L’entraîneur des Gothiques d’Amiens regrettait davantage cette rencontre face aux Pionniers de Chamonix que la précédente. Ses joueurs ont répété certaines erreurs défensives et se montrent pour l’instant incapables de tenir un score, malgré une attaque performante.
Voilà une équipe des Gothiques étrange. Ce vendredi, malgré un allant offensif certain, ils ont fini par céder face aux Pionniers de Chamonix (6-5). Une deuxième défaite en autant de matchs qui frustre Bruce Richardson, convaincu qu’il y avait, comme contre Nice, largement la place pour l’emporter : « Je pense qu’encore une fois, on a joué un bon match pour aller chercher la victoire. Mais il y a des petits détails qui font en sorte qu’on n’est pas capable de fermer le livre dans des moments cruciaux. » Offensivement, pas grand-chose à redire : après deux journées et malgré deux revers et une 10e place au classement, ils jouissent de la meilleure attaque du championnat avec 8 buts inscrits. « Au niveau offensif, lors des deux derniers jeux, on est l’équipe qui a le plus de chances de marquer, mais on n’est pas capable de finaliser« , concède le technicien québécois.
Ce qu’il a également apprécié, c’est la capacité de ses joueurs à réagir lorsque l’adversaire prend les devants, situation à laquelle ils n’avaient pas eu l’occasion de faire face contre les Aigles : « Ce que j’ai aimé, c’est qu’on perdait 3-1 et qu’on est revenu pour mener 5-3. Mais encore une fois, on avait l’opportunité, on a eu des échappées pour faire 6-3. Même peut-être plus. On n’a pas réussi à capitaliser.« Car c’est là que le bât blesse. Les occasions se multiplient mais, malgré le nombre important de buts marqués, finalement peu sont converties, notamment dans les moments où ils pourraient, pour reprendre son expression, mettre le dernier clou dans le cercueil. À l’image de cette supériorité non bonifiée à 5-3 qui était punie par une réduction de l’écart adverse dans la foulée. Les Amiénois laissent trop facilement revenir leurs adversaires. Ils ont mené de deux buts à la fois face à Nice et face à Chamonix, sans parvenir à tenir le score.
Si les Picards ont été capables de proposer un hockey séduisant par séquences, ils se montrent encore très friables mentalement lorsque l’adversaire réagit : « Quand on laisse un but, on dirait qu’on devient nerveux parce qu’on sait qu’il se rapproche de l’égalité. On serre le bâton, on prend des moins bonnes décisions. Quand tu as peur ou que tu es stressé, ça peut te paralyser, tu prends des moins bonnes décisions et tu paniques avec la rondelle. Je pense que c’est ça qui arrive. » Résultat, s’il est la meilleure attaque, le club samarien est pour l’instant, et de loin, la pire défense de la ligue avec 10 buts concédés (le deuxième plus haut total est Chamonix avec 7 buts). « Quand tu marques 5 buts dans un match, normalement tu devrais gagner. Mais ça n’a pas été le cas. Quand on donne des chances de marquer, on dirait que ça se retrouve directement dans notre filet. Ce sont des choses qu’on doit améliorer. »
Plus simplement, Bruce Richardson veut des joueurs plus performants au moment de défendre leur cage : « Les cinq joueurs plus le gardien doivent faire un meilleur job quand ils sont sur la glace. On va essayer de voir si on doit changer des choses dans le groupe de joueurs qu’on a. On va évaluer tout ça et essayer de s’améliorer pour être plus prêts au niveau défensif. » Le coach québécois pointe du doigt ses hommes mais prend aussi une part de responsabilité : « De mon côté, il faut que je fasse des ajustements. On apprend aussi (avec Joey) à connaître notre groupe. Il y a peut-être des systèmes de jeu qui sont moins adaptés à notre équipe. C’est peut-être de changer le système de jeu pour que ça soit plus facile et que les joueurs aient moins à penser. » L’entraîneur canadien regrette ces points laissés en route alors qu’ils étaient accessibles et espère que leur absence ne sera pas trop préjudiciable au moment de faire les comptes. Pour l’instant, en tout cas, dans ce marathon qu’est la phase régulière, les Gothiques ont manqué leur départ et restent en queue de peloton.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

