L’Association Sportive Inter-Retraités (ASPIR) est un club sportif spécialement dédié aux seniors. Il propose de multiples activités adaptées à chacun à la fois pour ralentir les effets de la vieillesse sur le corps mais aussi pour lutter contre la sédentarité.
Créée en 2005 par Francine Froment, l’Association Sportive Inter-Retraités (ASPIR) ne cesse de grandir. À titre d’exemple, elle comptait 210 adhérents en 2025 puis 240 en 2026. Au début du mois de septembre, ils étaient déjà plus de 200 à s’être inscrits, laissant supposer un nouveau chiffre record. Un développement qui lui a permis de faire son entrée au sein de la Fédération Française de Retraite Sportive. Elle reste cependant plus jeune que ses adhérents, tous âgés de 50 ans ou plus. C’est là la particularité de ce club multiactivités qui refuse la venue des trop jeunes : « Il existe aussi des clubs qui ne sont faits que pour les enfants. Nous, on n’y a pas le droit non plus », se défend avec humour Arlette Guille, présidente de la structure depuis trois ans. « On a l’impression que c’est discriminatoire, mais ça correspond à une vraie demande. Tout à l’heure, j’étais avec une dame et elle a dit : « J’avais voulu faire de la Zumba, mais je me suis retrouvée avec des petites jeunes, je n’arrivais pas à suivre. J’étais découragée et j’ai abandonné. » Chez nous, il n’y a pas de compétition du tout. C’est au rythme des personnes. »
Mais l’association ne propose pas que du sport. Les besoins et les demandes évoluent depuis quelques années : « On s’est rendu compte que notre population vieillissait. Par exemple, on a proposé une activité mémoire. On a proposé aussi de la gym douce adaptée. On a aussi proposé une randonnée douce pour les gens qui veulent se remettre au sport, mais d’une façon douce. À la limite, au bout d’un trimestre, s’ils se sentent capables, ils peuvent faire la randonnée normale. Et puis, ce sont aussi des ateliers qui sont adaptés pour des personnes qui ont certaines pathologies. Ça peut être des problèmes de prothèse ou même un début d’Alzheimer, ce genre de choses », explique Arlette Guille, soucieuse de pouvoir accueillir dans sa structure tout type de public, du moment qu’il a l’âge requis. Au total, pour ses seniors donc, l’ASPIR propose 13 activités différentes étalées sur 36 semaines dans l’année : vélo, marche nordique, randonnée, gymnastique, tennis de table, danse ou encore qi gong pour plaire au plus grand nombre et permettre aux plus motivés de pratiquer plusieurs disciplines.

Les aspirations de l’ASPIR sont multiples et répondent à plusieurs problématiques de santé et de société : « C’est pour se maintenir en forme, en bonne santé, ou gagner un peu en santé, et aussi garder du lien social, parce qu’après la retraite, on n’a plus de contact avec le monde du travail, et parfois ça peut être très difficile », explique Arlette Guille. « Le but de l’association, c’est que le maximum de personnes puisse faire du sport. C’est pour ça que les tarifs ne sont pas très chers. » Pour ce qui est des animateurs, la majorité est formée par la FFRS mais certains sont des professionnels, comme c’est le cas du professeur de danse, de gym et de qi-gong. Mais la présidente confie qu’elle est toujours à la recherche de bénévoles encadrants qui doivent, eux aussi, avoir au moins 50 ans : « Par exemple, sur la marche nordique, quand il y a 60 personnes et qu’il n’y a que 3 animateurs, c’est un peu léger. »
À l’heure actuelle, c’est une majorité de femmes qui composent l’ASPIR puisqu’elles représentent 3 adhérents sur 4. Arlette Guille justifie cette tendance par une volonté de bouger plus importante que chez les hommes âgés, mais elle se réjouit de voir davantage de ces messieurs venir chaque année. S’ils sont surtout adeptes du tennis de table, de la marche nordique et de la randonnée, ils n’hésitent désormais plus à s’initier aux autres disciplines : « Par exemple, là, on a eu des hommes qui se sont inscrits à la danse. On est très contents parce que ça manque un peu. » Voilà un nouveau symbole qui montre que l’Association Sportive Inter-Retraités (ASPIR) a encore de beaux jours devant elle et qu’elle continuera de vieillir avec enthousiasme aux côtés de ses adhérents. Lesquels prouvent par leur engagement et leur dynamisme que les mots « seniors » et « retraites » ne riment pas avec l’arrêt de toute activité.
Simon Vasseur
Crédit photo : Thomas Jourdan & Théo Bégler – Gazettesports.fr

