Présent au salon Agora en début de mois, le golf club de Salouël profitait de l’événement pour promouvoir sa discipline. Loin des images préconçues sur ce sport, le club souhaite attirer petits et grands.
Si le Golf Club de Salouël Amiens Métropole existe depuis 1989, Hubert Danzel n’y a ses marques que depuis 2012. Membre du comité et en charge « du terrain et du rapport aux jardiniers », il se faisait l’ambassadeur du club associatif lors de l’Agora. Muni de ses clubs de golf et d’un tapis de putting, il présentait à tous les curieux une activité parfaite pour ceux qui ont « envie de prendre l’air et de faire du sport dehors » dans une ambiance chaleureuse. Pour créer du lien entre les joueurs, le golf club organise tous les mois « la conviviale », une compétition réservée aux adhérents libres de faire un 9 ou 18 trous avant un repas tous ensemble. « Moi qui suis un débutant, je peux vous dire que c’est très agréable parce qu’on ne connaît pas tout le monde. Non seulement on passe un bon moment, mais on joue aussi avec des gens qui sont meilleurs que nous », ajoute Damien Dubruc, récemment licencié, lui aussi présent sur le stand Agora, qui profite non sans plaisir de ces « cours gratuits ». En plus de ces moments de vie, l’association participe à des compétitions interclubs, accueille des compétitions sponsorisées et concourt évidemment à des championnats, seniors et jeunes, dans les Hauts-de-France.
Un tremplin vers Querrieu
Hubert Danzel dressait un bilan contrasté de la précédente saison : « C’est une année correcte. Au niveau sportif, on est un club qui est un peu vieillissant. Et donc, dans les Coupes des Hauts-de-France, on a un peu de mal. Mais là, il y a des jeunes qui arrivent. Quand je dis des jeunes, ils sont dans la catégorie senior, et sont très bien classés. Ils vont nous remonter. » Côté fréquentation, il note une légère baisse qui fait tourner le club autour des 290 à 300 personnes. Une diminution qui pourrait s’expliquer par la présence d’un golf de 18 trous à Querrieu (contre seulement 9 à Salouël). « Si vous voulez, les jeunes entre 20 et 25 ans, au bout d’un moment, ils préfèrent aller là-bas. Comme il y a beaucoup plus de monde, ils participent à des championnats qui sont différents. Ils ont plus d’équipes, etc. », développe Danzel. Mais n’allez pas lui parler pour autant de rivalité. Pour lui, les deux golfs sont complémentaires : « Beaucoup viennent à Salouël. Et puis, quand ils ont pris un peu d’expérience, ils s’en vont à Querrieu pour les 18 trous puisque nous sommes limités en place pour taper un driver. » Le bénévole tenait à rappeler cependant que le Golf Club de Salouël Amiens Métropole est l’un des seuls clubs en France à être desservi par un réseau de bus, permettant aux plus jeunes de s’y rendre facilement.

« On a une école de golf performante », se félicitait le membre du comité, pour qui rajeunir le club est toujours un objectif. Le golf souffre de cette réputation de sport dédié aux personnes plus âgées, une image que les dernières statistiques confirment puisque la moyenne d’âge des licenciés en France est de 54 ans selon la fédération. Les cours disponibles pour les 5 à 18 ans, les mercredis et les samedis, sont là pour inverser la tendance. Une des fiertés d’Hubert Danzel est Louis, un jeune de 11 ans sélectionné en national, mais il sait que « le petit » ne fera pas de vieux os à Salouël : « Il va progresser. Bien sûr, il va être obligé d’aller dans une école plus performante, pour lui et pour son avenir. » Pourtant, le parcours de Louis, comme celui d’autres jeunes qui voient dans le club de Salouël une forme de centre de formation, pourrait permettre au golf club de se rajeunir sur le long terme.
« On dit toujours que les clubs de golf utilisent beaucoup d’eau […] alors qu’on fait très attention »
Hubert Danzel
Alors que le réchauffement climatique impose une utilisation raisonnée de l’eau pour les sports en extérieur, le golf et ses paysages verdoyants sont-ils un ennemi de l’écologie ? Pour celui qui est en charge du terrain, c’est un non catégorique. « On est les premiers concernés, reconnaît Danzel. Et on suit ça de très près. » Sur son terrain de 9 trous pour 16 hectares, seuls les greens (zones qui entourent le trou) et les départs sont arrosés, et rien entre les deux ! Il estime alors que seulement 6 000 m² au maximum sont humidifiés. « On dit toujours que les clubs de golf utilisent beaucoup d’eau […] alors qu’on fait très attention. On est aussi très suivis par l’agence de l’eau », précise-t-il. Le bénévole se réjouit aussi de la pousse d’une nouvelle graminée, moins demandeuse en eau et plus résistante. Un changement entamé il y a 3 ans et qui commence à porter ses fruits : « On commence à voir le nouveau gazon qui commence à prendre le dessus. »
Le golf, l’essayer, c’est l’adopter pour Damien Dubruc, qui a découvert le plaisir de bien taper dans une balle et celui, encore plus « jouissif », de la voir s’envoler vers le trou. « Je peux vous dire que le golf est ouvert à tout le monde. On dit toujours que c’est réservé aux élites, aux gens riches, un peu snobs, et je le pensais moi-même. Maintenant, pour me faire décrocher du golf, impossible ! », confie le nouveau passionné qui cherchait déjà des terrains de golf pour swinguer lors de son prochain voyage prévu au Maroc. Le golf club de Salouël espère désormais poursuivre sa lutte contre les clichés et convaincre de plus en plus d’adeptes que son sport n’est pas que pour les vieux, les riches et les personnes insensibles à l’écologie.
Thomas Jourdan
Crédit photo : Simon Vasseur – Gazettesports.fr

