Mardi dernier, ce qui était d’habitude le fief de l’ASTT s’est transformé en une journée atelier en faveur du recrutement. Un dispositif humain de France Travail qui permet aux recruteurs et aux demandeurs d’emploi de se rencontrer en brisant les barrières hiérarchiques, et ce autour du sport.
Ils étaient en tout une cinquantaine de demandeurs et une poignée de recruteurs à se réunir autour des tables de ping de l’ASTT, à la salle Labaume. Le concept du dispositif est très simple : alors que le début de journée était placé sous le signe du relationnel via des ateliers placés autour de la cohésion de groupe et du tennis de table, la deuxième partie de journée, elle, se déroule autour d’un job dating où les demandeurs peuvent déposer leurs candidatures auprès des recruteurs. Cependant, il y a un petit twist à cette formule. En effet, pendant la première phase de la journée, tout le monde y est anonyme. Ainsi, les recruteurs et les demandeurs ne connaissent pas l’identité de l’autre, rendant le rapport hiérarchique et le stress lié au recrutement des plus caducs. De plus, cela permet aussi de se rendre compte des personnalités et des qualités de chacun. « C’est vraiment, venez un petit peu comme vous êtes. Et ça casse un petit peu la glace, ça permet d’être tous au même niveau, on est tous en survêtement », explique Edwige Damiens, manager de proximité chez France Travail et responsable de la journée.
Une journée placée sous le signe de la détection de compétence répond à un monde du travail devenant de plus en plus froid, les demandeurs postulant souvent via internet et se confrontant aux filtres IA ATS. « C’est (un dispositif) humain. C’est humain parce que le matin, vous pouvez vous retrouver en galère sur un jeu d’équilibre. Forcément, vous êtes obligés de vous rapprocher, vous êtes obligés de réfléchir ensemble, de communiquer. On fait de l’équilibre avec la balle de façon à travailler sa concentration. Après, s’il y a des choses autour de la table, c’est vraiment dans le but de créer une cohésion et de faire en sorte que des gens qui ne se seraient jamais rencontrés se rencontrent« , comme l’explique si justement Edwige Damiens.
Un dispositif à succès qui lie tous les acteurs de l’emploi, mais pas que
Puisqu’il s’agit ici de la troisième édition, il est tout à fait possible d’avoir du recul sur le succès de ce dispositif. Et pour le coup, les chiffres sont très bons puisque suite à la participation à cette journée, près de 50 % des participants ont trouvé un travail durant les six mois à venir. « Il faut savoir que ça ne s’arrête pas là. Derrière nous, il y a un suivi. Des fois, il y a un second entretien. Les entreprises, elles les recontactent. Donc, c’est vraiment une édition qui fonctionne et qui plaît », rassure la représentante. Pour ce qui est du club accueillant, ils ont répondu à un appel d’offres de la part de France Travail, faisant de cette journée une véritable collaboration.
Du côté des demandeurs, le constat est tout aussi positif : « C’est génial, c’est la première fois que je faisais du sport comme ça, je n’en ai jamais fait auparavant. Je ne connaissais pas beaucoup de monde et je suis vraiment contente de tout ça », partage Saphir, demandeuse d’emploi depuis deux ans. De l’autre côté, les recruteurs étaient aussi venus en nombre, et de tous les secteurs, que ce soit dans l’aide à la personne, de la restauration, du transport, ou encore de l’administration. Manon Ridey, chargée de développement des ressources humaines à Kéolis, pose un bilan sur la nature du dispositif : « On ne connaît pas les gens et pour autant, il y a une cohésion qui s’est faite. Suivant les ateliers, il y avait un peu un esprit d’équipe. Ça change. Je trouve que ça dénature un peu le côté professionnel. Tout le monde était mélangé. On se tutoyait, il n’y a plus cette barrière, on est en mode sportif. La plupart, on est en jogging ou en basket. Alors qu’à un entretien, il y en a certains qui vont venir avec leur chemise, leur costume. Ils vont se sentir mal à l’aise et ils vont peut-être louper leur entretien. » En bref, une belle journée déployée issue d’une collaboration entre l’ASTT et France Travail afin de répondre aux besoins et attentes modernes du monde de l’emploi.
Noa Lambert
Crédit photo : Noa Lambert – Gazettesports.fr

