La deuxième défaite consécutive contre un concurrent direct au maintien, qui plus est à domicile, a laissé un goût amer dans la bouche du coach de l’AC Amiens. Azouz Hamdane est en effet apparu tant stupéfait qu’impuissant concernant la performance et le comportement de ses hommes.

Des carences récurrentes

Quand on est aussi peu compétents dans les zones de vérité on perd les matches

Tout comme face à Drancy, l’ACA s’est créé de nombreuses occasions en première mi-temps sans parvenir à inscrire de but. Un manque d’efficacité qui, ont le répète chaque semaine, coûte cher aux Amiénois sur ce match, et pourrait surtout s’avérer fatal à l’issue de la saison. « C’est un match qui nous tendait les bras. Un match qu’on doit gagner et qu’on ne gagne pas parce qu’on est très mauvais dans les 30 derniers mètres. On manque cruellement de réalisme. En plus de ça on fait deux cadeaux quasiment inespérés pour cette équipe. Quand on est aussi peu compétents dans les zones de vérité on perd les matches. […] Il y a des matches où il ne faut pas se louper. Celui-ci en était un. Parce qu’en général le maintien on le gagne à domicile« , expliquait Azouz Hamdane.

Je n’ai pas ce joueur qui peut faire des différences

Une rencontre alors bien maîtrisée par Amiens jusqu’au coup de génie de Bahlouli. Ce dernier permet à lui seul à son équipe de sortir la tête de l’eau tout en enfonçant les Picards juste avant la pause. Peu élogieux avec ses défenseurs, le coach picard avouait ne pas posséder ce type de joueur capable de renverser un match : « Il est énormément aidé par nos défenseurs, mais n’empêche que ce qu’il a fait il fallait le faire. Je n’ai pas ce joueur qui individuellement peut faire des différences, je n’ai pas de talent. Par contre ils se battent ».

Les reds punissent l’ACA

Je me pose des questions sur la maîtrise émotionnelle de cette équipe

Non pas ceux de Liverpool mais les cartons logiquement sortis par l’arbitre de la rencontre. Le premier envers Matondo, préféré à Kharbouchi, pour une contestation un peu trop virulente, le second pour le capitaine, Bellaïd, suite à une répétition de fautes grossières. Des cadres bien loin de montrer l’exemple et qui ont de plus craqués dans le temps additionnel. « Quand des gamins de 17 ans font sortir d’un match une équipe composée de vieux briscards, je me pose des questions sur la maîtrise émotionnelle de cette équipe », s’insurgeait Azouz Hamdane. Coutumiers du fait, les Amiénois ne semblent pas apprendre de leurs erreurs à ce propos.

Ça peut faire la différence sur les matches à venir

Le coach s’indignait également de cette répétition de sanctions : « On est l’une des équipes qui prennent le plus de rouge. Et ce n’est pas parce qu’on est méchants, c’est parce qu’on parle beaucoup, c’est parce qu’on ne sait pas défendre ». Ces absences répétées pourraient elles aussi faire la différence avec les autres équipes disputant le maintien. Et cela le technicien picard en était bien conscient. C’est pourquoi il ne comprenait pas le comportement de ses joueurs : « Ça peut faire la différence sur les matches à venir qui vont nous amputer de deux joueurs, d’autant que nos deux latéraux sont également blessés. Pourtant la feuille de route ils la connaissent, les matches ils les connaissent, ils savent précisément notre position et le contexte ».

L’AC Amiens passe au travers

Je n’ai plus de solution, j’ai tout essayé

Azouz Hamdane paraissait presque résigné mais restait décidé à aller chercher le maintien : « Je ne vois pas comment cette équipe (soupir) je n’ai plus de solution, j’ai tout essayé, tous les systèmes, tous les joueurs, il n’y a rien qui me donne satisfaction, rien qui n’est efficace, rien qui n’est rentable. Donc on va serrer les dents, on va se sauver, puis il sera vraiment temps de réfléchir à la stratégie future ». Un avenir qui s’annonce effectivement compliqué pour les pensionnaires de Jean Bouin.

On a encore un petit matelas d’avance

Malgré la situation l’entraîneur de l’ACA était loin de s’alarmer au sujet du prochain match à Viry-Châtillon où la défaite ne condamnerait pas son équipe : « Non car il faut aussi que les autres équipes gagnent. Rien n’est capital, rien n’est vital. On a encore un petit matelas d’avance ». Certes l’AC Amiens est en avance sur la zone rouge mais ne parvient toujours pas à se dépêtrer de sa dynamique négative.

On est en train de se louper complètement

Le maintien des joueurs des quartiers nord de la métropole passera donc par un bien meilleur comportement sur le terrain. « On est en train de se louper complètement dans les périodes où j’ai besoin de mes joueurs. Ils sont aux abonnés absents. C’est maintenant que j’ai besoin d’eux, que le club à besoin d’eux. Malheureusement ils ne répondent pas », affirmait Azouz Hamdane dans un appel lancé à ses hommes.

Les bleus devront ainsi rebondir dès samedi chez le dernier du championnat, Viry-Châtillon, car leur marge de manœuvre rétrécit à vue d’œil. Et même si le coach nous a surtout évoqué les prochains matchs à la maison, la victoire semble clairement être dans les cordes de son équipe si celle-ci se montre plus rigoureuse.

Esteban NOMINE

Crédit photo  : Léandre Leber – GazetteSports

AC Amiens – LOSC (b) : 1-2 (0-1)

Mercredi 4 avril, 17h, stade Jean Bouin

Avertissements ACA : Diawara (51′), Bellaïd (54′, 94′), Matondo (74′, 90′)

Buteurs : Bahlouli (45′, 48′) pour le LOSC (b) ; Diawara (47′) pour l’ACA

Arbitre : Edgar BARENTON

AC Amiens : Adrien (g.) – Villiers (Ameur 80′), Martinez, Diarra, Diallo – Bellaïd (c.), Matondo – Boukhelifa (Zobiri 62′), Dilemfu, Isambart (Tagaye 62′) – Diawara

Remplaçants : Kharbouchi, Zobiri (62′), Ameur (80′), Gningue (g.), Tagaye (62′)

Entraîneur : Azouz Hamdane

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