Les scènes de joie se sont multipliées dimanche au stade Henri Leclercq, après la rencontre opposant l’Amiens RIF à l’EC Anstaing Chereng. Et pour cause, les joueurs de Youssef Dahchouri sont parvenus à l’emporter pour rallier le 6e tour de la compétition (2-1). Une première dans l’histoire du club.
L’Amiens RIF a réussi son pari, celui de se qualifier pour la première fois pour le 6e tour de la Coupe de France. « Il n’y a pas de mots, c’est indescriptible. Je me sens privilégié. On me fait une haie d’honneur, ce ne sont que des émotions », réagissait à chaud Youssef Dahchouri, entraîneur de l’équipe qui avait connu la désillusion de l’élimination au 5e tour avec son club de cœur en 2019 en tant que joueur. Mais en face, il y avait une formation d’Anstaing Chereng évoluant une division au-dessus et qui a évidemment tout fait pour gâcher la fête. Pourtant, ce sont bien les locaux qui prenaient le jeu en main en début de partie, loin d’être tétanisés par l’enjeu : « Il y avait un petit peu de pression, mais de la bonne pression, j’ai envie de dire. On était vraiment excités par ce match. On n’avait vraiment pas peur de l’adversaire. Même si c’était une R3, ça ne nous dérangeait pas. On sait qu’on a un niveau pour jouer au-dessus. Beaucoup de joueurs dans notre équipe ont joué au-dessus », rappelait Hicham Arkoub, capitaine amiénois.

Les Samariens dominaient leurs adversaires dans ce que Youssef Dahchouri qualifiait « d’opposition de styles. Ils avaient une équipe beaucoup plus directe avec des longs ballons, des seconds ballons. Nous, on a essayé de garder un peu plus la balle, d’être un peu plus patient. On est rentré un peu timoré en première période. Dès qu’on a commencé à jouer un peu plus avec la maîtrise de balle, on était quand même meilleurs. » Mais l’histoire de l’Amiens RIF dans cette Coupe de France semblait pourtant s’écrire en pointillés après un penalty logiquement accordé aux Nordistes à la demi-heure de jeu, ce qui leur permettait de mener contre le cours du jeu. Mais, rapidement, les Picards ont relevé la tête pour repartir au combat : « Dans ce genre d’histoire, il y a toujours des moments où on descend avant de remonter en adrénaline. Là, je pense qu’on est tombé, pas dans la tristesse, mais un peu dans le désarroi », retraçait le technicien de l’Amiens RIF. « Derrière, les joueurs n’ont pas lâché. Ils ont su retourner la situation. Je leur dis à chaque fois, peu importe le scénario, qu’on soit mené ou qu’on mène, on reste froid, on reste calme. Parce que le foot, ça va très vite. »
C’est une Coupe de France réussie, mais si on peut faire plus, on fera plus.
Hicham Arkoub, capitaine de l’Amiens RIF
Et c’est en effet allé très vite puisqu’ils égalisaient six minutes plus tard, avant de prendre les devants au retour des vestiaires : « On a vite réagi, avant la mi-temps, ce qui nous a beaucoup aidés. On est revenu avec de la confiance en seconde mi-temps. Ça nous a permis de mettre ce 2-1 et d’assurer la victoire », évoquait Hicham Arkoub. Les Amiénois ont ensuite continué de dicter leur loi, refusant de défendre bas pour conserver leur court avantage, option souvent choisie par les formations de division inférieure lorsqu’elles mènent au score en deuxième période : « Ce n’est pas parce qu’on affrontait une équipe d’un niveau au-dessus qu’on allait refuser le jeu. On est une équipe qui est joueuse, qui repart de l’arrière, qui essaie de construire ses actions. Je pense que c’est ce qu’on a réussi à faire, un petit peu moins sur la fin, mais c’est normal, on subit un petit peu la fatigue. Mais je pense que, dans la globalité du match, on a dominé nos adversaires du jour« , analysait le numéro 10 des Blanc et Rouge.

Le dernier quart d’heure a été un peu plus délicat, les Anstinois jouant leur va-tout. Ces derniers touchaient la barre, le poteau et se heurtaient à Tanfin, le gardien amiénois, sans parvenir à faire trembler les filets une seconde fois. « Ils ont eu une bonne situation sur un poteau. On est complètement à l’ouest. On parle et ils jouent vite. Mais hormis ça, sur les longs ballons, on a toujours été présents, relevait Dahchouri. On a rectifié le tir sur les seconds ballons et les mecs se sont battus jusqu’à la fin. Ça a été assez compliqué sur les 15-20 dernières minutes. Mais le plus important, c’est la qualif’. En Coupe, on ne retient que ça. » L’entraîneur amiénois et ses joueurs sont entrés dans l’histoire du club. Désormais, ils attendent avec impatience de savoir qui ils affronteront au 6e tour : « Maintenant, tout va dépendre du tirage. Demain, si vous venez m’interviewer et qu’on tombe sur une R3 ou une D1, vous allez me dire qu’on peut continuer l’aventure. En tout cas, là, on va savourer. On se mettra en tête la Coupe de France plus tard« , avouait Dahchouri. Arkoub, lui, se projetait déjà sur la suite : « Peu importe l’adversaire, on essaiera de faire le maximum pour accéder encore au prochain tour. C’est une Coupe de France réussie, mais si on peut faire plus, on fera plus. » Le rendez-vous est pris même si, quoi qu’il arrive maintenant, l’aventure peut s’arrêter sans regret.
Coupe de France, 5e tour :
Amiens RIF – EC Anstaing Chereng : 2-1 (1-1)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

