CLEMENT MEUNIER : “En tant que capitaine, je rêve d’emmener ce collectif en fédérale 3”

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Capitaine de l’équipe première du Rugby Club Amiénois engagée pour les play-offs, Clément Meunier s’est confié à GazetteSports en cette mi-saison. Premiers de leur poule au terme des 14 journées de phase de poule, Clément et ses coéquipiers se déplacent à Villeneuve ce dimanche pour le match aller d’une double confrontation capitale !

Clément, peux-tu d’abord nous raconter ton parcours dans le rugby ?

J’ai commencé le rugby à l’âge de 4 ans. J’en ai fait à Noyon, à Compiègne, puis je me suis fait les ligaments croisés. Ça m’a fait une cassure de deux ans. Et maintenant je suis au RCA depuis 2013, où j’ai commencé en seniors. Et je porte le brassard depuis cette saison seulement.

Vous faîtes une très grosse première partie de championnat (11V, 1N, 2D), Qu’est-ce que ça veut dire pour toi d’être capitaine de ce collectif ?

C’est une grande fierté. Être capitaine c’est une responsabilité et un engagement sur le terrain ou en dehors. Je suis capitaine car j’ai vu les jeunes monter et les plus expérimentés partir. Je me situe un peu entre ces deux générations qu’on a dans l’équipe.  Martin (ndlr : Saleille, coach principal) m’a fait confiance, et m’a donc intégré dans ce rôle. Ce n’est pas quelque chose d’énorme, dans le sens où je ne ressens pas de pression particulière, mais il faut être exemplaire et trouver les mots.

Est-ce que tu as moins le droit à l’erreur en tant que capitaine ?

Au début je me disais “on verra ce que ça donne”, même si j’étais déjà capitaine dans les catégories jeunes. Mais je donne toujours mon maximum, avec le niveau de rugby que j’ai (rires). Il faut faire la différence sur le terrain, mais avec le brassard il faut vite relativiser. Quand on sort du vestiaire, ça démarre par le toss avec l’arbitre et le capitaine adverse. Le rôle commence là, le pile ou face. C’est le premier duel du match. Ça reste symbolique pour des capitaines de gagner le toss je pense. Mis à part cela, avant j’étais beaucoup dans la discussion, maintenant le dialogue est rapide et clair. Dans un match en difficulté, tu peux perdre tes joueurs. Il faut les canaliser et vite ramener les gars à la raison.

Quelle relation entretiens-tu avec ton coach Martin Saleille par rapport au collectif ? As-tu des responsabilités particulières ?

Martin me fait part de ses choix et je lui fais part de mes observations et de mon avis. On échange beaucoup de coach à capitaine. Il a beaucoup de responsabilités, les miennes sont sur le terrain le week-end avec mes coéquipiers. Je prends aussi la responsabilité de parler avec les joueurs à certains moments. J’aime bien aller les voir et discuter, je fais aussi ce lien entre collectif et coachs.

Concernant le match aller de play-off de dimanche. Vous vous rendez sur un terrain où vous prenez 19-0 il y a deux semaines. Est-ce que Villeneuve a pris un ascendant psychologique ?

Je pense qu’ils en ont pris un c’est vrai, en plus ils prennent un bonus offensif sur nous. Mais à vrai dire une défaite comme celle-là va nous galvaniser. On fait une belle saison avec un long temps fort de 10 victoires consécutives. Après prendre 19-0 ça nous remet en question c’est sûr. On est premier, mais on a encore du boulot. On a montré notre pire visage là-bas. C’est négatif car on a perdu, mais ce n’était pas nous. Je connais les gars, ils auront faim dimanche.

Quelles seront les clefs du match selon toi ?

Ils ont une très grosse équipe en face. Ils mettent du rythme et sont bon devant. On a un peu le même profil qu’eux, bons en maul, bons en ballon porté, mais nous on peut être très rapide. Notre ligne de devant fonctionne bien. Le temps et les conditions peuvent jouer aussi. Il va falloir être propre devant et concrétiser. On a été dominateur et on a eu les occasions lors de la défaite 19-0, mais des fautes techniques nous ont pénalisé. On les a fait douter mais ils ont imposé un faux rythme qui nous fait mal. Il ne faudra pas refaire les mêmes erreurs. 

Tu as connu plusieurs échecs avec le RCA. Est-ce que tu y penses ? Est-ce que ça va te servir ?

J’ai connu les deux finales perdues, et les demi-finales de l’année dernière. On ne peut pas oublier des étapes comme celles-là. On avait battu Villeneuve il y a deux ans en demi finales avant de jouer la finale perdue. Ils vont être remontés dimanche, on le sait. Mais nous aussi. Après l’année dernière on a eu un peu de mal à digérer. Depuis on ne se met pas de pression.

Peut-on parler d’échec si vous êtes éliminés en demi ?

“On est mort de faim, et on se pousse les uns les autres.”

Ça serait un échec, oui. Maintenant on vise mieux qu’une demi. On a les moyens, les joueurs pour, mais il faudra se qualifier, soit en gagnant la finale, soit en se rattrapant derrière pour le championnat de France. À vrai dire, soit on gagne, soit on gagne (rires). On a toujours la fédérale 3 en tête. Ça fait quelques années que je suis au RCA, et en tant que capitaine je rêve d’emmener les collègues en fédérale 3. Depuis deux semaines on se prépare dur, et on fait beaucoup d’entraînements. On a voulu travailler le physique de nous-mêmes et se prendre en main en tant qu’équipe. On est mort de faim, et on se pousse les uns les autres. Ça en devient presque de l’impatience, mais les coachs nous ramènent sur terre. L’équipe veut prouver à tout le monde qu’on est capable d’en faire beaucoup, mais les coachs sont là pour recalibrer.

Vous vous projetez déjà plus loin que ces deux matchs ou c’est au jour le jour ?

On vit et joue vraiment au jour le jour. On est premier et la réserve aussi, ça fait un petit poids sur les épaules mais on joue match par match. Je pense aussi qu’il faut se projeter un minimum, car c’est aussi une source de motivation, et ça apporte une certaine tension. Mais on ne doit pas en faire une priorité. Ça doit d’abord passer par une victoire ce dimanche.

Vous emmenez des supporters avec vous, un bus de 60 personnes, ça peut aussi faire la différence ? 

C’est toujours impressionnant quand nos supporters sont là. On a une petite boule dans le ventre quand on rentre sur le terrain. Sur les premiers plaquages on sent qu’on est dans une atmosphère bienveillante. Le fait qu’on entende les cris quand on marque les points, c’est presque une fierté de se retourner et de célébrer avec eux. Mais on doit rester concentré sur les matchs aller ET retour. Le soutien des supporters, ça fera forcément une différence. Ce déplacement de supporters est une disposition du club, qui fait en sorte que l’équipe tourne. On se sent soutenu et ça fait du bien. 

Comme Martin le disait déjà à Saint-Omer, on est premier au classement, mais le dimanche, on doit être premier partout. Ça devra se vérifier ce dimanche. 

 

Propos recueillis par Benjamin Poupart

 

Crédit photos : Léandre Leber,
Coralie Sombret,
Romain Gambier,
GazetteSports

 

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