste. C’est un peu ingrat, car tu n’as pas le droit à l’erreur, mais d’un côté tu peux être le héros d’un match. C’est ce que j’aime dans ce poste.

Une grosse défaite avec beaucoup de buts encaissés est-ce difficile à gérer mentalement ?

Quand tu vis le match, tu te dis « Quand est-ce qu’il va se finir ? », quand tu vois qu’une frappe donne un but, c’est pas possible. Tu essaies de réagir, enfin, déjà d’en prendre le moins possible, après, c’est vrai que quand tu arrives le lundi à l’entraînement et que tu te dis « J’en ai pris cinq quand même », c’est pas évident. Mais il faut oublier, c’est comme les boulettes, avant je n’acceptais pas de faire d’erreurs, mais mon coach (Olivier Lagarde) m’a appris que c’est « normal » d’en faire.

As-tu une équipe favorite, en dehors de l’Amiens SC ?

Non, je n’en ai pas. Avant j’aimais bien le PSG, mais maintenant ils écrasent tout, ce n’est pas marrant. J’ai pas d’équipe précise, hormis peut-être choisir entre le Real Madrid et le FC Barcelone, je suis plus supporter du Real. J’aime bien le beau football, des beaux matchs, je préfère regarder un match entre le dixième et le onzième plutôt qu’un match entre le premier et le deuxième, si ça joue bien, si il y a des actions. Un match où une équipe défend et où l’autre attaque, ça ne m’intéresse pas, comme le PSG-Guingamp (9-0), ce n’est pas intéressant.

As-tu un joueur favori ?

Je dirais Gianluigi Buffon, c’est pas un favori, mais c’est un exemple. C’est un monstre, même dans son attitude, ce qu’il dégage, sa classe, c’est un exemple.

En parlant de Buffon, son entraîneur, Thomas Tuchel, le fait souvent tourner avec Alphonse Aréola, est-ce qu’une situation comme celle-ci te plairait en pro ?

Ça doit être spécial, tu te demandes pourquoi il te sort, si c’est par rapport à tes performances, par rapport au match qui arrive, ça ne doit pas être évident. Que tu perdes ta place au profit de l’autre parce qu’il est meilleur, d’accord, ça se comprend. Je pense que tu ne prépares pas pareil, quand tu ne sais pas si tu vas jouer, c’est incertain.

C’est moi qui devait être sur la feuille de match.

Après c’est normal en coupe, où souvent, le coach (Christophe Pélissier) fait jouer Matthieu (Dreyer). Moi d’ailleurs j’aurai pu entrer, en Coupe de la Ligue, contre Paris, l’an dernier (Quart de finale, défaite 3-0). Quand Reg (Régis Gurtner) prend le rouge, c’est Jean-Christophe Bouet qui l’a remplacé. C’est moi qui devait être sur la feuille de match. A une heure du coup d’envoi, on a changé pour JC, lui avait des douleurs mais voulait être sur le banc, sans penser qu’il allait rentrer. Si il avait su (rires). Moi j’ai regardé le match de chez moi, j’étais au bout de ma vie (rires), ça aurait peut-être lancé ma carrière…

As-tu un match référence, que tu peux regarder plein de fois sans t’en lasser ?

La match de la montée. Le match était nul en soit (rires), mais à la fin, ça te procure de vraies émotions. Moi je n’étais pas sur le terrain, mais pour ceux qui y étaient, ça devait  multiplier les émotions. C’était un match de fou. J’étais dans les gradins, je me dis à la fin « Ok, dernier coup-franc » sans trop y croire. Quand Tom (Thomas Monconduit) tire le coup-franc, j’étais entrain de descendre, je le regarde d’un œil, et là, Manu (Emmanuel Bourgaud), c’était fou.

Romain Prot

Crédits photos – Reynald Valleron / Kevin Devigne / Léandre Leber – Gazettesports.fr

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